Qui veut la peau de Marc Van Ranst?

Marc Van Ranst est l'homme à abattre pour les anti-masques.
Marc Van Ranst est l'homme à abattre pour les anti-masques.
Teaser

Une manifestation demandant la démission du virologue de la KUL devrait avoir lieu ce dimanche prochain. Retour sur les raisons qui ont fait de ce scientifique une des figures médiatiques, parfois controversée, de cette crise sanitaire.

Dimanche prochain, une manifestation, plutôt surprenante, se déroulera à Bruxelles. Les contestataires ont une demande radicale : ils veulent la démission de Marc Van Ranst, virologue à la KUL, membre du « Risk Assessment Group » pour cette crise du Covid-19.

Derrière cette manif, on retrouve le site viruswaanzin.be, inspiré du site néerlandais du même nom. Il s’agit de personnes, groupée en asbl, qui tentent de montrer, « preuves » à l’appui, que la crise est mal gérée en Belgique, que les masques ne servent à rien, que les spécialistes mentent, etc. Bref, un site aux relents conspirationnistes dont les icônes sont, sans surprise, tous les « experts » allant à contre courant de l’opinion scientifique générale.

Fort heureusement, ils sont peu : environ 1.000 et 2.000 personnes lisent chaque article du site. Ces rebelles en ont marre des mesures de sécurité et demandent la liberté, le droit d’aller où ils veulent, quand ils veulent, voir leurs proches, etc. Mais pourquoi s’en prendre à Marc Van Ranst précisément ?

En retournant quelques mois en arrière, quelques pistes de réponses se dégagent.

Tout d’abord, le virologue est extrêmement médiatisé depuis le début de l’épidémie. Inconnu du grand public avant mars, il est rapidement devenu un des visages de cette période de crise, au même titre qu’Emmanuel André, par exemple. En Flandre, c’est vers lui que les médias se tournent immédiatement après toute annonce du Conseil National de Sécurité. Dès la fin du mois du mars, plusieurs sites dressent déjà son portrait.

S’il est aussi bon client des journaux et des plateaux télévisés, c’est aussi parce qu’il semble très à l’aise avec cet exercice, dans lequel s’exprime toujours clairement. Mais également parce que Marc Van Ranst n’a pas sa langue dans sa poche. Au contraire, il ne retient que rarement ses avis tranchés tant sur les mesures prises par le Fédéral ou le comportement des Belges face à l’épidémie. Il soutient souvent les mesures les plus strictes et lorsque certains de ses confrères essayent de voir la situation sous un angle positif, il fait souvent partie de ceux qui utilisent des mots qu’on n’aimerait ne pas entendre comme « deuxième vague ».

Militant politique

Mais une autre facette du virologue de la KUL joue beaucoup dans l’image qu’il renvoie, et surtout en Flandre. Lorsqu’il n’est pas interrogé par les médias sur l’état de la crise sanitaire, Marc Van Ranst tweete très souvent, sur des sujets de santé parfois, mais surtout ses opinions politiques. Certains le connaissaient d’ailleurs avant la crise grâce à cela.

Sur Twitter, il n’hésite pas à être très virulent à l’encontre de la NVA, du Vlaams Belang, des flamingants avec qui il a parfois des échanges hauts en couleur mais aussi face à ses détracteurs à la mauvaise orthographe, qu’il ne manque jamais de corriger.

Ses opinions, sanitaires et politiques, sont si médiatisées aujourd’hui, que le scientifique est placé sous surveillance policière depuis environ un mois « en raison de plans tangibles de l'extrême droite avec l'objectif de lui faire du tort ». A l’époque, il avait déclaré ne pas être surpris. « Je suis l'extrême droite depuis plus de 30 ans, et je sais que c'est beaucoup de paroles et peu d'actes. Mais à l'heure d'aujourd'hui, on n'est jamais assez prudent », avait-il commenté en ajoutant.  « La peur est mauvaise conseillère, mais heureusement, depuis ces dernières années, j'ai le cuir épais ».

Aujourd’hui, la manifestation demandant sa démission semble l’amuser. En réaction, il a indiqué sur Twitter que « pathétique avait désormais une nouvelle définition » et a également pointé, dans la description de l’événement… une faute d’orthographe.

Sur le même sujet

Plus de Actu

Notre Selection