Coronavirus: Pourquoi la Flandre est moins touchée que la Wallonie?

Beaucoup de gens attendent le bus à Liège - BELGA
Beaucoup de gens attendent le bus à Liège - BELGA
Teaser

La carte épidémiologique de la Belgique est sans appel. Après Bruxelles, la Wallonie est plus durement touchée par le Covid-19 que la Flandre. Explications.

La différence est flagrante. « Comme s'il y avait un plexiglas le long de l'E40 », plaisantait récemment le journaliste à la RTBF Thomas Gadisseux. Au sud du pays, la Wallonie est de plus en plus rouge, tandis qu'au Nord, outre Anvers, la situation en Flandre semble moins alarmante. Si Bruxelles reste la région la plus touchée par le coronavirus - avec Molenbeek en tête -, les autres ne sont pas impactées de la même manière. Mais, au fond, pourquoi?

Testing et tracing

Plusieurs hypothèses sont avancées par les experts. La première, étant la gestion de l'épidémie. Plus durement touchée au début de l'épidémie et durant le déconfinement, la Flandre aurait mis en place un système de testing et de suivi de contacts plus efficace. « À Bruxelles, ces instruments ne sont pas encore bien déployés, mais en Wallonie c'est encore pire. Le système n'est absolument pas performant », regrette Dirk Devroey, professeur en médecine générale à la VUB, à nos confrères de Het Laatste Nieuws.

L'influence du discours et du contexte

Souvenez-vous. Pendant qu'Anvers serrait la vis face à l'explosion de cas sur son territoire, l'été en Wallonie était bien plus tranquille. « C'était le terreau idéal pour les non-believers. La motivation pour suivre les mesures était encore plus faible en Wallonie qu'en Flandre. Aujourd'hui, on en voit les conséquences », estime au quotidien flamand Geert Molenberghs, biostatisticien à l'Université d'Hasselt.

Côté francophone, la vigilance pourrait également s'être relâchée sous l'effet de discours rassurants et contradictoires, tandis qu'en Flandre, le virologue Marc Van Ranst, critiqué pour son ton alarmiste, a maintenu un discours centré sur la peur et sur le fait que l'épidémie allait revenir en force. Manquant de cohérence, le message moins uniforme en Wallonie aurait fait du tort au respect des mesures de protection sanitaire, selon certains experts. L'impact que ces propos ont pu avoir est toutefois difficile à établir actuellement.

Le travail en usine

Dirk Devroey évoque une troisième hypothèse pour justifier cette hausse de cas au sud du pays, et notamment dans les villes telles que Liège, Charleroi et Namur. « Ces villes comptent plus d'ouvriers que la moyenne flamande. Durant la première vague, les usines étaient fermées, alors qu'aujourd'hui elles tournent. Alors que le télétravail reste la norme, ce n'est évidemment pas possible pour les ouvriers », analyse le professeur, cité par Le Vif. Or, selon plusieurs études, les principales sources de contaminations au coronavirus sont le lieu de travail et le cercle familial.

Sur le même sujet

Plus de Actu

Les plus lus

Notre Selection