Enfin la perspective d'une reprise pour l'événementiel

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Le lendemain de la manifestation d'un secteur laissé pour compte, le Bourgmestre de la Ville de Bruxelles a laissé entendre que la vie culturelle allait reprendre complètement en novembre.

Philippe Close a semble-t-il entendu la colère du secteur événementiel. Organisateurs de concerts, de festivals et d'événements, collectifs, ingénieurs du son, comédiens, DJ's, costumiers, réalisateurs, photographes, régisseurs... Ils étaient environ 1.200 dimanche dans les rues de la capitale pour une manifestation tout ce qu'il y a de plus calme... Et légitime.

Depuis sept mois, le secteur de l'événementiel, des arts vivants et de la culture est à l'arrêt quasi complet. Sans aucune perspective de reprise. Le mépris affiché par les décideurs politique était tel qu'aux derniers conseils de sécurité nationale (CNS), « le secteur de la nuit n’a même pas été cité », expliquait dimanche Carl de Moncharline, co-organisateur de la manif. Or, ce sont plus de 100.000 personnes qui sont concernées par la culture, un secteur qui représente 6% du PIB national et fait office de vitrine touristique pour le pays à l'étranger. Sans événement culturel, que devient une ville ? Un trou noir. Cela, Philippe Close, Bourgmestre de la Ville de Bruxelles, l'a semble-t-il finalement compris.

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Ouverture à 100% à Bruxelles-Ville fin novembre

Dans un communiqué co-signé par Delphine Houba, Échevine de la Culture, du Tourisme et des Grands événements de la Ville, le Philippe Close, qui a ces derniers jours rencontré les acteurs du secteur événementiel, dit qu'il va autoriser ses lieux culturels (via des dérogations) à augmenter dès maintenant leur jauge (de 200 personnes à l'intérieur et 400 à l'extérieur octroyés fin août par le Fédéral) à un niveau d'occupation entre 50% et 70% dès maintenant avec le but affiché de retrouver des salles pleines en novembre.

« Le secteur culturel a été fort touché depuis le début de crise sanitaire, a déclaré Philippe Close. Un taux d'occupation entre 50 et 70% est déjà un pas dans le bon sens, mais nous continuerons à travailler pour augmenter cette capacité à 100% le plus rapidement possible ».

« Je ne veux plus un siège vide d'ici à la fin de l'année, a quant à elle expliqué Delphine Houba. C'est mon objectif et je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que ce soit le cas. Nous voulons toutes et tous une Ville qui déborde de culture, d'événements, de vie... Parce que les gens ont soif de culture, et parce qu'on veut les rassurer sur la situation: il est possible de vivre, d'aller à des spectacles, de profiter d'événements culturels, avec le virus. C'est pourquoi je soutiens à fond nos acteurs et nos lieux culturels pour qu'ils reviennent à une situation viable le plus rapidement possible. Nous travaillons depuis déjà des mois, aux côtés de nos acteurs, à cette rentrée culturelle. Il est essentiel de donner au secteur culturel une perspective positive, avec méthode et rationalité ».

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Quelles mesures de sécurité ?

Mais comment faire ? Il y aura bien entendu des règles de placement et le port du masque obligatoire, des mesures de prévention sont mises en place pour l'accueil du public, des réservations et collectes des coordonnées obligatoires, la mise en place de sens de circulation, des entrées anticipées en salle, un placement encadré par le personnel d'accueil, ventilation optimisée des salles, désinfection obligatoire des mains, du matériel et des infrastructures...

Pour mettre tout cela en place et assurer la sécurité des spectateurs, la Ville travaillera avec Nathan Clumeck, Professeur émérite en maladies infectieuses à l'ULB et au CHU Saint-Pierre, pour accompagner les acteurs de terrain. Les autres communes de la capitale et le reste du pays vont-ils suivre ?

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1.000 métiers de la culture à l'arrêt

Le secteur culturel est le plus touché par la crise sanitaire. Premier à fermer ses portes, dernier à les rouvrir. Plusieurs établissements ont déjà dû mettre la clé sous la porte (c'est le cas notamment du FFORMATT, club techno du centre-ville), d'autres ont profité de l'été pour faire des événements en plein air et ont pu compter sur leur public fidèle pour survivre sous respirateur artificiel. Et si certains établissements ont pu compter sur des aides structurelles, ce n'est pas le cas de tous et, surtout, ce n'est pas la panacée car, derrière, plus de 100.000 personnes représentant 1.000 métiers sont laissées sans perspective depuis sept mois. Ainsi, l'Ancienne Belgique a dû se séparer de 200 collaborateurs.

« Le secteur a besoin d'un baxter », nous disait Lorenzo Serra de la Fédération du secteur de la nuit bruxellois en août. « Nous demandons au politique de se positionner : 'Voulez-vous vraiment sauver le secteur de l'événementiel' ? » Alors que les CNS continuaient de passer sans donner aucun signe encourageant au secteur, Aqualibi et Pairi Daiza rouvraient leurs portes et les voyages en avion reprenaient en juin. « A un moment, il va falloir vivre avec le Covid », nous disait Lorenzo Serra. Comme un pied de nez, la manifestation de dimanche s'intitulait #stillalive. L'Etat et les Régions vont-ils maintenant suivre la voie de réouverture lancée par Bruxelles-Ville ?

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