Des chiens à la rescousse contre le Covid-19

Au Chili, un policier joue avec un chien en formation pour "renifler" le Covid-19 - AFP
Au Chili, un policier joue avec un chien en formation pour "renifler" le Covid-19 - AFP
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Le ministère de la Défense envisage d'utiliser des chiens pour détecter le nouveau coronavirus. Mais avec quelle efficacité?

Le meilleur ami de l'homme pourrait-il l'aider à traverser cette crise sanitaire? C'est en tout cas le pari de la Défense, qui songe à former des chiens pour repérer les malades du Covid-19. L'idée peut surprendre. Pourtant, nos compagnons à quatre pattes n'ont plus à prouver leurs talents de détection. Régulièrement utilisés par la police et les secours, ils peuvent dénicher des drogues, de l'argent, des explosifs ou encore des personnes ensevelies sous les décombres après des catastrophes. Pas étonnant que la science ait voulu profiter aussi de ce super-pouvoir. Les chiens sont également capables de détecter l'hypoglycémie chez les diabétiques, d'avertir les personnes qui sont sur le point de faire une crise d'épilepsie ou encore de détecter certains cancers. Alors pourquoi pas le Covid-19?

Le flair canin est légendaire. Avec 330 millions de capteurs olfactifs et une capacité à détecter des odeurs 50 fois meilleure que les humains, celui-ci pourrait s'avérer utile dans la lutte contre l'émergence de nouveaux foyers de contamination. L'explication est simple: le virus génère des changements dans le métabolisme, détectables dans la transpiration des malades. Pour le chien renifleur, après un entraînement de cinq à dix jours, le nouveau coronavirus ne représenterait qu'une « odeur » supplémentaire à assimiler.

Une meilleure performance

Cette piste envisagée par le ministère de la Défense n'est pas inédite. Elle fait déjà l'objet d'études scientifiques à l'étranger, comme aux Etats-Unis, en Angleterre, en Finlande ou encore en Allemagne, où les premiers résultats indiquent une fiabilité supérieure aux tests PCR. Même constat en France où, lors de la première phase d'une étude, les chiens entraînés ont trouvé les cas positifs sans se tromper dans 94% à 100% des cas et découvert des faux négatifs. En Belgique, une étude devrait également voir le jour, grâce notamment aux recherches des universités de Liège et de Gand.

Avantages et craintes

Outre son efficacité, cette méthode présente d'autres avantages. Grâce aux chiens, les dépistages du Covid-19 seraient moins chers, plus rapides et donc plus nombreux. « Si le virus mute, on pourrait réapprendre rapidement une nouvelle odeur aux chiens et donc réagir vite vu qu'on aurait déjà la méthodologie », souligne dans l'Avenir Hugues Guyot, professeur à la faculté de médecine vétérinaire ULiège. Les chiens renifleurs seraient également a priori capables de détecter le SARS-CoV-2 chez des personnes asymptomatiques.

Ces études sont préliminaires et n'ont pas encore été mises en pratique, a annoncé le porte-parole du centre interfédéral de crise, Steven Van Gucht ce lundi, avant de pointer le risque potentiel d'une telle technique. Les chiens pourraient être contaminés et transmettre ensuite le virus. « Ils ne sont pas aussi sensibles au virus que les chats, mais en principe, c'est possible », a expliqué le virologue. Pour réduire ce risque, l'animal n'est pas en contact direct avec l'humain et doit lui-même subir des tests régulièrement. « Pour l'instant, aucun chien renifleur n'a contracté le virus », ont confié début août deux chercheuses australiennes participant à une vaste étude française entamée en mars.

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