Un début de saison touristique wallonne contrasté

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Selon l’Observatoire du tourisme wallon, plus de six opérateurs touristiques sur dix sont satisfaits de leurs taux de fréquentation en juillet. Un chiffre soulageant en plein rebond de la pandémie mais qui cache de grandes disparités.

C’était la grande question lors du déconfinement. Est-ce que les Belges allaient soutenir le tourisme local? Selon les  premières données de l’Observatoire du tourisme wallon, il semble que ce soit le cas. La clientèle touristique du sud du pays est donc majoritairement composée de Flamands, suivis des Wallons qui restent fidèles à leur région. Ce n’est qu’à moindre échelle que l’on trouve des Néerlandais, des Bruxellois puis des Français. Grâce à ce soutien belgo-belge, 65% des opérateurs touristiques s’estiment satisfaits de leur taux de fréquentation entre le 1er et le 21 juillet.

La crainte d’une saison complètement gâchée par le coronavirus semble donc de l’histoire ancienne… à première vue. Car si on regarde aux détails, il y a clairement des gagnants et des perdants au sein de l’industrie touristique.

Le bon air de la campagne et des Ardennes

Du côté des bonnes nouvelles, l’Observatoire du tourisme wallon note que le taux d’occupation moyen des hébergements a été de 72,7%, de quoi satisfaire 69% des opérateurs. Autre point positif: 24% des opérateurs touristiques ont vu leurs réservations augmenter pour août. La responsable de l’organisme, Véronique Cosse, se dit prudente quant à la représentativité de ces chiffres puisque le nombre de répondants est plus faible que d’habitude, avec une marge d’erreur de 7,2%. Mais globalement, l’été 2020 lui semble loin d’être catastrophique. «Il y a des opérateurs qui sont submergés. Les attractions font le plein et fonctionnent très bien. Pour les gîtes, nous avons constaté que la situation était généralement bonne», note-elle.

Le secteur des hébergements de terroir tire en effet son épingle du jeu dans ce contexte de crise sanitaire. Les affaires marchent particulièrement pour les gîtes ruraux et citadins, tout comme pour les gîtes et chambres d’hôtes à la ferme. Du côté des hôtels, le président de la Fédération Horeca Wallonie, Thierry Neyens, note également que certains sont très prisés. «Cela va très bien dans des régions comme celles de Bouillon, La Roche et Durbuy. Dans les sites à forte connotation touristique, il y a presque une saturation», remarque-t-il.

Vers un ciel plus gris?

Jusqu’ici, tout semble donc aller pour le mieux. Mais à côté de ce tableau réjouissant, la vie est bien moins rose. Thierry Neyens pointe ainsi plusieurs grands perdants de la pandémie: «les clignotants sont plutôt alarmistes dans l’hôtellerie citadine à Liège, Namur et Charleroi. Nombreuses sont les personnes qui, de peur du Covid-19, cherchent à partir dans des lieux avec moins d’affluence. De plus, les hôtels qui dépendent des aéroports, de l’événementiel (mariages, festivals, compétitions sportives) et du tourisme d’affaire souffrent plus». Pour les gîtes, il y a un phénomène similaire. Véronique Cosse précise ainsi que les gîtes de grande capacité pâtissent beaucoup plus du contexte de distanciation sociale que les autres.

Ces constatations étaient attendues car logiques au vu des conséquences connues du Covid-19. Mais même pour ceux qui s’en sortent bien, l’heure n’est pas forcément au soulagement. La crainte d’une deuxième vague se fait chaque jour plus forte et si elle venait à se concrétiser, ce serait tout simplement catastrophique pour le secteur. «Jusqu’à présent, oui tout semble aller plutôt bien, mais tout peut basculer d’ici une semaine ou 15 jours. On ne sait pas. C’est vraiment compliqué de prédire au vu de l’épidémie. On ne saura vraiment si ça a bien été ou pas qu’à la fin de l’été. C’est la grande inconnue depuis des mois», s’inquiète Véronique Cosse. Cette crainte traverse tout le milieu touristique, et ce n’est pas Thierry Neyens qui dirait autre chose : «avec l’épidémie, la situation peut changer très rapidement», confirme-t-il en espérant que le calme actuel perdure le plus longtemps possible.

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