Prendre l'avion avec 38° de fièvre ? C'est malheureusement possible

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À Brussels Airport, si après trois contrôles de température, vous avez toujours de la fièvre, vous serez soumis à un simple questionnaire avant qu'un médecin vous juge apte ou pas à prendre l'avion. Et depuis juin, beaucoup le sont...

De Standaard a jeté un pavé dans la mare en enquêtant à Brussels Airport sur les mesures prises contre le Covid-19. Selon Dirk Devroey, médecin et professeur à la VUB interrogé par le journal, elles sont « insuffisantes ».

Arrivé à l'aéroport, on prend votre température. Une fois, deux fois, trois fois. S'il s'avère que celle-ci perdure à 38° après trois contrôles, vous ne serez pas renvoyé chez vous ni mis en quarantaine. Vous serez amené à répondre à un questionnaire médical avec, comme types de questions : « Avez-vous été en contact au cours des deux dernières semaines avec une personne infectée par le Covid-19 ? », « Souffrez-vous de toux, d'essoufflement ou d'écoulement nasal ? ». Sur la base de ces réponses, un médecin sur place décidera si vous pouvez encore monter à bord de l'avion. Ainsi, si vous indiquez sur le questionnaire que vous ne souffrez d'aucun autre symptôme, il est possible que vous voyagiez avec une forte fièvre.

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« Au vu des chiffres actuels, avec 300 infections par jour, cette mesure est insuffisante », répond le professeur de la VUB, le médecin généraliste Devroey au Standaard qui ajoute : « Les chances que quelqu'un fasse de la fièvre pour des raisons autres que le coronavirus sont très faibles. C'est pourquoi une forte fièvre devrait être un signal en soi. Il est très facile d'éviter un tel questionnaire si vous voulez partir en voyage. Il n'est pas sûr de continuer à voyager en avion en ce moment ».

Selon les premiers chiffres analysés par Brussels Airport, du 15 juin au 15 juillet, 250.000 personnes sont parties de l'aéroport national. Parmi ceux-ci, 4.500 (soit 2%) avaient une fièvre supérieure à 38°. « Si nous ne mesurons qu'une fièvre, je crains que nous ne puissions pas détecter un très grand groupe de voyageurs infectés. Certainement pas s'ils reviennent de zones à haut risque », explique encore Dirk Devroey au Standaard qui prône d'éviter les voyages aériens, sinon, de porter des masques FFP2 et FFP3 en vol.

Tests et quarantaine ?

Si on compare avec les mesures prises chez nos voisins, dans les aéroports allemands, par exemple, ceux-ci exigent que les passagers revenant de zones à haut risque passent un test corona. Une décision prise par le ministère de la Santé. Du côté de Brussels Airport, ce n'est pas prévu. «Les mesures que nous prenons se font en concertation avec le SPF Santé publique, a dit la porte-parole de l'aéroport Nathalie Pierard au Standaard. Ils ne nous ont pas encore informés de la nécessité de tests obligatoires pour les rapatriés ».

Quant aux mesures concernant les personnes revenant en Belgique avec de la fièvre, s'ils reviennent de zones rouges, ils doivent être mis en quarantaine, sinon, seuls un masque buccal certifié et des recommandations d'aller consulter un médecin sont fournis à l'aéroport. « Il est de la responsabilité des voyageurs de suivre nos recommandations », dit Brussels Airport. Le mois dernier, une vingtaine de passagers sont rentrés en Belgique avec une forte fièvre.

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