La Belgique aux portes d’un nouveau confinement

Nos villes pourraient se retrouver à nouveau vides. ©Belga
Nos villes pourraient se retrouver à nouveau vides. ©Belga
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Les courbes continuant leur progression et les règles étant peu respectées par la population, l’obligation de rester enfermé chez soi nous pend désormais au nez. Les experts de tout le pays s’accordent sur une chose : si nous voulons éviter ça, nous avons besoin de mesures plus strictes dès maintenant.

Lorsque le virus a commencé à se propager à nouveau en Belgique, le concept de « bulle de 5 » a été instauré. La situation continuant d’empirer, nous avons désormais la nouvelle règle des 4 personnes. Des décisions strictes, sensées limiter au maximum les contacts rapprochés, mais qui n’ont pas réussi à faire fléchir les courbes. 

Aujourd’hui encore, nous sommes à une moyenne de plus 4.000 nouveaux cas par jour, 125 nouvelles hospitalisations quotidiennes et environ 16 décès. Des chiffres « dramatiques », selon notre nouveau ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (s.pa).

Dès lors, l’idée d’un second confinement s’est immiscée dans de nombreux esprits, non sans crainte. Celui de mars fut éprouvant pour tout le monde, moralement et psychologiquement, mais également un coup dur pour l’économie du pays et l’emploi. 

Personne ne souhaite en arriver là, mais les chiffres sont ce qu’ils sont. Avec les mesures prises ces derniers mois, les chiffres auraient dû baisser. Désormais, les experts du pays parlent d'un scénario moins hypothétique qu’on ne l’espérait.

Plusieurs scientifiques flamands se sont exprimés sur ce sujet à nos confrères d’Het Laatste Nieuws. Pour l’infectiologue Erika Vlieghe, de l’UZ Anterwerpen, « nous devons réagir maintenant. Nous ne devons pas effrayer les gens mais nous devons dire les choses telles qu’elles sont. Et essayer de faire quelque chose [pour éviter un nouveau lockdown]. »

Tous s’accordent sur un point. Bien que les dernières mesures soient très récentes, il en faut déjà d’autres, plus strictes. « Le travail à domicile peut être maximisé dans tout le pays, les cours d’université peuvent être donné le plus possible de manière virtuelle… », avance à titre d'exemple l’épidémiologiste Pierre Van Damme, de l’UAntwerpen.

« Pas assez bien »

Pour le virologue Marc Van Ranst, de la KU Leuven, ce ne sont pas les règles sanitaires qui posent problème, ce sont les personnes qui ne les respectent pas. « Vous devriez vraiment vérifier combien de personnes limitent réellement leurs contacts rapprochés à trois. […] Vous pouvez prendre autant de mesures que vous voulez, si elles ne sont pas suivies, vous n'avez aucun impact. »

Marc Van Ranst. ©Belga

« La Belgique se dirige progressivement vers le sommet mondial en termes de nombre de nouvelles infections pour 100 000 habitants. Suivez toutes les mesures et limitez vos contacts sociaux. Nous ne le faisons pas assez bien, les amis! », tweetait-il encore ce samedi.

Depuis le début de la crise, le Flamand s’est fait remarquer pour ses propos direct et souvent plus alarmistes que ceux de ses confrères. Mais cette fois, Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral, va dans le même sens. 

« Peut-on se permettre d’attendre encore 10 jours pour prendre de nouvelles mesures renforcées ? », commente-t-il dans La Dernière Heure. « Aura-t-on le courage ou l’inconscience d’aller jusque-là ? Le dérapage continue. Les chiffres sont déjà énormes. Ils se rapprochent de ceux qu’on reprochait à l’Espagne. Donc, oui, si dans 10-12 jours les chiffres ne baissent pas, on pourrait aller vers une forme de lockdown. Pas comme celui de mars avec des rues désertes, mais avec des mesures bien plus coercitives qu’actuellement. »

« Les chiffres nous montrent que dans tout le pays mais tout spécialement dans toute la partie wallonne du pays et Bruxelles, la situation n’est pas sous contrôle, les mesures prises il y a une quinzaine de jours n’ont rien modifié, il y a une augmentation quasi exponentielle du nombre de cas, une augmentation significative des hospitalisations, une mise sous pression des hôpitaux (on est entre 15 et 25 % d’occupation des soins intensifs dans la plupart des hôpitaux de la région wallonne) et donc ceci appelle à faire autre chose en plus », expliquait-il encore ce lundi matin à Bel RTL

« Je ne peux rien garantir »

Interrogé sur la possibilité de ce nouveau confinement, même le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke, n’a pas pu rassurer sur la situation actuelle. On ne pourra peut-être pas l’éviter. « Je ne peux rien garantir », a-t-il répondu au micro de VTM. « La seule chose que je peux garantir, c’est que si nous nous attaquons tous ensemble au problème, nous avons les meilleures chances de réaliser ce que nous souhaitons réaliser : maintenir les écoles ouvertes, faire fonctionner les entreprises et faire en sorte que les hôpitaux ne soient pas débordés. »

Frank Vandennbroucke, ministre de la Santé. ©Belga

Le socialiste flamand est conscient que les prochaines semaines, voire les prochains mois, seront rudes pour les Belges, mais c’est seulement en se forçant à suivre les mesures que nous pourrons éviter de nous retrouver dans la même situation qu’en mars.

« Ce sera un automne difficile », a-t-il ajouté. « Les jours deviennent plus courts, plus sombres et plus froids. C’est difficile pour tout le monde. Nous devons maintenant respecter strictement ce qui a été convenu. Plus nous sommes stricts envers nous-mêmes, moins les prochaines étapes seront drastiques. »

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