En politique, le mensonge est un atout

Donald Trump et Joe Biden lors du premier débat pour la présidentielle américaine - REUTERS/Brian Snyder
Donald Trump et Joe Biden lors du premier débat pour la présidentielle américaine - REUTERS/Brian Snyder
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Selon une étude, les candidats qui mentent sont les plus susceptibles de remporter les élections.

Le ras-le-bol est général. Les citoyens en ont marre des politiques qui ne tiennent pas leurs promesses une fois arrivés au pouvoir. Alors que la transparence et la confiance sont des valeurs importantes aux yeux des électeurs, celles-ci pourraient pourtant... empêcher un candidat d'être élu. C'est ce qui ressort d'une étude relayée par The Independent. Des chercheurs de l'Université de Bath, au Royaume-Uni, et de Konstanz, en Allemagne, ont constaté que les candidats qui progressent en politique sont les plus disposés à mentir et renier leurs promesses électorales.

Pour arriver à un tel constat, les chercheurs ont conçu une expérience impliquant 308 personnes afin de tester l'importance de la fidélité et voir comment les individus réagissent face à différents scénarios électoraux. Ils ont ainsi demandé aux participants de s'imaginer en campagne pour la candidature de leur parti. Chacun devait ensuite évaluer leur investissement dans cette campagne, sur une échelle de 100, afin de mesurer leur motivation et leur envie de gagner la primaire, en termes d’argent, de temps ou d’efforts qu’ils consacreraient. Ceux qui ont investi le plus avaient la plus grande probabilité de passer au deuxième tour, affirme l'étude.

S'ils étaient sélectionnés pour se présenter aux élections, les candidats devaient ensuite choisir le montant qu'ils promettraient aux électeurs lors d'une élection afin de convaincre un public indécis. Enfin, s'ils étaient élus, les politiciens devaient décider comment prendre réellement des décisions, en dehors de la course électorale. C'est-à-dire respecter ses engagements ou renier ses promesses.

Un message sur le mensonge en politique sur un mur au Liban

- Unsplash

Une tendance paradoxale

Les résultats de l'étude démontrent que les plus aptes à réussir le processus de la primaire, en raison de leurs investissements élevés, étaient les plus aptes à nier leurs promesses après l'élection. En d’autres mots, « ceux qui étaient les plus désireux d’être sélectionnés étaient aussi ceux qui étaient les plus susceptibles de s’écarter de ce qu’ils avaient promis ». « Cela devrait tous nous préoccuper étant donné le faible niveau de confiance dans la politique », alerte Dr Maik Schneider, de l'Université de Bath et auteur principal de l'étude. « Notre étude met en évidence pourquoi il n’est peut-être pas trop surprenant de trouver des candidats en campagne électorale qui mentent. »    

Rien de neuf, diront celles et ceux qui ont perdu foi en la politique depuis longtemps. Cette étude montre néanmoins un « paradoxe clair », selon les auteurs, en termes d'électorat: « Celui-ci dit que ce qui manque en politique, c’est une plus grande confiance, mais les résultats montrent que ceux qui mentent plus ont encore plus de chances d’accéder à des fonctions », explique Dr Maik Schneider. « Les résultats de cette expérience devraient servir de rappel à propos de l'importance de contester les contre-vérités parmi les candidats et, plus largement, d'augmenter et d'améliorer la transparence du système. »

L'équipe derrière cette étude propose ainsi « une vérification des faits beaucoup plus solide, la transparence des finances de la campagne et un examen public des promesses de campagne ». Lorsqu'ils appliquent leurs conseils à leur expérience, en rendant la première étape du processus électoral transparente, les chercheurs constatent que la corrélation entre le désir d'un candidat d'être sélectionné et la « taille du mensonge » une fois au pouvoir disparaît.

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