L'Europe met un peu d'ordre dans les règles de voyage

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Les pays européens se sont enfin mis d'accord pour coordonner les restrictions de voyage et tenter de mettre fin au désordre actuel. Voici ce qui change… et ce qui ne change pas.

Il était temps. Après un été de décisions unilatérales, le casse-tête des voyages en Europe est (peut-être) bientôt fini.  Ce vendredi 9 octobre, les Etats membres ont approuvé une série de mesures coordonnées pour mettre un peu d'ordre dans les codes couleurs et autres restrictions de voyage afin de mettre fin à la pagaille actuelle et donner l'image d'un continent uni.

« C’est une étape importante qui (…) permettra plus de prévisibilité et de transparence pour les voyageurs dans l'UE en temps de Covid-19 », a estimé un porte-parole allemand, dont le pays occupe la présidence de l'Union, à propos de cette recommandation qui doit être adoptée formellement mardi au niveau des ministres. Les Etats restent toutefois libres de suivre les mesures recommandées.

Des critères communs

Première mesure, et non des moindres: les zones seront classées de la même manière, grâce à trois indicateurs communs. Pour évaluer la situation, les Etats devront prendre en compte: le nombre de nouveaux cas notifiés pour 100.000 habitants sur les 14 derniers jours au niveau régional; le pourcentage de tests positifs sur l'ensemble des tests menés durant la semaine écoulée; le nombre de tests pour 100.000 habitants sur les sept derniers jours.

À partir de ces données, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) publiera chaque semaine une carte de la situation de l’ensemble des pays de l’Union au niveau régional.

Un code couleurs unique

Quatre couleurs détermineront désormais le niveau de risque d'une zone: vert, orange, rouge et gris.

Vert, lorsque le taux d'infection sur 14 jours est inférieur à 25 (sur 100.000 habitants) et que le taux de positivité des tests est inférieur à 4%. Orange, si le taux d'infection est inférieur à 50 et le taux de positivité des tests 4% ou plus, ou si le taux d'infection est compris entre 25 et 150 mais le taux de positivité inférieur à 4%. Rouge, si le taux d’infection sur 14 jours est de 50 ou plus et le taux de positivité des tests est de 4% ou plus, ou si le taux d’infection est supérieur à 150 cas. S'il n'y a pas suffisamment d'informations pour évaluer ces critères ou si le nombre de tests menés est de 300 ou moins pour 100.000 habitants, la zone sera considérée comme grise.

voyager au temps covid

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Fin des interdictions

Alors que la Suède n'a jamais fermé ses portes depuis le début de la crise, d'autres pays, comme la Hongrie, se sont barricadés. Bientôt de l'histoire ancienne? La recommandation de l'Europe encadre cette restriction à la libre circulation. Ainsi, les Etats membres ne devraient pas restreindre cette liberté pour les personnes venant de ou allant vers une zone verte, ni interdire complètement l'accès aux autres.

Et pour les tests et quarantaines? Rien

Mais pour le reste, pas encore d’harmonisation en vue pour les quarantaines, la longueur de celles-ci ou encore les tests obligatoires. Chacun peut encore imposer certaines conditions d'entrée aux voyageurs venant d'une zone orange, rouge ou grise.

Celles et ceux exerçant un certain nombre de fonctions jugées essentielles sont toutefois exemptés de quarantaine. Ces raisons essentielles ont désormais une définition commune au niveau européen. Il s’agit des personnes exerçant des fonctions critiques (y compris les travailleurs saisonniers), les personnes du secteur du transport, les étudiants et les stagiaires qui voyagent sur une base quotidienne, les personnes voyageant pour des raisons essentielles de famille ou de travail, les diplomates et les personnes travaillant pour les organisations internationales, les marins, les passagers en transit ainsi que les journalistes en reportage.

Une communication à améliorer

Outre la mise en place d'un formulaire européen unique à remplir par les voyageurs, la recommandation entend aussi éviter que ces derniers soient pris de court. Un pays prévoyant de mettre en place des mesures restrictives à l'encontre de voyageurs venant d'une zone jugée à risque devra informer l'Etat membre concerné 48 heures avant leur entrée en vigueur. Le public devra également être averti, 24 heures à l'avance. Un délai qui ne risque pas d'éviter les retours en catastrophe.

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