"Samedi, j’peux pas, j’ai packraft”

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Fini les descentes surpeuplées. Cette discipline nous reconnecte à la nature en alliant randonnée et kayak. Trois kilos à transporter, dix minutes de gonflage et un plaisir inédit. 

Ça doit être ça, la liberté! Marcher, gonfler, ramer, ranger, repartir: tout se fait sans aide extérieure, presque naturellement. Le terme “packraft” vient de l’anglais “packable raft”, le “radeau emballable”. Trois kilos, c’est tout ce que pèse ce canot gonflable que l’on case sans encombre dans tout sac à dos pouvant contenir un cylindre d’à peu près 70 centimètres pour un diamètre de 30 centimètres ainsi que deux pagaies repliées. On sort le tout quand on veut naviguer, on le rentre quand on reprend la marche. Cette pratique a été développée il y a une quarantaine d’années par des aventuriers désireux de partir plusieurs jours en randonnée avec un bateau dans leur sac pour traverser les lacs et les rivières d’Alaska.

Nous nous contenterons de l’Ourthe… 

La Voye di messe n’a plus la même fonction qu’il y a quelques décennies, mais elle est toujours fort utile. Le lieu-dit est aujourd’hui un passage incontournable pour bon nombre de marcheurs qui démarrent leur périple du village de Nadrin, dans la commune d’Houffalize. Sur cette route, à plus de 300 mètres d’altitude, la vue est somptueuse sur la vallée de l’Ourthe, vers laquelle se poursuit notre chemin via le hameau de Filly puis une des forêts du Parc naturel des deux Ourthes. Après 5-6 kilomètres de descente, le sentier prend fin à la pointe de terre qui offre un superbe panorama sur la confluence des deux bras de l’Ourthe. Il est temps de sortir le packraft du sac. “C’est facile à gonfler, explique Luc Van Ouytsel, qui propose des locations et des initiations au packraft en activité complémentaire. Tout se fait à partir d’un sac en nylon que l’on visse sur une valve à l’arrière du bateau. On l’ouvre pour que l’air s’y engouffre, puis on referme, cela crée une grosse baudruche qu’on vide dans le kayak. Un système ingénieux qui ne prendra que cinq minutes aux non-initiés.

Confortable mais sensible

L’expérience est d’emblée différente de celle d’un kayak classique. Exit le plastique rugueux ou la fibre de verre, l’uréthane donne cette impression de matelas pneumatique. Il est donc très facile d’adopter plusieurs positions (assis, allongé, les pieds dans l’eau) pour prendre les commandes de l’embarcation. “Le packrafter est assez bas sur la rivière, ce qui place le point de gravité très bas et améliore la stabilité.” La principale difficulté revient toutefois à gérer la sensibilité du bateau. Plus léger qu’un kayak classique, il réagit au moindre coup de pagaie. Peu après notre point de départ, l’Ourthe forme l’envoûtant lac de Nisramont. Moins célèbre que ses homologues de la Gileppe, Roberville ou de l’Eau d’Heure, ce point d’eau vaut pourtant le coup d’oeil. “Il n’y a aucune habitation et les sports moteurs sont interdits parce que c’est une réserve d’eau potable. On a l’impression d’être seul au monde dans cette vallée constituée presque exclusivement de feuillus. Au mois d’octobre, la couleur des arbres donne l’impression d’être au Canada.” Si Luc Van Ouytsel nous a soufflé ce parcours, l’idée du packraft est surtout de laisser aux gens la liberté de tracer leur propre itinéraire, de monter leur aventure. “Ce bateau a l’incroyable avantage de permettre des boucles, reprend le Namurois. Contrairement au kayak classique pour lequel il faut prévoir de garer une voiture aux deux extrémités du parcours, le packraft permet de partir d’un point A en rando et d’y revenir par la rivière.” Le site Internet www.kayak.environnement.wallonie.be dispose d’une carte interactive renseignant le niveau d’eau et l’ouverture ou non des rivières wallonnes. Le packraft est adapté à tout enfant capable de faire un peu de randonnée. “Du printemps au mois d’octobre, aucun équipement particulier n’est requis. En hiver, il faut quand même un gilet de sauvetage, un bonnet, des gants et une sorte de K-way, la température étant moins agréable.” Pour l’heure, la traversée aquatique prend fin à hauteur du barrage de Nisramont. Cinq minutes plus tard, l’embarcation est dans le sac et les bottines aux pieds. Le sentier reprend ses droits.

Pour aller plus loin

Le site Pack and Raft. Luc Van Ouytsel propose des journées d’initiation encadrées (42 euros), mais il est tout à fait possible de louer un packraft (1 jour: 38 euros). À l’achat, le prix se situe entre 850 et 1.200 euros. www.packandraft.be - www.kayak.environnement.wallonie.be

La guinguette du coin. La taverne “Au vieux chêne” se situe en face de la place du village de Nadrin. Idéal pour déguster un menu du terroir ou une Chouffe. Rue de la Villa Romaine 4, 6660 Nadrin.

Le site Wallonia. Une seule adresse pour découvrir plus de lieux, plus de destinations et plus d’idées d’excursions en Wallonie. www.visitwallonia.be

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