Covid-19: Tous les indicateurs en hausse

©belgaimage-166215504
©belgaimage-166215504
Teaser

Contaminations, hospitalisations, décès : les chiffres de propagation du coronavirus augmentent rapidement. Face à l’évolution de l’épidémie, de nouvelles mesures pourraient être annoncées.

« Malheureusement, la stabilisation que nous avions espérée n'est plus d'actualité. Au contraire, on constate une nette augmentation du nombre de nouveaux cas dans toutes les tranches d'âge et toutes les provinces. Le phénomène est similaire chez nos voisins français et néerlandais », a expliqué ce lundi Yves Van Laethem. Le porte-parole interfédéral pour le Covid-19 n’avait pas de bonnes nouvelles à annoncer en conférence de presse : les chiffres continuent leur progression. Nouvelles contaminations, hospitalisations, décès, taux de positivité, etc. Tous les indicateurs sont concernés.

Et le virus semble à nouveau gagner toutes les tranches d’âges. « Un chiffre qui nous inquiète particulièrement, c'est ce qui se passe chez les plus de 90 ans. Depuis début septembre, le nombre de cas a décuplé chez les plus de 90 ans », a relevé Yves Van Laethem. Bruxelles, le Brabant flamand ou la province de Namur sont particulièrement touchés par l’évolution de l’épidémie.

Augmentation de 48%

Ce mardi, la tendance dessinée par les derniers chiffres de Sciensano n’incitaient pas non plus à l’optimisme : entre le 26 septembre et le 2 octobre, le nombre moyen de nouvelles infections au Covid-19 atteignait 2.309 cas par jour, soit une augmentation de 48% par rapport à la période précédente de sept jours. Le nombre de tests est certes en hausse (+3%), mais pas autant que le taux de positivité (le nombre de tests positifs par rapport au nombre total de tests effectués), qui a atteint 7,3%, alors qu’il était sous les 5% il y a 15 jours. Le 1er octobre, le taux de positivité est même grimpé jusqu’à 9%, un taux moyen supérieur à celui relevé chez nos voisins français.

La courbe des hospitalisations gonfle elle-aussi, à tel point que certains hôpitaux bruxellois sont arrivés à saturation au niveau des places réservées aux patients « Covid » en soins intensifs (un seuil toutefois très bas, pour l’instant fixé à 15%). Pour éviter de reporter des soins « ordinaires », certains hôpitaux de la capitale ont commencé des transferts de patients vers les autres Régions. « Les limites de la solidarité médicale ont été atteintes », a d’ailleurs déclaré le bourgmestre N-VA d’Alost, Christoph d’Haese, après que les hôpitaux de sa ville aient récemment accueilli des patients venant de Bruxelles.

Le nombre de décès quotidiens continue lui aussi à monter de façon préoccupante, puisqu’il a doublé en une semaine. En moyenne, le nombre de décès était de 10,3 décès par jour entre le 26 septembre et le 2 octobre, contre 4,6 la semaine précédente.

Un baromètre covid ?

« La maison est en feu, il faut réagir », a jugé lundi l’infectiologue Erika Vlieghe au micro de Radio 1 (VRT). Si le propos est un brin catastrophiste- nous ne sommes pas dans la même situation qu’au printemps, où on comptait plus de 5.000 lits « Covid » occupés et où on recensait parfois plus de 300 morts par jour- il vise avant tout à faire réagir. L’idée est qu’il ne faut surtout pas se reposer sur ses acquis, et que si la situation est pour l’instant sous contrôle, c’est aussi maintenant que la bataille peut se perdre, et l’épidémie à nouveau dégénérer. Pour la professeure de l’UAntwerp, il faut « lancer une nouvelle et forte campagne, pour tenter d’interpeler les personnes que nous n’arrivons pas facilement à joindre ».« Nous avons vraiment l’impression que de nombreuses personnes qui sont actuellement malades ont très peu de connaissance sur la pandémie et sur les mesures sanitaires ».

Une communication simple et lisible, insistant sur les mesures déjà connues- distanciation physique, limitation des contacts rapprochés, hygiène,etc.- pourrait ainsi éviter d’en venir à des mesures sanitaires plus strictes, voire à des re-confinements locaux ou provinciaux. Cela pourrait passer par l’établissement d’un baromètre du coronavirus , qui permettrait à chacun d’avoir une idée sur l’état de la circulation du virus dans le pays. Une sorte de « météo Covid », à base de drapeaux verts, rouges ou noirs (oui, encore des codes couleurs). Drapeau vert ? La mer est calme, tout est sous contrôle. Drapeau noir ? La mer est déchaînée, le virus en pleine forme. Une batterie de mesures seraient associées à chaque couleur, en fonction de la situation épidémiologique. Et chacun devrait alors adapter son comportement en conséquence.

Initialement, les experts du Celeval devaient remettre une proposition de ce baromètre du coronavirus, lors du dernier Conseil national de sécurité. Après un délai de quinze jours, le baromètre devrait être dévoilé très prochainement, probablement à l’issue du comité de concertation (Fédéral et Régions) qui se réunissait lundi et mardi. D'autres mesures pourraient toutefois être également annoncées. Ce week-end, le tout nouveau ministre de la Santé publique, Franck Vandenbroucke (SP.A) s'est ainsi prononcé en faveur de la réduction de la bulle sociale de 5 à 3 contacts.

Plus de Actu

Les plus lus

Notre Selection