Une entreprise belge sur cinq risque de faire faillite

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Le patron des patrons belges, Pieter Timmermans, prédit une longue crise économique. Entre autres joyeusetés. Le pire serait devant nous.

Dans un long entretien au Soir, l'administrateur-délégué de la Fédération des entreprises belges (FEB) est revenu sur les indicateurs économiques d'une année particulière. Selon lui, « la vraie crise économique est devant nous et elle va durer longtemps ». Au vu des analyses faites par la FEB, une entreprise sur cinq risque la faillite. Sans les mesures d'aide d'urgence prises durant le confinement pour soutenir l'économie, ce chiffre serait monté à 40%.

Ce sont surtout les PME (Petites et moyennes entreprises avec entre 5 et 20 salariés) et les entreprises jeunes de moins de 4 ans qui risquent de succomber. Or, 300.000 personnes travaillent dans les PME. « Il y aura sans doute quelques grosses restructurations dont tout le monde va parler, mais surtout des milliers de petites entreprises qui vont tomber, explique-t-il. Ce sera ressenti de manière moins choquante, mais ne sera pas moins grave pour autant ».

 

Besoin d'un plan de relance

 

Les secteurs fragilisés sont connus : le tourisme, l’événementiel, la culture, l’horeca, mais aussi le commerce, le textile, l’ameublement et l’alimentation. C'est pourquoi il appelle à la formation d'un gouvernement pour que celui-ci propose un plan de relance solide le plus rapidement possible. Faute de gouvernement de plein exercice, la Belgique est en effet le seul Etat européen à ne toujours pas avoir établi de plan de relance économique !

La FEB, dit-il, n'est par ailleurs pas contre le fait de « rentrer dans la logique du Green Deal européen, car nous voulons des investissements productifs, qui vont bénéficier à notre économie à long terme ». Outre l'écologie, les autres piliers de la relance doivent selon M. Timmermans être l'économie, le social et le digital. « Il faut absolument distinguer le budget dédié aux investissements et celui dédié aux dépenses courantes ».

Retour à la croissance dans un an

Quant au comportement des particuliers, Pieter Timmermans note une perte de confiance des ménages. L'épargne a progressé de 12 à 20%, ce qui n'est pas une bonne chose pour l'économie. Enfin, il demande aux syndicats de ne pas miner la compétitivité des entreprises. « On ne va vraisemblablement pas revenir à un niveau acceptable de croissance économique avant la mi-2021, les faillites vont arriver, la hausse du chômage structurel, l’impact sur le pouvoir d’achat, une crise politique n'est pas totalement écartée. Bref, on risque de devoir gérer quatre crises en même temps ».

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