Où sont les femmes cyclistes?

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Elles ne représentent pas plus du tiers des cyclistes à Bruxelles. Mais comment expliquer la faible proportion des femmes à vélo?

Pendant que 2.500 cyclistes participaient à la quatrième édition du Bxl Tour, quelque 200 femmes ont également enfourché leur vélo, avec un objectif clair: attirer l'attention sur la faible proportion de femmes cyclistes dans les rues de la capitale. Selon l'ASBL féministe Zij-kant, organisatrice de cette promenade engagée, elles représentent « à peine un tiers des cyclistes à Bruxelles ».

« À travers cette action, nous voulions mettre en évidence que le vélo n'est pas qu'une affaire d'hommes. Dans le même temps, les élus doivent se rendre compte qu'il existe encore de nombreux obstacles à surmonter pour que davantage de femmes adoptent le vélo comme mode de transport », explique à l'agence Belga la porte-parole de l'association Julie Van Garsse.

Les obstacles

Les questions de mobilité sont donc, elles aussi, une affaire genrée. Mais pourquoi y a-t-il trop peu de femmes cyclistes? « L'insécurité, d'abord », pointe la militante féministe comme premier facteur. Alors que ce sont elles qui conduisent souvent les enfants à l'école ou à leurs activités, elles sont plus conscientes des risques et des dangers liés au cyclisme que les hommes, et préfèrent prendre d'autres moyens de transport lorsqu'elles ne se sentent pas en sécurité. Une disparité accentuée lorsqu'une ville ne compte pas suffisamment d’infrastructures favorisant le vélo.

Les tâches qui sont traditionnellement assignées aux femmes, comme les courses et la sortie scolaire, rendent également leurs parcours plus complexes. De fait, quitter son travail pour ensuite passer au supermarché puis aller chercher les enfants à la garderie avant de rentrer à la maison est un trajet plus facile à réaliser en voiture qu'à deux roues.

Le harcèlement de rue « reste un problème », souligne également l'ASBL, « tout comme le fait que le cyclisme féminin ne soit pas socialement acceptable dans certaines communautés, ou en tout cas dans une moindre mesure que pour les hommes et les enfants ».

C'est bientôt leur Tour

Dans le sport aussi, les femmes cyclistes sont moins nombreuses et invisibilisées. Au sein de la Fédération française de cyclisme, elles représentent seulement 10% des licenciés. Moins médiatisées, elles ont perdu leur Tour de France, qui se déroulait en parallèle à celui des hommes, à la fin des années. Depuis, plusieurs initiatives ont vu le jour pour promouvoir le cyclisme féminin et lui donner la visibilité qu'il mérite. C'est le cas notamment du projet « Donnons des Elles au vélo » qui parcourt chaque année, depuis 2015, toutes les étapes de la Grande Boucle, un jour avant la course des hommes. Cinq ans plus tard, leur objectif est (presque) atteint. Le Tour de France au féminin va renaître de ses cendres en 2022. Avec ce geste fort, le cyclisme donne un coup de pédale vers la parité.

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