Pourquoi Julian Assange est-il toujours en fuite ?

Assange a encore aujourd'hui énormément de soutien.
Assange a encore aujourd'hui énormément de soutien.
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Ce lundi, le procès britannique du fondateur de Wikileaks reprend pour plusieurs semaines. La justice du Royaume-Uni doit décider si le lanceur d’alerte doit être extradé aux Etats-Unis. Retour sur 10 ans de cavale et d’asile politique.

Ce lundi, c’est toute une autre rentrée qui s’est déroulée à Londres. C’est ce 7 septembre que reprenait le procès, ô combien médiatisé de Julien Assange, journaliste, « hacker » et grand défendeur de la transparence.

Il ne s’agit pas du procès lié aux documents confidentiels que l’Australien a publié sur le Net. Nous n’y sommes pas encore et l’homme aux cheveux platine est d’ailleurs en cavale depuis 10 ans pour y échapper. Aux Etats-Unis, il pourrait être condamné à plus de 175 ans de prison. 

L’affaire en cours au Royaume-Uni est justement lié à son extradition : est-ce que Julian Assange doit être renvoyé vers les Etats-Unis, ou non. Elle a été portée devant les tribunaux en février, pendant 5 jours, auxquels devaient s’ajouter trois semaines d’audience supplémentaires en mai. Jusqu’à ce que l’épidémie de coronavirus débarque et retarde le tout.

« C’est extrêmement long pour une audience d’extradition. La plupart durent une journée et les plus complexes entre 5 et 8 jours », avait souligné Ben Keith, un avocat britannique spécialiste de ces procédures, au Monde.

Retour en arrière

Pour comprendre ce qui nous amène à ce procès, il faut remonter un peu le temps. C’est en 2010, que Wikileaks, une ONG fondée par Assange avec l’intention de rendre publics des documents confidentiels, dévoile plus de 700.000 documents américains classés, portant notamment sur les guerres d’Irak et d’Afghanistan.

Avec l’aide de plusieurs journaux internationaux, Julian Assange fait donc éclater au grand jour différents scandales : crimes de guerre, comptes off-shore, détentions illégales, espionnage…

C’est d’ailleurs d’espionnage que la Maison Blanche l’accuse et c’est pour cela qu’il ne souhaite pas retourner outre-Atlantique de sitôt.

Suite à des accusations d’agressions sexuelles et de viol en Suède, partiellement non fondées, quelques mois seulement après les fuites de Wikileaks, la justice suédoise émet un mandat d’arrêt international à son encontre pour l’interroger fin novembre 2010.

Alors en Angleterre, Julian Assange est arrêté par la police, qui souhaite l’extrader vers la Suède. Une semaine après, il est à nouveau libre, mais en liberté surveillée, après que sa caution ait été payée par de nombreux soutiens, dont des célébrités. L’Australien fait ensuite appel de cette extradition, mais en mai 2012, la Justice rejette sa demande.

C’est alors qu’il va s’installer dans ce qui deviendra sa résidence pour plusieurs années : l’ambassade d’Equateur à Londres, pays auquel le lanceur d’alertes demande l’asile politique, qu’il obtient quelques mois plus tard. Fuyant ses procès, dont un en Angleterre, pour le non-respect des conditions de liberté surveillée, il y vivra 7 ans, dans un petit studio au sein de l’ambassade.

Durant ces années, le parquet suédois abandonne les poursuites, jugées trop longues, mais pas le Royaume-Uni. 

Trahi par ses hôtes

En mai 2017, un événement, à des milliers de kilomètres de Londres, va bousculer le quotidien de Julian Assange : l’élection d’un nouveau président en Equateur, Lenin Moreno. Bien que la nationalité équatorienne soit accordée à l’Australien en décembre 2017, le nouveau gouvernement n’apprécie pas l’homme qu’il accueille dans son ambassade et empêche d’ailleurs rapidement le réfugié politique de communiquer avec l’extérieur.

En avril 2019, Wikileaks publie des informations sur une affaire de corruption impliquant Moreno et sa famille. Quelques jours plus tard, Assange est déchu de la nationalité équatorienne et le 11 avril, il est arrêté par la police britannique.

Le fondateur de Wikileaks a été emmené dans la prison de haute-sécurité de Belmarsh, où il restera puisqu’il a été également condamné, en mai 2019 à 50 semaines de prison, pour ne pas avoir respecté les règles de sa liberté provisoire.

Le même mois, la justice américaine inculpe finalement Assange pour 18 chefs d’accusation, principalement pour Espionnage et demande au Royaume-Uni son extradition. 

C’est le procès qui a démarré début 2020 et qui reprend donc cette semaine. 
 

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