Chloé Zhao, gagnante d’une Mostra de Venise sous haute sécurité

Cate Blanchett, masquée pour la cérémonie de cloture.
Cate Blanchett, masquée pour la cérémonie de cloture.
Teaser

Alors que le Covid-19 est encore fort présent en Europe, le festival vénitien du cinéma a bien eu lieu, mais avec beaucoup de mesures sanitaires à respecter. Le Lion d'Or a été décerné à Nomadland, troisième film de l'américaine Chloe Zhao, qui n'a pu être présente en Italie.

C’est le crédo de plusieurs de nos scientifiques et autres experts en épidémiologie belge, « il faut reprendre une vie aussi normale que possible », en respectant évidemment mesures de sécurité et gestes barrière.

Un principe qu’on semble appliquer également du côté de la Cité des Doges, puisque la Mostra de Venise, un des grands festivals internationaux de cinéma, a bien eu lieu et vient d’ailleurs de se terminer ce samedi.

Le Lion d’Or, plus haute distinction vénitienne, a été remise à Chloe Zhao, pour son dernier film Nomadland. Cette réalisatrice américaine s’était déjà fait remarquer grâce à ces deux premiers long métrages, pour lesquels elle a travaillé avec des acteurs non professionnels, donnant aux films un côté quasi documentaire. Le premier, Songs My Brother Taught Me, montrait la relation entre un frère et une sœur sioux, vivant au cœur d’une réserve indienne américaine. Le deuxième, The Rider, unanimement salué par la critique, racontait l’histoire, inspirée de faits réels, d’un jeune dresseur de cheveux, passionné de rodéos, forcé de mettre fin à sa carrière après un accident cérébral. 

Zhao et McDormand ont enregistré leurs remerciements depuis la Californie.

Cette fois, pour Nomadland, Zhao a décidé d’offrir le premier rôle à une actrice reconnu, et célébrée, Frances McDormand, récemment oscarisée une seconde fois pour « Three Billboards », en 2018. Elle y joue une habitante du Nevada, qui plaque tout pour traverser les Etats-Unis avec son van. Là encore, les autres rôles sont joués par de vrais nomades américains d’aujourd’hui.

Nomadland devrait sortir en décembre 2020. On retrouvera ensuite Chloe Zhao dans un contre-emploi puisqu’elle sera derrière la caméra d’Eternals, une des superproductions des studios Marvel au casting 5 étoiles, prévue pour 2021.  

Le reste du palmarès

Sur la deuxième marche du podium, le mexicain Michel Franco, déjà récompensé plusieurs fois à Cannes, a reçu le Grand Prix du Jury, pour Nuevo Orden, un thriller autour de la lutte des classes à Mexico. 

Michel Franco et son Lion d'Argent.

Le Japonais Kiyoshi Kurosawa s’est vu décerné le Lion d’Argent du meilleur réalisateur pour Supai no tsuma (Les Amants Sacrifiés). Initialement un téléfilm, ce drame historique a été adapté pour les salles de cinéma.

En ce qui concerne les interprètes, Vanessa Kirby, qui joue notamment la princesse Margaret dans la série The Crown, remporte le prix de la meilleure actrice pour son rôle de jeune femme devant faire face à la perte de son enfant lors de l’accouchement, dans Pieces of a Woman, du Hongrois Konrel Mundrcuzo.

Vanessa Kirby.

Chez les hommes, c’est Pierfranceso Favino, star du cinéma italien déjà aperçu dans plusieurs productions hollywoodienne, qui décroche la récompense pour son interprétation d’un père de famille qui échappe de peu à une tentative d’assassinat terroriste dans l’Italie des années 70.  A découvrir dans Padrenostro, de Claudio Noce.

Le prix du meilleur scénario revient à The Disciple, drame indien autour de la musique classique, écrit et réalisé par Chaitanya Tamhane, dont ce n’est que le deuxième film. 

Sécurité sanitaire stricte

Parmi les grands rendez-vous internationaux de cinéma en Europe, la Berlinale, fin février, a pu se conclure à quelques jours du début de la crise. Cannes par contre, en mai, a été annulé, même si l’équipe du festival continue de soutenir les films sélectionnés. On pouvait donc s’attendre à ce qu’il en soit de même pour la Mostra. Même son directeur artistique n’y croyait pas vraiment.

« Jusqu’à la fin du mois de mai, nous étions vraiment pessimistes sur l’éventualité de le maintenir », indique-t-il au journal La Croix. « Début juin, l’optimisme est revenu parce que la situation en Italie s’améliorait lentement. Nous avons surtout compris que l’envie de retourner aux vieilles habitudes de participer physiquement à un festival était la plus forte. Nous refusions l’éventualité de le faire en ligne. Un festival sera toujours une expérience physique dans un lieu précis, au milieu des autres pour partager les mêmes émotions, rencontrer les cinéastes et les acteurs, échanger des idées et des impressions. »

Alberto Barbera, avec Roberto Cicutto, président du festival.

En effet, le festival s’est déroulé aussi normalement que la situation sanitaire l’a permis, c’est-à-dire très peu. Il était tout de même ouvert aux professionnels et au public. Toutes les mesures sanitaires étaient de mises. Le masque était obligatoire, partout, tout le temps et distanciation devait être respectée, même dans les files. Du gel hydro alcoolique était également disponible aux quatre coins du festival. Dans les salles, le nombre de places était réduit et il fallait impérativement réserver ses tickets sur internet, pour la presse aussi. Et si vous vouliez uniquement vous rendre sur le Lido, où se déroule la Mostra, vous deviez passer par une des neufs entrées, équipées de scanners thermiques. Si votre température dépassait les 37,5, il fallait faire demi-tour !

Mise à part la sécurité, qu’est-ce que cette Mostra de Venise avait de différent des autres ? A en croire le directeur, « un manque de gros films hollywoodiens » et beaucoup de professionnels en mois. « Près de la moitié. En 2019, nous avions 12 000 accréditations. Cette année, nous en sommes à 6 500. Mais c’est normal et c’est déjà un succès, vu le contexte. »

La cérémonie de cloture:

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