Qui sauvera les cinémas en 2020 ? Pas les blockbusters en tout cas

Si "Mourir peut attendre", apparemment la sortie du film aussi.
Si "Mourir peut attendre", apparemment la sortie du film aussi.
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Parmi les films les plus attendus de cette fin d’année, deux, le nouveau James Bond et « Dune », viennent de reporter leurs sorties à 2021. Un coup dur de plus pour les cinémas, qui vont passer une fin d’année difficile.

Après une fermeture forcée et une reprise qui n’a pas été des plus simples, les cinémas comptaient sur l’automne pour se relancer. Beaucoup des blockbusters du printemps et de l’été avaient repoussé leurs sorties pour une date en octobre ou en novembre. Mais ces immenses productions, qui attirent toujours un monde fou, ne seront pas les alliés d’un retour dans les salles obscures. En effet, beaucoup d’entre eux laissent tomber 2020.

Après « Black Widow », le dernier film des superhéroïques studios Marvel porté par Scarlett Johansson, passé de mai, à novembre, à mai 2021, c’est au tour du prochain James Bond, « Mourir peut attendre », d’effectuer un même mouvement. Prévu pour avril de cette année, remis à novembre, le voilà désormais reporté à avril 2021.

Autre coup dur, « Dune », le nouveau film de Denis Villeneuve (Blade Runner 2049, Premier contact), basé sur le roman de science-fiction culte, déjà adapté sur grand écran par David Lynch en 1984, était attendu pour novembre, puis décembre, est lui carrément repoussé à octobre 2021.

Mais il est possible que ces superproductions hollywoodiennes ne suffisent pas pour revenir le public dans les salles.

Fin août, « Tenet », le dernier film de Christopher Nolan (The Dark Knight, Inception), était attendu comme le messie par certains cinéphiles amateurs de grand spectacle, mais aussi par de nombreux gérants de salles, mais n’a pas eu l’effet escompté.

Entre sa sortie et le 4 octobre, le film n'a récolté que 45 millions de dollars aux Etats-Unis. C’est ce qu’il aurait probablement rapporté en un seul week-end en temps normal, peut-être même le double. A travers le monde, ses recettes s’élèvent à 300 millions de dollars pour un budget de 200 millions. Mais sa campagne marketing a été tellement importante, et donc chère, qu’il n’est pas encore certain que le film arrivera à l’équilibre. Au printemps, plusieurs sites spécialisés estimaient que « Tenet » devrait rapporter 500 millions au moins pour que le film soit profitable à Warner Bros…

« On espère que ça va redécoller »

En Belgique, il y a différents types de salles, et toutes ne sont pas impactées de la même façon par le report des productions américaines. Cela ne change pas grand-chose pour les cinémas d’art et d’essai par exemple.

Pour ce qui est des cinémas plus populaires, on retrouve deux catégories.

Il y a d’abord, ceux qui appartiennent à des chaînes, qu’ils s’agissent de petites salles locales ou de gros multiplexes. Le manque de grosses sorties les impacte mais regroupés, ils ont les reins solides.

C’est le cas notamment du géant Kinepolis, qui exploite 138 salles en Belgique. Sans blockbusters, leurs 11 complexes resteront ouverts.

« Non, on ne va pas fermer », expliquait Anneleen Van Troos, porte-parole du groupe à La Libre. « En fait, après le confinement, en juillet-août, nous avons enregistré une fréquentation équivalente à 20-25 % de la fréquentation normale, avec une évolution positive allant vers 30 à 50 % par la suite. Il y a une amélioration. »

Bien que son succès à l’international soit modéré, « Tenet » a quand même fait venir du monde dans les salles du groupe au logo étoilé. « C’est un film à succès qui attire encore du monde aujourd’hui, avec une fréquentation qui a monté jusqu’à 60, voire 75 % de la normale. C’est la preuve que lorsqu’il y a du contenu, les gens reviennent au cinéma et s’y sentent en sécurité. »

Mais il existe aussi encore une poignée de cinémas indépendants, populaires et locaux, pour qui la situation de cet automne sera dure. « Ça va être difficile à gérer sans grosses sorties », explique Dominique Pescatore, responsable du Cinéma Stuart, à La Louvière. Créé dans les années 70, il abrite aujourd’hui 7 salles. « On a toujours le cinéma français, mais ce qui a la cote, ce sont les sorties américaines. Le fait que « Mulan » soit sorti sur Internet et pas au cinéma, ça a aussi été un coup dur. »

La reprise a été lente pour le Stuart, et pour Dominique, c’est surtout à cause du manque de choix. « Les gens ont quand même envie de se divertir, de se faire un petit cinéma. Alors, on essaye de trouver des idées originales pour animer un peu. On a lancé un festival Vintage avec des films anciens par exemple. »

Mais malgré les difficultés, le petit établissement louviérois tient bon. « C’est surtout grâce aux aides du gouvernement. Nos employés sont toujours au chômage technique. On espère vraiment que ça va redécoller. »

Les films de l’automne

Une question subsiste donc : quels films pourraient pousser les Belges à se ruer dans les salles obscures en cette fin d'année ?

 Peut-être le cinéma français, qui sera bien représenté. Côté comédies populaires, on note « 30 jours max », de Tarek Boudali, avec le très apprécié Philippe Lacheau (Babysitting), ou « Aline », le dernier Valérie Lemercier.

On découvrira également les nouveaux films de réalisateurs reconnus comme Albert Dupontel, Maïwenn, Laurent Tirard ou Lucas Belvaux, ainsi que quelques plus petits films, qui ont été apprécies en festival, comme « Slalom », avec Noée Abita.

Fin novembre et début décembre, on retrouvera deux potentiels gros succès français : le film Kaamelott, d’Alexandre Astier, très attendu par les fans de la série, ainsi que les Tuches 4, à qui on souhaite les mêmes chiffres que les précédents volets.

Côté cinéma américain populaire, c’est par contre le désert. Il reste quelques films en décembre, comme « Mort sur le Nil », d’après Agatha Christie, « Sacrées Sorcières », nouvelle adaptation du roman de Roald Dahl par Robert Zemeckis, et même « Wonder Woman 1984 », prévu pour Noël. Pour l'instant, en tout cas...

Ce sont peut-être les films d’animation qui pousseront les Belges vers les popcorns et les grands écrans, puisque « Soul », dernier né de Disney et Pixar, ainsi que « Les Trolls 2 : Tournée Mondiale » et « Les Croods 2 », du studio Dreamworks, sont toujours annoncés pour cet automne.

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