Invisible, la série qui a séduit le FIFF de Namur

Invisible FIFF
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Teaser

La diffusion de la série Invisible était l'un des rendez-vous attendus du 35e Festival international du film francophone de Namur.

Comme en 2017 (avec Unité 42) et en 2018 (avec La Trêve 2), l'un des principaux festivals belges de cinéma dévoilait, sur grand écran, la dernière-née du "Fonds Séries" initié en 2013 par le Centre du Cinéma de la Fédération Wallonie-Bruxelles et la RTBF. Une série répondant au nom d'Invisible que la chaîne publique diffusera dans quelques semaines, soit un peu après Proximus TV.

Plutôt attendue, d'une part comme nouvelle création, d'autre part pour son genre – l'invisibilité étant le thème central de ce thriller fantastique -, ce pari pour le moins audacieux a autant surpris que séduit l'auditoire d'un Caméo de Namur mélangeant professionnels et public. L'histoire évoque celle d'une petite ville fictive, Creux, qui, faisant face à l'installation d'une antenne 5G, se voit confrontée à d'étranges phénomènes chez des habitants commençant à disparaître voire à devenir invisibles. Une cécité traitée sous forme de métaphore sociétale, confirmant le regard réaliste annoncé dans le synopsis de base, à savoir "Que reste-t-il de notre humanité lorsque plus personne ne peut nous voir?".

Si, sur papier, cet ensemble inédit à notre échelle suscitait quelques interrogations – validé il y a ...sept ans, Invisible est un "serpent de mer" passé entre de nombreuses mains -, dans les faits, le résultat, haletant, impressionne: de la mise en scène de l'expérimenté Geoffrey Enthoven (réalisateur notamment d'Hasta la vista, primé par le public aux European Awards 2012) à l'évolution de l'intrigue, tout comme le climat, les enjeux, la tension, les effets spéciaux, mais aussi, l'interprétation générale.

Portée notamment par Myriem Akheddiou (photo) qui, dans son rôle de chirurgienne-ophtalmologue, confirme des talents surtout vu jusqu'ici sur scène, cette série, à l'instar de ses prédécesseuses, rappelle l'étendue du potentiel des comédiens du cru, point qui était d'ailleurs l'un des objectifs de départ du Fonds Séries: de Roda Fawaz (Unité 42) à Bérénice Baoo (Tueurs), en passant par Fabio Zenoni (Zone Blanche), Luc Van Grunderbeeck (La Trêve) ou encore les jeunes Elisa Echevarria Menendez et Raphaël Lamaasab. Tous rendent crédible le scénario du trio formé par Marie Enthoven, Nicolas Peufaillit (un auteur césarisé pour Un Prophète, de Jacques Audiard) et Bruno Roche, issu d'une boîte de production bruxelloise montante, Kwassa Films. Dans des circonstances forcément délicates en juin, celle-ci mettait encore en boîte les ultimes jours de ce tournage intensif, entre Bruxelles et (surtout) la Wallonie.

En attendant le verdict des huit épisodes (au lieu des dix habituels, autre nouveauté) de 52 minutes sur la chaîne publique, le Fonds-Série continue à s'activer en coulisses, trois tournages (Baraki, Coyotes et Pandore) accomplissant à leur tour leur marathon respectif et bien autres étant en cours d'écriture, des projets impliquant plusieurs centaines de professionnels. Affaires à suivre, donc...

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