Disney + : l’empire contre-attaque

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En moins d’un an, la plateforme de streaming de Mickey Mouse a déjà convaincu 53 millions d’abonnés dans le monde. Ce 15 septembre, elle s’implante enfin en Belgique. Que propose-t-elle?

Faut-il arrêter Netflix pour Disney+? La réponse est non. Les deux géants sont concurrents mais ne jouent pas dans la même cour. On les trouve d’ailleurs plutôt complémentaires. Netflix vise les adultes et ados bingewatchers et les abreuve de nouveautés exclusives. Disney+ s’adresse aux familles, sort ses classiques et pourrait bien remplacer la télé linéaire comme baby-sitteuse.

On va voir quoi? Disney Belgique veille sur l’embargo du 15 septembre comme Jack Sparrow sur son trésor. Les grandes lignes ont été dévoilées, mais le contenu exhaustif du catalogue belge reste secret, surtout en ce qui concerne les productions récentes. La chronologie des médias, cadrée par les législations nationales, s’applique au streaming. Ainsi, en France, la loi impose un délai de trois ans entre la sortie en salles et la mise en ligne sur les plateformes de streaming. Chez nous, il est recommandé de suivre l’exemple français. Recommandé mais pas imposé. C’est ce qui a permis à Netflix de la zapper allègrement en novembre dernier, en ajoutant The Irishman deux semaines après sa sortie au cinéma. Que va faire Disney+? Après l’affaire Mulan (voir encadré), on voit mal la multinationale encore se fâcher avec les exploitants des salles. On parie dès lors sur l’absence des derniers films, qui ne sont d’ailleurs pas mis en avant dans la promo.

Ce qui est certain, confirmé par Disney, c’est que le contenu sera identique pour les spectateurs wallons, bruxellois et flamands (ce qui n’est pas le cas pour Netflix). Et on sait déjà aussi que l’on trouvera cinq univers forts: Disney, Pixar, Marvel, Lucasfilm et National Geographic. Ajoutons des productions grand public de la Fox. Cela veut dire des archives monstrueuses et des licences surpuissantes. Entre autres… Tous les classiques. Les Pirates des Caraïbes. Les X-Men. Les sept premiers Star Wars et cinq saisons de Clone Wars. Les aventures de Thor, Hulk, Iron Man, X-Men et les autres, à l’exception des films de Spider-man, toujours liés à Sony. Là-haut, Wall-E, Toy Story et plein de merveilleux courts métrages Pixar inédits chez nous. Avatar, Qui veut la peau de Roger Rabbit?, Edward aux mains d’argent. High School Musical et Hannah Montana. Toutes les séries. Et, en produit d’appel les 30 saisons des Simpson. Tôh.

Exclusivités au compte-gouttes

Dense… mais souvent déjà vu, se dit-on face au menu. Disney+ propose aussi des programmes exclusifs, les “originals” et promet d’en mettre en ligne régulièrement, souvent au rythme d’un épisode par semaine, le vendredi. On en annonce 25 chez nous, dont le fameux Mandalorian. Cette série pilotée par Jon Favreau (réalisateur d’Iron Man, entre autres) a même réussi à contenter les exigeants fans de Star Wars. Ses huit épisodes s’offrent un luxe que les blockbusters récents n’ont pas su s’accorder: un scénario qui tient la route, une esthétique cohérente, du silence, du temps pour filmer des décors sortis d’un western. Ils se centrent sur Mando, chasseur de primes. C’est là qui est apparu l’Enfant, surnommé Baby Yoda, objet d’un culte planétaire. À côté, on repère quelques bonnes surprises: Le monde selon Jeff Goldblum, une série documentaire en douze épisodes dans laquelle l’acteur de La mouche raconte l’histoire extraordinaire d’objets quotidiens (les sneakers, la crème glacée, les tatouages…); Togo, film d’aventures glacées avec Willem Dafoe; La belle et le clochard, revisite en prise de vues réelles du dessin animé de 1955.

En ce qui concerne les sorties futures, l’excitation monte autour de la série centrée sur Obi-Wan Kenobi, dans laquelle Ewan McGregor reprendra son rôle et serait pourchassé par Dark Vador lui-même! Soumis à la législation européenne sur la production locale, Disney+ devrait aussi à terme proposer des contenus français, espagnols, italiens… ou belges (rêvons!).

La politique tarifaire de Disney+ attaque Netflix en frontal. L’abonnement revient à 6,99€ par mois ou 69,99€ à l’année (sans offre d’essai), contre 7,99 à 15,99€ pour son concurrent. Disney a, comme Netflix, signé un partenariat avec Proximus, mais se révèle plus généreux envers ses abonnés. Il sera possible à tous de profiter des contenus sur quatre écrans simultanément, de créer jusqu’à sept profils (contre quatre chez Netflix) et de télécharger de façon illimitée sur dix appareils. Disney+ se consulte sur smartphone, tablette, ordinateur, smartTV. La HD est de règle et certains programmes seront également disponibles en Dolby 5.1 et Dolby Atmos.

Petits couacs…

L’arrivée de Disney+ a aussi été émaillée de controverses. Les reproches portent tout particulièrement sur les “retouches” apportées aux programmes. Ainsi, il a fallu attendre le 29 mai pour retrouver les 19 premières saisons des Simpson en version originale: la firme les avait fait passer du format 4/3 au 16/9, évacuant nombre de gags au passage. On a aussi repéré la censure à l’œuvre sur Splash, recadré pour cacher un morceau de fesses de Daryl Hannah que le public de 2020 ne saurait voir. Les films ne sont pas non plus toujours présentés dans la version originale diffusée en salles. Ainsi le Star Wars 4 mis en ligne est celui de 1997, bidouillé par George Lucas à l’époque et encore remodifié aujourd’hui. Dommage.

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