Une rentrée en code rouge pour les finances de l'enseignement supérieur

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Distributions de masques et de gel hydroalcoolique, équipements vidéo, organisation chamboulée dans les auditoires… Le retour sur les campus se fera en mode Covid, pour cette année académique 2020-2021. De quoi entrainer des coûts supplémentaires pour les établissements supérieurs, eux qui font face à un sous-financement chronique.

Sur le plan sanitaire, la rentrée universitaire se fera en « code jaune », à partir de la semaine prochaine. Soit un petit échelon à peine au-dessus du « vert », correspondant à une situation normale. Dans les faits, la reprise des cours dans l’enseignement supérieur aura quand même un bon parfum d’inédit. Sens de circulation sur les campus, divisions des grands auditoires en zones de couleur (avec une place sur deux obligatoirement libre), masques et spray nettoyants distribués, équipements vidéo, cellules Covid spécialement mises sur pied pour assurer le suivi des cas positifs… Rien n’a été laissé au hasard pour garantir la sécurité, alors que pratiquement partout en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), l’accent sera mis dès que possible sur le présentiel.

Tous ces aménagements auront un coût. Sur le plan financier, c’est donc plus en code orange ou rouge que les universités voient arriver la rentrée. « Pour cette rentrée particulière, il y a évidemment des surcoûts extrêmement importants. Rien qu’en termes d’équipement des auditoires, on est déjà à environ 300.000 euros », calcule ainsi Pierre Jadoul, recteur de l’Université Saint-Louis, dans les colonnes de L’Écho. Des dépenses supplémentaires dont les établissements se seraient à coup sûr bien passés, dans un contexte de sous-financement chronique de l’enseignement supérieur.

Budgets gelés

Rappelons-le, le supérieur en FWB fonctionne depuis la fin des années 1990 avec le principe de l’enveloppe fermée : un pot commun de subventions à se partager entre établissements. Un budget qui, hors indexation, n’a donc pratiquement pas évolué depuis une vingtaine d’années. Le nombre d’étudiants dans les universités a lui par contre bondi : 20.000 de plus en l’espace de dix ans. Ce qui signifie se partager la même galette ou presque, mais avec toujours plus de mangeurs.

Au fur et à mesure que le nombre de jeunes inscrits à l’université et en haute-école augmente, le montant moyen dont les établissements bénéficient pour chacun d’eux diminue. En euros constant, l’allocation par étudiant universitaire est passée de 5.894 euros en 2006 à 4.512 euros en 2018, selon des chiffres avancés par le Soir.

Trouver 50 millions supplémentaires chaque année

Certes, un refinancement de l’enseignement supérieur a bien été promis par la coalition PS/MR/Ecolo en place. Il n’y a peu de chances toutefois que les 50 millions d’euros dégagés d’ici à 2024 se révèlent suffisants. En 2018, les universités (sans parler donc des hautes-écoles) tablaient en effet plutôt sur 50 millions… par an jusqu’à la prochaine législature, pour espérer retrouver leurs moyens de la décennie précédente.

Et les pistes généralement évoquées pour rebooster leurs finances, comme un accroissement du minerval, ou une plus grande contribution des étudiants étrangers, sont loin de faire l’unanimité dans la classe politique ou chez les différents acteurs concernés. « L’enseignement est un moteur de changement social et culturel qui doit être accessible à tous (…). Ce modèle ne doit pas être financé directement par les droits d’inscription des étudiants », jugeait ainsi la Fédération des étudiants francophones (FEF) l’an dernier.

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