Covid-19: faut-il s’inquiéter du rebond en Espagne et en France?

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De part et d’autre des Pyrénées, le nombre de cas identifiés par jour est désormais aussi haut qu’au plus fort de la première vague. Une situation qu’il faut surveiller mais pas catastrophique.

Sur le Vieux Continent, ce sont désormais les principaux foyers épidémiques. L’Espagne et la France attirent l’attention de toute l’Europe et le fait qu’ils viennent d’atteindre un cap symbolique ne devrait pas changer la donne. L’Hexagone cumule désormais 7.379 nouveaux cas journaliers selon le bulletin sanitaire de ce samedi, soit à deux pas des 7.578 du 31 mars, au pire de la crise sanitaire. En Espagne, cela va même plus loin avec 9.779 cas hier contre 9.159 le 26 mars.

Il n’en faut pas plus pour que le spectre des épreuves du printemps n’assombrisse l’horizon. Dans la presse espagnole, le mot «rebond» laisse ainsi progressivement la place à l’expression «deuxième vague» pour qualifier la situation, symptôme d’une inquiétude toujours plus grande. Cette crainte pourrait être cela dit quelque peu exagérée.

Ne pas tout mélanger!

Car si aucun confinement comparable à celui de la première vague n’est prévu, ce n’est pas pour rien. On ne peut mettre sur le même plan les mois de mars et avril avec celui d’août. Pour Catherine Linard, géographe de la santé à l’UNamur, il n’est d’ailleurs pas question d’utiliser l’expression «deuxième vague» qui représente un terme beaucoup trop fort à ce stade. «Il faut rappeler que l’évolution constatée ne concerne que les cas positifs, or il s’agit d’une donnée dépendant fortement du testing. C’est pour cela qu’il n’est pas possible de comparer la situation actuelle avec le début de l’épidémie, lorsque les tests étaient centrés sur les cas graves», remarque-t-elle.

Pour les hospitalisations et les décès, en effet, les chiffres n’ont rien à voir avec ceux d’il y a cinq mois. Autant en France qu’en Espagne, on ne compte qu’environ 20 morts quotidiens dus au coronavirus. Et si le nombre d’hospitalisations remonte, là aussi, pas de quoi s’alarmer à excès.

Rester attentif, sans paniquer

S’il n’est question ni d’une deuxième vague, ni d’un réel dérapage épidémique, cela ne veut pas forcément dire non plus que tout va bien sous le soleil. Catherine Linard juge que la situation n’est pas dramatique, «mais ça peut le devenir si la tendance ne change pas». «Si on ne peut pas comparer ces jours-ci avec le mois de mars, on peut le faire avec les dernières semaines. Ce que l’on voit en France et en Espagne, c’est une augmentation des cas alors que la stratégie de testing est restée relativement stable dans ces pays en août. Si les comportements ne changent pas, cette courbe est appelée à augmenter. Tout va dépendre maintenant de la manière dont ces pays vont réagir», dit-elle.

Elle juge par exemple que la France pourrait tout à fait suivre le même scénario que la Belgique où les mesures ont permis une décrue récente du nombre de cas positifs. Il n’est donc pas dit que l’Hexagone apparaîtra totalement en orange et rouge d’ici peu, contrairement à l'Espagne.

La rentrée de tous les défis

La prudence reste donc de mise pour voir comment la situation évoluera des deux côtés des Pyrénées. Un élément risque toutefois de ne pas aider la France et l’Espagne dans leur tâche commune: la fin des congés. La rentrée de septembre, que ce soit à l’école ou dans les bureaux, sera l’occasion d’un nouveau brassage démographique qui pourrait avoir un effet indésirable sur l’épidémie. En Belgique, ce problème se posera beaucoup moins vu que le nombre de cas de Covid-19 est de nouveau assez faible, si ce n’est à Bruxelles. Mais plus au Sud, c’est compliqué. «Là-bas, la fin des vacances complique la donne et on risque d’avoir une recrudescence des cas avec la reprise de l’activité et le retour à l’école», juge Catherine Linard.

Cette dernière estime enfin que ce qui va être déterminant pour la suite, c’est le respect des mesures sanitaires. Mais en l’occurrence, il y a là une réelle source d’inquiétude. La presse française a par exemple relayé en début de semaine un sondage de la plateforme de recrutement par intérim Qapa selon lequel un quart des Français refuserait de porter un masque sur le lieu de travail. Preuve toutefois que la peur de la maladie a un impact : le cabinet d’études Elabe note que 74% de la population se dit inquiète de prendre les transports en commun à cause du Covid-19. Ce chiffre entre en résonance avec une autre donnée venu de Belgique: d’après le bureau d’analyse de données Bisnode, un Belge sur quatre veut changer de moyen de locomotion pour éviter le virus, en favorisant surtout le vélo.

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