Coronavirus: Un confinement nocturne en Wallonie

Couvre-feu à Durbuy, à partir de mercredi. - Belga
Couvre-feu à Durbuy, à partir de mercredi. - Belga
Teaser

Pour éviter un reconfinement, les provinces du Brabant Wallon et du Luxembourg instaurent un couvre-feu de 1h à 6h du matin. Les autres provinces wallonnes vont-elles suivre?

Face à l'augmentation inquiétante des contaminations partout dans le pays, les mesures de plus en plus restrictives s'enchaînent. Après la fermeture des buvettes des clubs sportifs, la Wallonie resserre la vis, avec un confinement nocturne et localisé. Lundi soir, les provinces du Brabant Wallon et du Luxembourg ont décidé d'instaurer un couvre-feu de 1h à 6h. Concrètement, plus personne ne pourra se trouver ou se déplacer sur la voie publique durant cette période, sauf pour raisons médicales, professionnelles, pour un départ ou un retour de voyage, ainsi que pour porter assistance à un proche.

« Il faut ralentir la circulation exponentielle du virus en prenant des mesures barrières », a expliqué le gouverneur du Brabant Wallon, Gilles Mahieu, à la RTBF. La mesure sera d'application pour une durée de quinze jours renouvelables, dès ce mardi à minuit. Le Luxembourg suivra le lendemain.

Les mauvais élèves

Il faut dire que les deux provinces sont les plus touchées de Wallonie. Le Brabant Wallon présente le taux d'incidence le plus important du pays, après Bruxelles, avec 623 cas par 100.000 habitants. Seule note positive: le taux de reproduction se maintient à 1,674. Dans la province luxembourgeoise, le taux d'incidence est de 461 cas par 100.000 habitants, soit le cinquième de Belgique, mais le taux de reproduction y est le plus important du pays: 1,912 contre une moyenne de 1,391. Le nombre de personnes infectées double ainsi tous les cinq jours. Il faut donc agir selon Olivier Schmitz, le gouverneur du Luxembourg. Ce qui pose problème, selon lui? Les rassemblements nocturnes, en particulier dans un cadre festif, identifiés comme des foyers très importants de propagation du virus. « Toutes les personnes qui se rassemblent, parfois en grand nombre, sans aucun geste barrière, participent à la propagation d’un virus qui menace sérieusement la santé des citoyens et de notre société tout entière », alerte-t-il. 

Quid des autres provinces wallonnes?

Le Hainaut, Namur et Liège ont en revanche décidé de ne pas embrayer pour l’instant. « Suite à la réunion de concertation ce jour entre les cinq gouverneurs wallons, prolongée par une concertation avec le Centre national de crise, il est ressorti qu’il n’y avait pas une demande du niveau fédéral quant à la prise d’une décision de confinement nocturne applicable de manière uniforme sur le territoire wallon », annonce dans un communiqué le gouverneur de Namur Denis Mathen. « Le fédéral a déjà pris une série de mesures, nous en avons pris d’autres supplémentaires, comme la fermeture des buvettes sportives, l’interdiction du porte-à-porte ou encore de la consommation d’alcool dans l’espace public. Nous préférons attendre de mesurer l’efficacité des mesures là, de les digérer, avant d’en prendre d’autres », indique à la DH le porte-parole du gouverneur de Liège, bien que la province soit la troisième la plus touchée du pays, avec 591 cas sur 100.000 habitants.

Renforcement des contrôles

« Ce confinement nocturne est un message fort », a confié à RTL la bourgmestre d'Ottignies-Louvain-la-Neuve Julie Chantry, alors que sa commune est la plus touchée du Brabant Wallon. La ville étudiante et sa population sont particulièrement pointées du doigt. 600 étudiants ont été testés positifs, bien que la majorité de la population étudiante respecte « très bien les mesures », assure la bourgmestre Ecolo. Des contrôles vont être renforcés sur la voie publique et la police n'hésitera pas à sanctionner, prévient-elle, mais « il est clair qu'on ne va pas traquer toute personne qui sortirait un instant pour faire quelque chose ».

À Namur aussi, le gouverneur de la province a annoncé un renforcement des contrôles de police pour faire respecter ce qui est déjà en vigueur. Les amendes pour non-respect des règles restent inchangées: 250 euros pour la personne qui commet l'infraction, et 750 pour les organisateurs de rassemblements illicites, tels que des fêtes privées.

Sur le même sujet

Plus de Actu

Les plus lus

Notre Selection