Les protections anti-Covid inefficaces à mettre au placard

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Une étude de la Florida Atlantic University le confirme: porter une visière ou un masque à valve est une bien mauvaise idée pour lutter contre le Covid-19. L’occasion de faire le point sur ce qui marche ou pas pour se protéger du coronavirus.

Vous en avez sûrement déjà vu, et peut-être même porté. Depuis le début de la crise, les visières ont fleuri dans l’espace public, certes pas autant que les masques, mais elles ont leurs partisans. Parfois, certains ont même pu se croire en sécurité avec, sans ressentir le besoin de porter autre chose. Grosse erreur! Une étude publiée hier dans la revue américaine Physics of Fluids se veut très claire à ce sujet: la visière est inefficace pour bloquer la propagation du coronavirus, images à l’appui grâce à un test au rayon laser. Mais elle est loin d’être la seule protection incriminée.

La visière et les valves pointées du doigt

Comme le montrent les chercheurs de la Florida Atlantic University à l’aide d’un mannequin, la visière arrête bel et bien la projection de gouttelettes vers l’avant. Pour l’instant, pas de surprise. Le problème, c’est qu’évidemment, l’air peut passer par les côtés, et cela suffit amplement au coronavirus pour se répandre. Les scientifiques montrent même qu’une «grande zone» située à l’avant du mannequin reste exposée aux projections émises par voie orale. Autrement dit, une personne avec une visière peut tout à fait contaminer un congénère qui se trouverait face à elle.

Mais l’étude ne s’arrête pas là, puisqu’elle s’est aussi penchée sur une autre protection parfois utilisée: les masques à valve. Bien sûr, leur grand avantage est de fournir un air plus respirable. Mais là aussi, ce dispositif s’avère être une mauvaise idée puisqu’il filtre l’air que l’on inspire, pas celui que l’on expire. Cette protection ne permet donc en aucun cas d’éviter la propagation de virus. «Un grand nombre de gouttelettes non filtrées passent par la valve», rapportent ainsi les auteurs de l’étude.

Non au cache-col en laine polaire et au bandana!

Cela nous fait donc déjà deux mythes de moins, mais la liste ne s’arrête pas là. Début août, une expérience publiée par Science Advances a été menée pour évaluer l’efficacité des différents types de masques. Cela va du très professionnel FFP2 aux plus simples alternatives. Comme pour l’étude de la Florida Atlantic University, les chercheurs de l'université américaine de Duke ont ici utilisé un rayon laser pour capter les projections émises en parlant avec telle ou telle protection.

Premier constat: les scientifiques pointaient déjà l’inefficacité du masque avec valve, même s’il est noté comme étant un masque N95 (c’est-à-dire équivalent au FFP2). Mais il existe un objet qui fait même pire que si l’on ne portait rien : le cache-col, en laine polaire en l’occurrence. Les scientifiques ont remarqué que les microgouttelettes expulsées deviennent encore plus petites en passant au travers de celui-ci, probablement à cause du matériau. «Étant donné que les particules plus petites sont en suspension dans l'air plus longtemps que les grosses gouttelettes (qui tombent plus rapidement), l'utilisation d'un tel masque pourrait être contre-productive», notent les chercheurs. Enfin, une autre «protection» est à oublier définitivement: le bandana. Avec ce dernier, seulement la moitié des gouttelettes émises sont bloquées. Le reste permet amplement de contaminer d’autres personnes.

Vive les masques!

Après avoir pointé les mauvais élèves, l’étude de l’université de Duke permet enfin de savoir quel type de masque il vaut mieux porter. Si l’on ne peut pas faire pire que les exemples cités ci-dessus, il faut quand même noter que l’efficacité des masques reste variable. Comme on pouvait s’y attendre, les masques N95 (sans valve) sont les meilleurs avec une diminution de la transmission de gouttelettes de 99,9% par rapport à une situation sans masque. Autrement dit, si le risque zéro n’existe pas, il est quasiment inexistant avec ce type de protection.

Arrivent ensuite les masques chirurgicaux à trois couches. Ceux-ci ont une efficacité de plus de 90%, score tout à fait honorable. Les masques en polypropylène et coton/polypropylène suivent de près. Le bonnet d’âne revient aux masques faits maison en coton. Dans ce cas-là, le taux varie fortement, entre 70% et 90%. Si vous optez quand même pour cette option, il vaut mieux multiplier les couches et améliorer le plissage, pour en maximiser l’effet protecteur.

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