77% de hausse des infections en Belgique: qu'est-ce que cela implique?

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Face à la résurgence de l'épidémie, l'inquiétude s'installe. A tort ou à raison ? Que disent vraiment les chiffres et à quoi doit-on s'attendre pour les semaines qui viennent ?

Tout d'abord, les faits. Le coronavirus circule de nouveau (trop) facilement dans notre pays. Les contaminations sont en hausse et, pour reprendre les mots de la Première ministre, « la tendance n'est pas bonne ». Cela implique-t-il une nouvelle crise sanitaire comme au printemps ? Un reconfinement et toutes les difficultés qui vont avec ? Pas forcément. Mais pour cela, il faut, effectivement, dès maintenant, être vigilant. Explications.

Les données

Cette semaine, Sciensano note une moyenne de 350 infections par jour. C'est une augmentation de 77% par rapport à la semaine dernière. Cela porte le nombre de Belges infectés actuellement à 67.335. Que signifient ces chiffres ?

Pour commencer, ce sont des données que nous n'avions pas en mars, lorsque le nombre de tests de dépistage était de 1.000 à peine. Aujourd'hui, on dépiste en moyenne 10.000 personnes par jour en Belgique. Même si on doit mieux cibler les personnes testées, c'est une avancée par rapport au début de l'épidémie.

Ensuite, il faut noter que si le nombre de personnes contaminées augmente sensiblement, le nombre d'admission à l'hôpital augmente lui, beaucoup plus légèrement. Il y a en moyenne près de 18 personnes hospitalisées par jour contre 9 il y a deux semaines. Augmentation claire, certes, mais (pour l'instant) maîtrisée. Quant à la mortalité, elle continue de baisser. La moyenne quotidienne est de 2,3 décès par jour.

Enfin, dernière donnée, les personnes hospitalisées aujourd'hui sont plus jeunes que celles de mars. Il y a un glissement de la moyenne d'âge des plus des 65 ans en mars aux moins de 50 ans aujourd'hui.

En résumé, la seule courbe qui augmente fortement aujourd'hui est la courbe des contaminations et elle concerne principalement des personnes de moins de 50 ans, voire de moins de 40 ans, donc, moins à même de développer une forme grave de la maladie. Est-ce à dire qu'il ne faut pas s'inquiéter de cette résurgence du virus ? Ce serait une erreur de penser ainsi car on le sait, une fois le virus lancé, il circule rapidement...

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Prendre en compte le décalage entre les courbes

Le problème qui s'est posé en mars et qui risque à nouveau de se poser cet été est de ne pas oublier de prendre en compte ce fameux temps d'incubation qui peut aller de quelques jours à plus d'une semaine. En clair, la courbe des hospitalisations suit d'une à deux semaines celle des contaminations. Et la courbe de mortalité risque ensuite de suivre d'une semaine.

Les contaminés d'aujourd'hui risquent donc d'être les hospitalisés de la semaine (ou de la quinzaine) prochaine... Pour éviter une augmentation sensible du taux d'hospitalisation et de mortalité d'ici deux à trois semaines, il est donc nécessaire d'être prudent aujourd'hui. D'où les mesures prises par le CNS ce lundi de réduire la bulle sociale et de porter le masque dans les endroits fort fréquentés. Sous peine de devoir revivre un confinement en août...

C'est ce qu'expliquait mercredi Emmanuel André sur le plateau de la RTBF, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il ne se voulait pas rassurant : « On sait que ce virus est capable de se déplacer avec les contacts. On sait également qu’on va avoir toute une série de vagues suite aux retours de vacances. Donc on s’attend à avoir un certain nombre de problèmes d’ici la fin de l’été. Il y aura ensuite la rentrée scolaire et tous les virus respiratoires de l’hiver. On s’apprête à vivre des semaines et des mois difficiles ».

Pour répondre à la question du titre : la hausse des contaminations, est-ce grave, docteur ? C'est en tout cas à prendre au sérieux.

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