Covid-19 : 1 Belge sur 5 n’est pas prêt à se faire vacciner

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C’est le résultat d’une enquête en ligne menée par le bureau d’études Kantar. Des différences sont à noter au sein de la population : 19% des francophones disent « non » au vaccin, contre 7% des néerlandophones. Un autre sondage révèle que du côté des médecins, il y aurait aussi des réticences.

12 % des Belges interrogés ne se feront « sûrement pas » vacciner contre le Covid-19, 8 % ne le feront « probablement pas » et 27 % ne savent pas encore, rapportait mardi Knack. L’hebdomadaire flamand a pris connaissance des résultats d’une enquête en ligne menée début septembre auprès de 1.016 Belges (25 ans et plus) par le bureau d’études Kantar. Si on en croit le sondage (ces résultats doivent être pris avec des pincettes, vu la petitesse de l’échantillon), la moitié seulement de la population belge serait donc prête aujourd’hui à se faire vacciner contre le virus. Du côté francophone, 19% des sondés ont dit « non » au vaccin, contre 7% au nord de la frontière linguistique. La question serait également un brin genrée : 15% des femmes sont opposées au vaccin, contre 8% des hommes. 25% des sondés à faibles revenus ont répondu « sûrement pas », contre 10% pour les revenus plus élevés.

Peur des effets secondaires

Et les raisons avancées ? Pour 53% des opposants, c’est la peur des effets secondaires. 32% sont par principe contre la vaccination ; 8% pensent que suffisamment d’autres personnes se feront vacciner ; 3% disent avoir déjà contracté le Covid-19. Réagissant aux résultats du sondage, Pierre Van Damme, épidémiologiste à l’Université d’Anvers a constaté un déficit de communication. « Nous devons sûrement mieux expliquer car il est capital que beaucoup de personnes se fassent vacciner », a-t-il jugé, afin d’arriver à une « immunité de groupe de 60% ». « Il [le vaccin NDLR] passera par toutes les phases d’étude nécessaires et sera testé sur beaucoup plus de personnes que de nombreux autres médicaments. Nous serons ainsi beaucoup mieux informés sur la sûreté du vaccin », a-t-il insisté.

1 médecin sondé sur 4 refuserait de se faire vacciner

Hasard du calendrier, une autre enquête en ligne sur la vaccination « Covid » est parue récemment. Le Journal du Médecin a sondé 836 médecins sur le sujet et leur a notamment demandé : « Si un vaccin contre le Covid-19 est disponible, approuvé par des experts indépendants et que toutes les phases des études ont été correctement réalisées, ce vaccin sera-t-il: très fiable, fiable, pas d’avis, peu fiable, très peu fiable ? » 72% des répondants ont estimé que le vaccin serait (très) fiable. Une proportion importante certes, mais à comparer aux 9 médecins sur 10 qui, dans le même temps, jugent que la vaccination est en général (hors Covid-19 donc) fiable, voire très fiable. 16% des interrogés considèrent en outre le futur vaccin comme (très) peu fiable. Et près d’un sondé sur quatre refuserait de se faire vacciner.

Une partie du personnel soignant semble donc elle aussi être gagnée par l’ « hésitation vaccinale ». Il faudra donc encore du boulot avant de réduire celle-ci ; cela ne pourra sans doute pas se faire sans une transparence totale sur les données des vaccins anti-coronavirus, afin d’objectivité leur efficacité et l’absence d’effets secondaires importants qu’ils pourraient générer.

Un dangereux précédent ?

Car même chez certains spécialistes, on doute. Interrogé par La Libre, Eric Muraille, biologiste et immunologiste à l’ULB a expliqué que si le vaccin n’était pas obligatoire, il ne se ferait pas vacciner. « L’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux avait recommandé un à deux ans de suivi de l’étude clinique de phase 3 pour ce vaccin, ce qui correspond aux normes de sécurité habituelles. Sous la pression politique, on passerait à six mois. Ce délai ne permet pas d’évaluer les possibles effets néfastes à long terme, ni le délai de protection conféré par le vaccin ».

Pour Eric Muraille, un vaccin « inadéquat » serait contre-productif, puisqu’il « augmenterait l’hésitation vaccinale pour des décennies ». Avec le risque de potentiellement « causer plus de morts que le Covid-19 lui-même. L’OMS estime que la vaccination sauve 2 à 3 millions de vies chaque année », a-t-il souligné, avant de conclure : « De plus, cela crée un précédent très dangereux. Quelles seront les normes pour les prochains vaccins ? ».

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