Glauque, la couleur du temps

 Glauque_5_mailysterkendries
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Teaser

Après avoir écumé les concours, s’être fait une réputation sur scène et avoir sorti un premier E.P. en plein confinement, le groupe namurois sera à voir aux Nuits Botanique le 6 octobre.

L’avenir de la musique belge se conjugue désormais à l’indicatif présent. Le premier EP de Glauque est enfin là. Après plus de soixante concerts en 2019, un Décibels Music Awards  décroché dans la catégorie “Révélation” et des prix gagnés un peu partout (Concours Circuit, F dans le Texte, Franc’Off), le groupe namurois fige avec quatre titres et deux instrumentaux le début de son parcours. “Plus qu’une carte de visite, nous voyons dans cet EP une manière d’imprimer notre identité. Sur la pochette, on rappelle que l’adjectif “glauque” ne signifie pas seulement “misérable”,  mais renvoie aussi à une couleur verte qui tire vers le bleu. Le disque abrite des chansons que nous avons présentées sur scène. Nous l’avons enregistré à la maison, mais le son est celui de nos live. C’est une manière de nous définir, de mesurer le chemin parcouru et de défricher celui qui nous mènera à l’album.

Loin de la logique individualiste qui prédomine actuellement dans la musique urbaine du moment, Glauque est un vrai groupe et fonctionne comme tel. Trois de ses cinq musiciens ont suivi une formation classique au conservatoire. “Avoir ce bagage technique et académique, ça change complètement la donne pour la dynamique”. Glauque trouve ses bases rythmiques dans l’électro, impose un flow hip-hop plus parlé que chanté, mise sur des prestations scéniques énergiques construites en crescendo et évolue dans une chanson française littéraire qui oublie les lieux communs et l’autocélébration.

Écrit en 2019, l’implacable Vivre résonne différemment à la lueur de la dramatique actualité sanitaire. “Ne regarde pas autour de toi. Il y a trop de raisons pour être dépressif. On est tous voués à vivre”,  chante Louis. “Il n’y a rien de générationnel et de sociétal dans mes textes. Lorsque j’écris, je suis dans l’instinct et dans l’émotion pure. C’est purement subjectif.  Je n’interviens pas dans le script et la réalisation des clips. Je laisse ça aux autres membres du groupe. Ils peuvent ainsi exprimer leur propre ressenti. Cette démarche collective permet d’amener les chansons encore plus loin. On délègue très peu en dehors du groupe (le EP sort sur leur propre label Ecluse - NDLR). Nous ne voulons pas que ce projet nous échappe. C’est autant un défaut qu’une qualité, mais nous assumons.” Pour l’instant, la démarche s’avère payante.

Glauque - à voir aux Nuits Botanique le 6 octobre

 

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