Testing et tracing, les grands absents de la communication gouvernementale

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Limitation des contacts rapprochés à 3 personnes par individu et par mois, fermeture des bars à 23h, rassemblements extérieurs restreints, etc. En comité de concertation, Fédéral et Régions ont décidé de limiter la vie sociale des Belges pour enrayer la reprise de l’épidémie. Le message : chacun doit rester mobilisé pour vaincre le virus. Une stratégie qui fait la part belle à la responsabilité individuelle. Mais pas un mot sur le testing et le tracing, pourtant eux aussi essentiels.

4. C’est le chiffre à retenir, celui qui rythmera notre quotidien à partir de ce vendredi 9 octobre et pour une durée annoncée d’un mois. Réunis en comité de concertation ce mardi, Fédéral et Régions ont en effet décidé de serrer la vis. Vu les chiffres de propagation du virus, les Belges sont appelés à restreindre à nouveau leur vie sociale. Et comme l’a expliqué le nouveau ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke (sp.a), « c’est simple, chez nous, il faut juste savoir compter jusqu’à quatre ».

Ça sera donc 4 personnes par bulle sociale et non plus 5 -dorénavant chacun a droit à maximum 3 contacts rapprochés, sans respecter les règles de distanciation physique et sans porter de masque (en comptant sa propre personne, le compte est bon). Ça sera également 4 invités maximum chez soi, et non plus 10. Dans les bars et cafés, 4 personnes maximum attablées (sauf si votre foyer compte plus de 4 personnes). Des bars qui seront tenus de fermer à 23H sur l’ensemble du territoire, à l'exception de Bruxelles, qui les fermera totalement pour un mois dès ce jeudi. Pour les rassemblements privés non organisés, même topo, c’est 4 personnes par bulle.

Responsabilité individuelle... 

« Ce qu’on demande n’est pas facile mais nécessaire pour éviter de revivre la même situation qu’en mars-avril » a reconnu Alexander de Croo (Open-Vld). Tant le Premier ministre que le ministre de la Santé ou les Ministres-Présidents des Régions ont voulu se montrer compréhensifs, proches d’une population qui commence en avoir plein le masque des bulles de 4 ou de 5, de la distanciation physique, des soirées interrompues à 23H et autres non-joyeusetés.

En filigrane, le message restait ferme : chacun doit y mettre du sien, pas question de faiblir, le respect des règles est impératif. Sinon, avec l’hiver pourrait revenir des mesures que personne ne souhaite, style bulle de 1, re-confinements locaux, provinciaux, etc. Et si ce scénario catastrophe devait quand même advenir, alors c'est que nous n’aurions pas été assez prudents, pas assez responsables, que nous n’aurions pas assez pensé aux autres.

...Mais quid du collectif ?

Bien sûr, limiter ses contacts reste le premier moyen pour casser la chaine du virus. Et bien sûr, il en va de la responsabilité de chacun d’observer du mieux possible les gestes barrières et autres règles d’or. C’est d’autant plus important que si la situation n’est pour l’instant pas celle du printemps, elle est sérieuse. Ce mardi, le nombre d’hospitalisations « covid » a encore augmenté, franchissant la barre des 100 admissions en un jour, ce qui n’avait plus été observé depuis mai. Appeler à la responsabilité de chacun est donc logique.

Mais s’en contenter, comme l’ont fait ce mardi Alexander De Croo et Co ? Pour vraiment mater le virus, l’effort doit être collectif. Et la collectivité, c’est bien plus que la somme de ses parties. C’est un tout, capable d’agir en lui-même. Se concentrant exclusivement sur la composante « Isoler » (et donc sur les efforts individuels que nous sommes amenés à fournir dans tous les aspects de nos vies) du triptyque Isoler/Tester/Tracer, la communication inter-gouvernementale a mis de côté le testing et le tracing, des armes pourtant essentielles, au risque de se répéter. Car c’est aussi (surtout ?) sur ces fronts-là que la bataille se joue.

Testing et tracing en retard

Durant l’été, le ministre alors en charge du dossier- le libéral flamand Philippe De Backer- avait fixé comme cap une capacité de 70.000 tests de dépistage journaliers pour octobre. Voilà octobre; on ne semble qu’à la moitié de l’objectif annoncé. Selon les derniers chiffres disponibles, la Belgique a effectué en moyenne 35.032 tests par jour, entre le 12 au 18 septembre. Pour s’assurer d’avoir assez de réactifs pour les tests, de troupes pour effectuer lesdits tests, les acheminer, traiter les résultats et les communiquer dans un délai suffisamment court, les autorités fédérales ont annoncé pendant la trève estivale vouloir réorganiser la plateforme fédérale en charge de la coordination du testing, pour seconder les laboratoires de biologie clinique, désormais en première ligne pour les tests. La plateforme, elle-aussi, était prévue pour le mois d’octobre. On aurait aimé avoir des précisions à ce sujet.

Du côté du tracing aussi, on accuse du retard. D’après De Standaard, ça coince en Wallonie : seules 30% des personnes devant être contactées l’ont déjà été. Et à Bruxelles, c’était 53%, pour la journée de lundi (soit 1.700 appels effectués sur les plus de 3.000 nécessaires). En cause ? « L’augmentation soudaine des cas positifs » et des problèmes techniques, a-t-on expliqué à la Commission communautaire commune de la Région bruxelloise. Mais selon la présidente du Comité interfédéral testing et tracing, Karine Moykens, citée par Le Soir: « L’arriéré de la recherche wallonne et bruxelloise est dû au fait qu’ils n’ont pas augmenté assez rapidement leur nombre des personnes en charge du contact tracing ».

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