L’affaire des chevaux mutilés qui secoue la France

Lors de plusieurs agressions, une oreille a été coupée.
Lors de plusieurs agressions, une oreille a été coupée.
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Depuis janvier, des chevaux sont retrouvés mutilés, parfois jusqu'à la mort, un peu partout en France. Des agressions qui se sont décuplées cet été. Les autorités prennent la chose très au sérieux, mais la multiplicité des cas et des méthodes rendent l'enquête très difficile.

Ce lundi, un Français, la cinquantaine, a été arrêté à son domicile de Nambsheim, dans le Haut-Rhin, à proximité de la frontière allemande. Il était connu de la justice pour des faits de stupéfiants et de maltraitance animale. Ce mardi, il a été libéré.

Il s’agit là du dernier épisode de l’affaire qui secoue la France cette année. Depuis janvier, des chevaux ont été retrouvés blessés, parfois jusqu’à la mort, dans une vingtaine de départements français. De nouvelles victimes sont découvertes presque chaque semaine. On retrouve un peu plus de cas dans le Nord-Ouest du pays, mais aucune région n’est vraiment épargnée.

Le quinquagénaire suspect avait été identifié grâce à un portrait-robot. Portrait qui a pu être dessiné grâce au témoignage de Nicolas Demajean, président du Ranch de l’Espoir, dans l’Yonne.

Dans la nuit du 24 au 25 août, un cheval et deux poneys de ce refuge ont été agressés par deux individus. Alerté par les cris des cochons qui assistaient à la scène, Demajean a trouvé deux personnes équipées de lampes près de l’enclos des chevaux. L’un d’entre eux aurait même essayé de le tuer à coup de serpette. Une attaque qui aura tout de même permis au président du refuge d’aider la police à mettre un visage sur cet agresseur. Depuis le ranch a encore été ciblé par une attaque.

Plus de 150 enquêtes

Fin juin, on recensait déjà onze actes de mutilations de chevaux depuis décembre 2018. C’est seulement cet été que ces agressions animales sont devenues de plus en plus régulières. 
« Plus de 150 cas sont étudiés », a commenté le colonel Hubert Percie du Sert, coordinateur de la sous-direction de la police judiciaire de la gendarmerie. D’après lui, on dénombre « une vingtaine de cas d'oreilles coupées, auxquels s'ajoutent les faits de mutilations d'organes génitaux et de lacérations avec des objets tranchants ».

Un nombre d’enquêtes rapportés également par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Il précise d’ailleurs qu’environ 30 enquêtes concernent « des faits particulièrement graves » : mort des chevaux ou blessures d’une extrême gravité.

Le ministre demande aux propriétaires de chevaux de « ne pas se faire justice eux-mêmes ».
« Le drame dans le drame serait qu'un (...) propriétaire, pris par la peur, par la vengeance, ait envie de sortir son fusil, un arme, ou d'aller se battre avec une personne qu'il soupçonnerait d'être quelqu'un qui viendrait s'en prendre à ses chevaux », a-t-il déclaré.

Si les différents agresseurs sont difficiles à identifier, il en va de même pour leur motif. A l’heure actuelle, aucune raison, aucun message ou aucune revendication ne permet de comprendre ces actes cruels. Dans une note, datée fin juin, du service central du renseignement territorial français, on peut d’ailleurs lire : « Des questions se posent sur leurs auteurs et leurs réelles intentions : superstition, fétichisme, rituel satanique, sectaire ou autre ? »

Dans la nuit de samedi à dimanche encore, un cheval a été mutilé à Losne, en Côte d’Or. Suite au signalement d’intrus dans son pré par le propriétaire, une quarantaine de gendarmes et un hélicoptère ont été envoyé sur le terrain. Preuve qu’en France, la chose est prise très au sérieux.

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