Michel Lecomte fait ses adieux à la télévision "Il y a un temps pour tout et je suis fier de mon parcours"

Michel Lecomte @RTBF
Michel Lecomte @RTBF
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Cette fois c'est la der des der. Presque retraité – il quittera définitivement la RTBF en décembre - , Michel Lecomte fait ses adieux au petit écran dans une édition spéciale de La Tribune ce lundi sur Tipik (La Deux) à 20h35. Nous l'avons rencontré avant ce grand départ.

Comment vous sentez-vous quelques heures avant cette dernière prise d'antenne?
Je sais qu'il y aura forcément de l'émotion mais elle est légitime suite au chemin parcouru. Je suis aussi très curieux de voir ce que l'équipe m'aura réservé. Je sais qu'il y aura à la fois beaucoup de plaisir, de rires et que même si l'émotion provoque quelques larmes, elle sera bonne à prendre. Je suis heureux de pouvoir tourner la page à l'antenne. C'est quelque chose de bien. Et il n'y a aucun regret de ne pas continuer, c'est très clair dans ma tête et ça l'était déjà depuis un petit temps. Je me projette vers d'autre chose. Il y a un temps pour tout et je suis fier de mon parcours.

Vous laissez les clés de La Tribune à Benjamin Deceuninck qui va assurer l'émission en solo. Une évidence pour vous?
Oui, d'autant plus qu'il n'est jamais évident de créer un duo de présentateurs. Le nôtre a parfaitement fonctionné. Au fil des années, nous étions arrivés à créer avec Benjamin une complicité et une complémentarité. C'était lié à nos âges respectifs, à ma position de chef de rédaction qui me permettait d'intervenir et de laisser la place à Benjamin. Nous ne nous sommes marché sur les plates bandes. Enchaîner avec un nouveau duo n'aurait pas été une bonne idée. Benjamin fait bien de repartir seul dans un premier temps. Il a déjà présenté l'émission en solo, aux débuts de La Tribune. Bon vent a lui mais il a beaucoup de planches et son épaisseur journalistique, particulièrement dans le foot est assez incontestable.

Vous restez présent à la RTBF jusque fin décembre. Une manière d'assurer le passage de témoin en douceur?
Mardi, quand mon aventure télévisuelle sera clôturée, j'aurai un seul objectif, assurer le passage de témoin  avec mon successeur. L'enjeu sera de remettre l'équipe en phase par rapport aux objectifs qui l'attendent parmi lesquels le digital qui change les habitudes. Et aussi faire en sorte que la personne qui me succédera puisse commencer dans les meilleures conditions. Je vais absolument tout faire pour qu'il ou elle s'installe au mieux dans la positon du chef de rédaction.

Qui est le futur chef des sports de la RTBF?
Son nom sera dévoilé d'ici la fin du mois de septembre.

Quel héritage souhaitez vous léguer à vos successeurs?
J'espère leur léguer la volonté de travailler, quelque soit le support, avec l'esprit de la valeur ajoutée qu'on doit donner, avec la dimension humaine du sport. Et qu'ils continuent à prendre le recul nécessaire dans cette matière. Elle est divertissante, elle met en avant les valeurs humaines mais c'est une matière dans laquelle il y a aussi des dérives. Et il faut continuer à y être attentif. La RTBF n'a jamais cessé de faire du sport un produit de référence dans sa vitrine, un produit dans lequel elle a investi et où elle n'a jamais baissé son ambition. Aujourd'hui il faut garder allumée la lampe du service public, c'est à dire parler de tous les sports, être créatif, se remettre en question et faire preuve d'enthousiasme.  J'ai envie de laisser une télévision proche, dans laquelle les gens se reconnaissent. Il faudra insister sur la diversité dans tous les sens du terme et traiter du sport dans toutes ses composantes.  

Si la crise sanitaire ne s'était pas imposée, vous auriez du clôturer votre parcours avec l'Euro 2020 et les Jeux Olympiques. La déception n'est pas trop importante?
C'est vrai, ces événements «tombaient bien » dans mon calendrier personnel. Mais je suis quelqu’un  assez réaliste et j'ai du bon sens. Ce qui s’est passé à bouleversé tant de choses... Mon  parcours professionnel est suffisamment réussi pour que je prenne cela avec la propre distance eu égard à tout ce qu'il s'est passé. Ma vie n'a pas changé parce que je n'ai pas vécu ces événements. J'ai eu de la chance, mon parcours professionnel a été extrêmement rempli, diversifié et intéressant. Il a aussi été passionnant d'un point de vue journalistique et d'un point de vue management. Les bouleversements professionnels dus au Covid ne peuvent pas écorner ce tableau.  

Quel regard portez vous sur l'évolution du sport depuis vos débuts?
Il fédère toujours autant d'émotions et d'enthousiasmes, des moments dans lesquels on oublie ses dérives. Mais  la corruption, le dopage et toutes ces pratiques qui viennent ternir l'image du sport continuent à exister. Les journalistes ne doivent pas les oublier. Et ce n'est pas parce qu'on traite par exemple du football dans ce qu'il a de passionnant qu'on ne doit pas se donner les moyens de de faire des enquêtes parallèles.

Vous avez vécu de près le brusque départ de Roger Laboureur à la retraite. La votre, vous l'avez préparée?
Il y a une grande différence entre Roger et moi. Avec lui, les choses se sont faites dans la précipitation. Il n'a jamais imaginé qu'il devrait partir à ce moment-là et n'a pas eu le temps de se préparer. De mon côté, ce n'est pas le cas. Il est temps que je passe la main même si, ayant vécu suffisamment de choses différentes je pourrais être une personne ressource à certains moments. Mais je ne pars pas avec l'envie de remplir toutes mes journées. J'ai des projets, tant professionnels que privés mais il y a un temps pour tout.

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