Avec une prime vélo élargie, la Wallonie veut laisser la voiture au garage

@BelgaImage
@BelgaImage
Teaser

Le Conseil d’État a émis un avis positif sur le projet du ministre wallon de la Mobilité Philippe Henry de créer une aide financière aux achats de vélo. Une prime qui devrait être plus étendue que prévu.

Depuis le déconfinement, le vélo a la côte! La preuve: en juin dernier, une enquête de la VUB a noté une augmentation de 13% de l’usage de la bicyclette et en juillet, le SPF Mobilité est arrivé à la même conclusion. Pour surfer sur cette vague, le ministre wallon Philippe Henry (Écolo) a décidé de frapper un grand coup: créer une prime régionale de 100 à 400€ pour toute personne voulant acheter un vélo pour aller au travail. Aujourd’hui, il annonce dans le journal dominical 7Dimanche que le Conseil d’État a fini par donner un avis favorable à son projet. Un coup d’accélérateur pour un dossier qui s’est entretemps étoffé.

Une politique plus large pour bénéficier à tous

À l’origine, le but de Philippe Henry était surtout d’aider ceux qui voulaient acheter un vélo électrique pour faire le trajet maison-lieu de travail. Mais en cours de route, des éléments supplémentaires ont amené le ministre à revoir son plan, comme le précise son attachée de presse, Sandra Guily. «En prenant compte les remarques qui ont été faites à ce sujet, nous avons élargi cette politique. C’est par exemple comme cela que nous avons intégré les demandeurs d’emploi dans cette prime», explique-t-elle.

Mais ce n’est pas tout! Contrairement à ce qui est dit dans plusieurs médias, elle ajoute que la prime ne concernerait pas que les vélos électriques ou pliables mais aussi ceux normaux, «voire un kit d’adaptation électrique ou encore un vélo d’occasion tant que cela se fait chez un vélociste officiel». Quant aux entreprises, elles pourraient aussi demander la prime pour des vélos de service, et ce quel que soit le type d’employeur (une entreprise privée, une asbl, une collectivité, un centre culturel…). Enfin, pour les résidents wallons qui travailleraient en-dehors de la région, à Bruxelles par exemple, Sandra Guily confirme que ceux-ci pourraient eux aussi en bénéficier, toujours à condition d’avoir une attestation de l’employeur pour démontrer l’utilisation du vélo.

Suspense quant à la suite

Pour voir la couleur de cette aide, les Wallons vont toutefois devoir encore attendre un peu. Initialement, ils auraient dû en profiter dès cet été, avant que cela ne soit décalé pour la rentrée. Maintenant que le Conseil d’État s’est prononcé, il faudra encore plusieurs semaines pour que le gouvernement wallon se prononce définitivement sur cette affaire.

Pour l’instant, la décision de principe laisse imaginer un budget de quatre millions d’euros (trois millions pour les particuliers et un million pour les entreprises). Le ministre doit encore préciser les modalités et les mécanismes qui permettront de déterminer exactement la somme offerte pour chaque type d’achat. Il a néanmoins confirmé qu’il était toujours en faveur d’une procédure rétroactive permettant d’aider aussi les particuliers ayant acheté un vélo un peu avant la mise en place de cette politique. Selon La Libre, cela pourrait concerner les personnes ayant fait un achat après la date de l’arrêté, c’est-à-dire le 1er juillet. À confirmer.

L’objectif encore lointain d’une mobilité plus verte

Du côté du GRACQ (Groupe de Recherche et d'Action des Cyclistes Quotidiens), on se réjouit de savoir que le dossier avance. «Ce serait une décision qui irait dans le bon sens et cela ferait partie des coups de pouce qui aideraient à amener à l’achat d’un vélo. Si on va travailler un peu loin par exemple, on a besoin d’un bon vélo et cela coûte plus cher», commente Luc Goffinet, le porte-parole de l’association. «Maintenant, la prime, ce n’est qu’un élément. Cela ne suffira pas à mettre les gens à vélo. Il faudra que toute une politique se mette en place et beaucoup de temps pour aménager les routes wallonnes».

Il est vrai que pour l’instant, la Wallonie n’est pas vraiment un exemple en la matière. Le vélo représente ainsi qu’un tout petit pourcent du total des transports, de quoi faire rire les voisins hollandais. Mais du côté du gouvernement, on se veut optimiste. «En combinant la prime avec d’autres mesures comme le plan Ravel et l’appel à projets "Communes pilotes Wallonie Cyclable", on veut multiplier par cinq l’usage du vélo d’ici 2030», fait savoir Sandra Guily.

En fonction de la localité, d’autres aides existent

En attendant cette prime vélo wallonne, il est toujours possible de se tourner vers les autres niveaux de pouvoir qui ont parfois mis en place des politiques similaires. Les habitants du Brabant wallon sont par exemple particulièrement gâtés. Leur province leur offre déjà une prime vélo dans le cadre des trajets domicile-travail, ainsi que pour les séniors. Encore mieux: près de la moitié des communes wallonnes proposant une aide en la matière sont brabançonnes. En dehors de cette province, seules 12 communes font de même, dont Mons et Huy. La liste complète de ces localités se trouve sur le site de Mobilité Wallonie. Maintenant, est-ce que ces mesures déjà existantes seront combinables avec celle wallonne qui doit arriver? Sandra Guily se dit pour le moment dans l’incapacité de répondre.

Pendant ce temps-là, à Bruxelles, les personnes radiant leurs plaques d’immatriculation peuvent bénéficier de la prime Bruxell’Air, qui se concrétise soit par une prime vélo, soit par un abonnement MTB d’un an (sans compter un abonnement Cambio Start d’un an dans les deux cas). Si les Bruxellois détruisent en plus leurs véhicules, cette aide est doublée. Au niveau communal, comme le montre l’asbl Cyclo, une prime du même style existe enfin dans quelques localités: à Berchem-Sainte-Agathe, Ganshoren, Jette, Woluwe-Saint-Pierre et Uccle notamment.

Sur le même sujet

Plus de Actu

Notre Selection