Rentrée inédite pour les étudiants du Conservatoire : « On a hâte de rejouer en groupe »

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Les écoles de musique redoublent d’efforts pour assurer une rentrée sans fausse note quant au respect des mesures sanitaires. Du côté des musiciens, on s’impatiente de retrouver un cadre propice au travail.

Les professeurs aimeraient entendre ça plus souvent. Dans les Conservatoires de musique, c’est une réalité : les étudiants ont hâte de rentrer. « La musique n’est pas faite pour jouer tout seul », explique simplement Thomas Latouche, saxophoniste en deuxième master au Conservatoire Royal de Bruxelles. « On a hâte de rejouer en groupe ». A deux semaines de la rentrée, l’école a déjà tout prévu pour permettre la reprise des répétitions.

Un casse-tête organisationnel

Pour les instruments à vent, des écrans transparents sur pied ont été installés dans les salles de répétition. Les étudiants pourront ainsi se voir malgré la distanciation. La scène a aussi été agrandie pour laisser un espace suffisant entre chacun d’eux et de l’eau oxygénée sera mise à disposition pour nettoyer les instruments avant et après leur utilisation. Toutes ces mesures, y compris le marquage au sol et l’installation de plexiglas dans les bureaux, avaient été bien anticipées par le Conservatoire Royal de Bruxelles. « Le plus difficile », selon Christopher Kashale, gestionnaire des infrastructures, « cela a été de calculer le nombre de personnes autorisées par classe en fonction de la superficie de la salle, du nombre de fenêtres, etc. ».

Un confinement contraignant pour certains…

Ce n’est désormais plus un secret : l’enseignement à distance renforce les inégalités1. C’est d’autant plus vrai en musique, dont la pratique à domicile n’est parfois tout bonnement pas possible. Il faut composer avec les frères, sœurs, parents, voisins – plus ou moins éloignés, plus ou moins ronchons – qui ne l’entendent pas forcément de cette oreille. En formation jazz, l’isolement pose un problème supplémentaire : « Contrairement à la musique classique où le travail consiste davantage à préparer individuellement un répertoire, en jazz il est essentiel de répéter régulièrement en groupe », explique Thomas. « Au Conservatoire, on peut répéter nos projets dans des locaux que l’on réserve, ce qui permet de progresser ensemble artistiquement ».

… bénéfique pour d’autres

En musique classique, le confinement n’a pas changé grand-chose au travail quotidien des artistes. Pour Gilles Dauby, guitariste au Conservatoire de Liège, cette période lui a permis de travailler plus qu’il ne le faisait d’habitude. « Durant l’année, je n’ai de toute façon qu’une heure de cours de guitare par semaine. Le but est de nous autonomiser un maximum, pour  que l’on soit capables d’enseigner notre instrument par la suite ». En revanche, les retours des professeurs étaient moins qualitatifs. « La musique classique est très pointue. Avec un enregistrement ou un appel en ligne, on ne peut pas entendre toutes les subtilités qui sont essentielles dans l’apprentissage de nos morceaux ».

« On s’est parfois sentis livrés à nous-mêmes »

Outre les difficultés techniques de l’enseignement à distance, c’est parfois le suivi en lui-même qui faisait défaut. Pour Aure Boichard, étudiante en flûte traversière au Conservatoire de Bruxelles, rester assidue pendant le confinement a été très compliqué. « Contrairement à d’autres élèves, je n’avais pas de rendez-vous en ligne avec mes profs. Au départ, je me forçais à enregistrer mes morceaux une fois par semaine, mais j’ai fini par perdre le fil et la notion du temps ». Dans l’ensemble, l’étudiante n’appréhende pas tant cette rentrée particulière qu’un autre confinement, qui interromprait une nouvelle fois les cours en présentiel. Sur ce point en tout cas, Aude, Gilles et Thomas sont à l’unisson.

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