Coalition Vivaldi : laissé de côté, le Vlaams Belang s’insurge

Des milliers de voitures ont rempli le parking.
Des milliers de voitures ont rempli le parking.
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Ce qui ressemblait à une manifestation flamingante au Heysel ce dimanche n'était en fait qu'une meeting du Vlaams Belang en plein air. Le parti d'extrême-droite n'apprécie pas d'avoir été mis à l'écart des négociations fédérales et appelle la NV-A à former un "front flamand" avec lui.

Ce dimanche, un rassemblement aux abords de l’Atomium a dû raviver de tristes souvenirs aux habitants des communes à facilités. Le parking du Heysel était caché par une mer de drapeaux jaunes et de lions noirs, rappelant les manifestations flamingantes d’autrefois.

Bien qu’ayant des airs de mouvement contestataire, l’événement était finalement surtout un rassemblement, un meeting, avec aux commandes, le Vlaams Belang.

Le parti nationaliste flamand avait invité ses supporters à se réunir à Bruxelles. Et ils ont été nombreux à répondre à cet appel. D’après les organisateurs, 5.000 voitures étaient présentes, ce qui leur permet d’estimer que la foule comprenait entre 10.000 et 15.000 personnes. Il n’y a pas encore de chiffres officiels, mais le parking était rempli. On comptait de nombreux masques, mais au vu des photos, la distanciation sociale, elle, ne semblait que partiellement respectée.

Une masse de gens importante que le VB a réussi à rameuter notamment grâce à une stratégie bien ficelée sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, 600.000 personnes sont abonnées à leurs publications.

Si la démarche avait des airs de raout politique, c’est parce qu’elle était très organisée. En effet, une grande scène avait été installée, avec caméras et écrans géants afin que tous les supporters puissent profiter des discours, peu improvisés également, de trois figures du parti, dont son président, Tom Van Grieken.

Une scène et un écran géant étaient prévus.

Toujours les mêmes rengaines

Le Vlaams Belang a décidé de frapper fort parce qu’il se sent, et probablement à juste titre, ignoré. Il a bien compris que les négociations fédérales touchaient enfin à leur fin et que le gouvernement Vivaldi devrait, normalement, bientôt prendre vie. Si du côté Wallon, on retrouve une association Rouge Bleue Verte, de l’autre côté de la frontière linguistique, ce sont l’Open VLD, le sp.a, le CD&V et Groen qui se sont regroupés. Tous les partis qui n’arborent pas le jaune de la Flandre en somme ou « les perdants des dernières élections » selon le parti d’extrême-droite.

« D’un point de vue démocratique, il est tout à fait honteux qu’un gouvernement puisse se constituer sans avoir une majorité au parlement Flamand », a d’ailleurs déclaré Van Grieken.

L’occasion pour le président du parti de ressortir un amoncellement de clichés, dont certains très datés : « les Ecolos vont augmenter les taxes », « les libéraux ne savent pas gouverner le pays », « les socialistes sont pour l’immigration car cela leur donne des voix » et le grand classique « Les Flamands payent et les Wallons décident ».

Mais le thème principal de leurs revendications est clair : il n’est, pour eux, pas normal d’être mis de côté du gouvernement fédéral après de tels résultats aux dernières élections.

Une alliance jaune ?

L’autre grand thème derrière ce rassemblement aura été un immense appel du pied à la N-VA, l’autre laissé pour compte, malgré ses bons résultats. Bart de Wever et les autres pontes du parti sont rarement tendres avec le Vlaams Belang. Ce dernier aimerait que ça change afin de créer « un front flamand ».

« Enterrons la hache de guerre », a clamé Van Grieken. « Je suis fatigué de ce combat à droite. Profitons de ce moment pour travailler ensemble. Nous pouvons combattre ensemble et férocement ce gouvernement Vivaldi, anti-flamand et de gauche, et qui sait, peut-être même le faire tomber ! »

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