Deux ans après, la « génération climat » maintient la pression

Luisa Neubauer, Greta Thunberg, Anuna De Wever et Adélaïde Charlier - Belga
Luisa Neubauer, Greta Thunberg, Anuna De Wever et Adélaïde Charlier - Belga
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Malgré le coronavirus, Greta Thunberg, Anuna De Wever et Adélaïde Charlier n'entendent pas baisser les bras. Elles ont soumis leurs revendications à Angela Merkel et vont relancer les grèves pour le climat le 25 septembre.

C'était il y a deux ans, le 20 août 2018, une jeune suédoise décidait de brosser les cours pour se poser devant le Parlement suédois à Stockholm au nom de la planète. Les grèves scolaires « Fridays for Future » étaient lancées. Greta Thunberg était bientôt suivie par toute l'Europe. En Belgique, Anuna De Wever en Flandre et Adélaïde Charlier en Wallonie prenaient le flambeau. Des millions de jeunes prenaient la rue. Leurs demandes : des mesures urgentes pour lutter contre le dérèglement climatique et assurer leur futur sur cette planète.

Deux ans plus tard, la crise du coronavirus a donné un coup au mouvement, mais celui-ci continue pourtant son combat. Les grèves se poursuivent en ligne, des conférences sont organisées sur internet, le mot continue de circuler et les revendications s'affirment. Dans une lettre ouverte au Guardian, les jeunes activistes ont interpellé les responsables politiques : « En deux ans, rien n'a été fait » pour sauver la planète. C'est ce qu'elles ont dit à Angela Merkel qui les a accueillies à Berlin.

Rencontre avec Angela Merkel

« Avec le Covid-19, le climat a été relégué au second plan alors que c’est la plus grande crise à laquelle l’humanité fait face, expliquait Adélaïde Charlier avant la rencontre. Nous voulons nous assurer que le climat reste la priorité d’Angela Merkel et que la relance ne marquera pas un retour à la normale ».

La chancelière allemande a reçu les quatre figures du mouvement (Greta Thunberg, Anuna De Wever, Adélaïde Charlier et l'Allemande Luisa Neubauer) pendant une heure et demie à Berlin en tant que présidente du Conseil de l'Union européenne (l'Allemagne assure le poste pour six mois). Elle a écouté leurs revendications précises (comme l'arrêt des subventions aux énergies fossiles, la reconnaissance du crime d'écocide,...), les a félicitées pour leurs actions et leur a intimé de continuer. Pour autant, elle n'a pas impressionné les adolescentes...

Anuna De Wever à l'agence Belga: « Dans l'ensemble, j'en garde un sentiment positif, même si j'aurais espéré que la chancelière soit plus habitée par la conscience de l'urgence, ce à quoi je m'attendais avec son expérience de physicienne. Elle n'a pas émis de promesses révolutionnaires (...) J'ai remarqué qu'elle était assez fière de ce que l'Europe accomplit, mais nous l'avons ensuite confrontée à ce qu'il fallait faire pour rester en dessous de deux degrés de réchauffement climatique. Nous sommes encore à des kilomètres de nos objectifs à cet égard. Il est clair que nous regardons la politique actuelle sous un angle différent ». En clair, il y a encore du chemin à faire pour se faire entendre...

Le chemin parcouru et celui qui reste à faire

Pourtant, en deux ans, la « génération climat » a déjà fait du chemin. Et des avancées ont eu lieu, au niveau de l'opinion publique et de l'agenda politique.

Greta Thunberg a réussi à mobiliser l'opinion publique et toute une jeunesse occidentale avec elle, qui est très alerte quant aux questions environnementales. Les trois journées de grève internationale pour le climat organisées en 2019 ont rameuté du monde, beaucoup de monde : 1,8 millions de personnes le 15 mars, 2 millions le 24 mai et 4 millions le 20 septembre. L'urgence climatique est désormais un sujet médiatique et politique qui est pris au sérieux. Un sujet mis à l'agenda politique. En effet, les jeunes activistes ne sont pas pour rien dans les bons résultats des partis écolos lors des dernières élections un peu partout en Europe et dans l'ambitieux plan Green Deal de la Commission européenne.

Il reste néanmoins à ce que des réponses politiques concrètes soient données. Et elles tardent à arriver. Selon elles, les élites politiques seraient d'ailleurs toujours dans « le déni » quant à l'urgence de la crise. C'est ce qui pousse Greta Thunberg & co à redoubler d'efforts pour se faire entendre et à relancer les journées de grève internationale. Malgré le coronavirus, malgré la crise économique qui s'annonce, car il y a urgence. La prochaine grève aura lieu le 25 septembre, en ligne et dans la rue, selon les territoires et la situation sanitaire. Mais pas question de lâcher la pression.

« Les changements nécessaires pour sauver l’humanité peuvent sembler très irréalistes. Mais il est beaucoup plus irréaliste de croire que notre société serait capable de survivre au réchauffement climatique que nous allons connaître, ainsi qu’aux autres conséquences écologiques désastreuses qui seront entraînées par le statu quo actuel » ont expliqué les activistes dans une lettre ouverte publiée par The Guardian. Pour elles, « la seule solution est de changer de système ».

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