Le CNS assouplit les mesures de sécurité sanitaire

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Les règles concernant la vie sociale ont été au centre de la conférence de presse de la Première ministre Sophie Wilmès. Certains points doivent encore faire l’objet de précisions dans les prochains jours.

Ce 23 septembre sonne comme un cap. Désormais, comme le dit la Première ministre, il n’est plus question d’une gestion de crise mais d’une gestion du risque dans le cadre de l’épidémie de Covid-19. Autrement dit, l’heure est venue d'«apprendre à vivre avec le virus».
De ce fait, le Conseil national de sécurité (CNS) a décidé d’adapter toute une série de mesures qui faisaient autorité jusqu’ici. Si rien n’a été annoncé vis-à-vis des secteurs économiques touchés par le coronavirus, ce sont des aspects plus sociaux qui ont été abordés lors de la réunion de ce mercredi.

Les masques et les événements passés au crible

En préambule, il y a le rappel de « six règle d’or », à savoir protéger les personnes vulnérables, privilégier les activités extérieures, respecter les règles d'hygiène, la distance de sécurité d'1m50, et porter un masque si on ne peut maintenir la distance. La sixième est celle abordée la plus en détail: les contacts. Les contacts rapprochés (c’est-à-dire ceux avec qui on peut oublier les gestes de sécurité sanitaire) sont limités à cinq personnes par mois en plus des personnes habitant sous le même toit, enfants non compris. Le choix des personnes "élues" est individuel mais le CNS insiste pour que cette règle soit suivie. Les experts ont à ce propos mis au point un point de référence côté de 1 à 5 et qui évoluera en fonction de l’épidémie. Pour l'instant, il est donc de 5 contacts rapprochés. À part ça, en l’état de la situation, il est permis de voir autant de personnes que l’on souhaite mais avec ceux-ci, il faut respecter une distance d’un mètre et demi et porter un masque, surtout si cette distance n’est pas possible.

Du côté des masques justement, il y a du nouveau. À partir du 1er octobre, il ne sera plus obligatoire d’en porter à l’extérieur, sauf dans les lieux fréquentés et si la règle de distance sociale n’est pas suivie. Ce seront toujours les autorités locales qui seront chargées de déterminer quels sont ces lieux. Par contre, le CNS édicte une règle à l’échelle nationale: les masques restent obligatoires dans les transports, les magasins et les cinémas, même s’il n’y a pas beaucoup de monde.

Le point suivant concerne les événements. Pour les rassemblements privés, le nombre de personnes est limité à dix, enfants non compris de nouveau. Pour les événements publics, la limite est toujours de 200 à l’intérieur et de 400 à l’extérieur. Par contre, si ces événements sont organisés par un professionnel, le CNS est plus souple. Les règles suivies sont alors les mêmes que pour l’horeca, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de limite fixe du nombre d’invités et cela dépend de la capacité de la salle. Cela vaut par exemple pour les réceptions de mariage ou les matchs dans un stade par exemple.

Les règles sur la quarantaine et les voyages modifiés

Un point fort attendu lors de ce CNS, c'est la question de la quarantaine. Comme prévu, cette période d’isolement passe de deux semaines à une semaine et une procédure précise est prévue à ce propos. Dès qu’une personne développe des symptômes, elle contacte un médecin qui peut décider de la mettre en quarantaine. Elle fait ensuite un test et si celui-ci s’avère positif, la quarantaine se poursuit pour sept autres jours. Dans le cas contraire et si l’état de santé le permet, la quarantaine prend fin.

Si une personne apprend qu’un contact rapproché (autrement dit sans gestes barrières) est contaminée par le coronavirus, elle entre elle aussi en quarantaine et au cinquième jour, elle fait un test. Ensuite, c’est pareil que dans le cas précédent. Si c’est positif, la quarantaine est allongée de sept jours, sinon elle prend fin. Tout cela ne concerne pas les personnes qui auraient vu un malade tout en respectant les gestes barrières.

Enfin, cette décision sur la quarantaine a un impact direct sur les voyages en zone rouge. La Première ministre a confirmé le choix de ne plus interdire ce type de déplacement à partir du 25 septembre, tout en déconseillant de le faire. Cela permet à la Belgique de s’aligner sur ses partenaires européens. Les retours de zone orange ne feront plus l’objet de testing. Par contre, si une personne revient de zone rouge, il faudra toujours faire une quarantaine de sept jours avec un test à cinq jours. Une dérogation est possible mais seulement en suivant une procédure stricte qui nécessite de remplir certains documents. Le CNS précise enfin que ces mesures ne concernent pas les transfrontaliers qui partent à l’étranger moins de 48 heures.

Quand il n’y en a plus, il y en a encore

La Première ministre a d’autre part annoncé des changements encore à venir. Le Celeval (Comité d'évaluation fédéral sur le coronavirus) a été chargé de mettre au point un baromètre qui permettra de juger de l’avancée de l’épidémie non seulement au niveau national mais aussi régional et provincial. Cela permettra de décider des mesures prises à un niveau plus local et de mieux appréhender les subtilités de la situation. Mais pour l’instant, Sophie Wilmès veut donner du temps pour que ce baromètre soit créé de la façon la plus efficace possible. On sait néanmoins que celui-ci se basera principalement (mais pas seulement) sur le nombre d’hospitalisations, un chiffre moins contesté que d’autres selon ses dires.

Côté testing, pour l’instant, la Première ministre précise que 250.000 tests sont réalisés chaque semaine mais avec l’arrivée de la saison de la grippe, le but est d’atteindre entre 70.000 et 90.000 tests par jour. Le gouvernement veut aussi abaisser la pression sur les médecins pour éviter une surcharge de travail de leur côté, par exemple en ouvrant de nouveaux centres de tests. Les médecins généralistes seront en contrepartie chargés d’être en première ligne pour déterminer si telle ou telle personne a des symptômes qui relèvent plus de la grippe ou du Covid-19.

Enfin, le CNS confirme que l’application Corona-Alert sera lancée le 30 septembre. Le but, pour rappel, est d’avertir les personnes ayant un contact proche contaminé par le coronavirus. Sophie Wilmès a confirmé l’utilité de son traçage et le respect des règles sur les données personnelles. Et il est précisé que plus des personnes se serviront de l’application et plus cela sera efficace.

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