De nouvelles mesures en faveur de l'enseignement spécialisé

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Caroline Désir, ministre de l'Enseignement, réagit sur l'interprétation des nouvelles mesures de l'enseignement spécialisé et apporte des précisions.

Suite à la publication de l'article «L’enseignement spécialisé élagué: une «catastrophe» pour les élèves », le cabinet de la ministre de l'Enseignement Caroline Désir (PS) a tenu a réagir pour préciser les propos de Béatrice Barbier, présidente de l'ADESP au sujet d'une nouvelle mesure, qui rend impossible l'inscription de son enfant à un projet d’intégration «temporaire totale». Par contre, de nouveaux aménagements pour favoriser l'inclusion d'élèves présentant des besoins spécifiques dans l'enseignement ordinaire sont mis en place, comme mentionné ci-dessous:

« Une réponse circonstanciée, envoyée à Mme Barbier en tant que représentante de l’ADES (Association des Directions de l’Enseignement Spécialisé fondamental catholique subventionné), explicitait les grandes lignes directrices de la réforme afin de les rassurer sur les intentions du Gouvernement, commente Caroline Désir. Il s’agit bien de renforcer les mesures qui favorisent l’inclusion ou le maintien dans l’enseignement ordinaire d’élèves présentant des besoins spécifiques. C’est ainsi qu’un élève qui est inscrit et qui fréquente l’enseignement spécialisé pourra toujours, et c’est d’ailleurs une des grandes lignes directrices du Pacte pour Enseignement d’Excellence, être intégré dans l’enseignement ordinaire. Cette année scolaire, il sera accompagné par le personnel de l’enseignement spécialisé."

Mais qu'en est-il de la disparition du mécanisme d'intégration temporaire totale? "Si le mécanisme de l’Intégration Temporaire totale est supprimé, poursuit la ministre dans la réponse qu'elle nous a adressée, les moyens qui y sont alloués ne le sont pas. C’est près de 80 millions d’euros qui seront injectés cette année scolaire pour l’accompagnement des élèves à besoins spécifiques, contre 14 millions en 2015. Ce budget sera intégralement préservé dans les années à venir, mais il sera réparti selon de nouvelles modalités. Cette répartition s’effectuera avec la volonté de mieux couvrir l’ensemble du territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de mieux rencontrer la diversité des besoins, pour un dispositif plus égalitaire et plus équitable.

Le déploiement progressif, dès la rentrée scolaire 2021, des Pôles Territoriaux devra contribuer au principe de la démarche évolutive qui doit être à la base du dispositif de l’école inclusive. C’est aux Pôles Territoriaux que reviendra la mission d’accompagnement de tous les élèves à besoins spécifiques, le cas échéant, tout au long de leur scolarité. En attendant la mise ne place progressive des Pôles Territoriaux, des projets pilotes dans l’enseignement spécialisé sont mis en place dès cette année scolaire 2020-2021. C’est ainsi que 30 postes de coordinateurs viennent d’être affectés aux différents réseaux et que 1000 périodes ont été accordées aux projets Aménagements Raisonnables de l’enseignement ordinaire existants. Tous ces aspects font et continueront à faire l’objet d’une concertation avec les fédérations de pouvoirs organisateurs, les organisations syndicales et les fédérations d’associations de parents."

Une autre précision que la ministre tient à mettre en évidence concerne la résolution de faire évoluer les mécanismes d'intégration:  "Je tiens également à souligner que cette année scolaire, l’encadrement de l’enseignement spécialisé a été préservé. En outre, toutes les intégrations temporaires signées entre le 15 janvier et le 3 juillet 2020 ont été transformées en intégrations permanentes, ce qui équivaut à 4 périodes d’accompagnement par élève que l’école peut mutualiser pour permettre un accompagnement efficace. Par ailleurs, le Pacte - en tant que réforme systémique – prévoit également de favoriser le dispositif de l’école inclusive par d’autres initiatives complémentaires qui doivent permettre aux équipes éducatives de prendre en charge une plus grande hétérogénéité des classes dans l’enseignement ordinaire.

On peut citer l’octroi de périodes complémentaires pour le renforcement de la langue d’apprentissage, la mise à disposition de périodes complémentaires pour développer l’accompagnement personnalisé des élèves, l’encadrement complémentaire de logopèdes dans l’enseignement maternel, la réforme de l’orientation vers le spécialisé, la mise en place progressive du dossier d’accompagnement de l’élève, la mise en place progressive du tronc commun, ou la réforme de la formation initiale des enseignants et de la formation en cours de carrière. Ces éléments me semblent démontrer que la volonté n’est certainement pas d’opérer un retour en arrière, mais au contraire de poursuivre et d’améliorer l’accès à des mécanismes faisant de l’intégration une possibilité pour le plus grand nombre d’enfants, et d’ainsi permettre la construction d’une école plus inclusive.»

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