L'étrange boom de la chirurgie esthétique post-confinement

- BELGA IMAGE/Costas Baltas
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Les chirurgiens esthétiques constatent une hausse de la demande depuis l'allégement des mesures face à la pandémie. Pourquoi?

Une chose est sûre: le coronavirus n'a pas tué la pression liée aux codes de beauté. Aux quatre coins du monde, depuis la réouverture des cliniques, la chirurgie esthétique est en plein boom. À une époque où le port du masque est recommandé (voire obligatoire), et les contacts sociaux encore limités, le phénomène peut paraître étrange. Qu'est-ce qui poussent tous ces gens à passer sur le billard? Du Japon aux États-Unis, en passant par le Royaume-Uni et l'Australie, les professionnels sont formels: c'est l'effet Zoom.

« Zoom-Face Envy »

Pendant le confinement, les citoyens se sont vus sous un nouvel angle: leur caméra frontale. Que ce soit en visioconférence avec leurs collègues ou lors d'e-peros entre amis, les télétravailleurs ont passé des heures devant un écran, face à leur reflet parfois peu flatteur. Malgré une résolution de piètre qualité, ils ont pu remarquer le moindre défaut: de nouvelles rides autour des yeux, le nez trop bombé, les lèvres trop fines, un menton légèrement fuyant ou encore la poitrine jugée tombante parce qu'elle n'était pas assez dans le cadre de la vidéo...

« Le fait que les gens utilisent plus que jamais des caméras a certainement stimulé les demandes de procédures cosmétiques », a expliqué au Times Gerard Lambe, porte-parole de l'association britannique des chirurgiens esthétiques et plastiques. Dr Myles Holt, directeur de l'Académie australasienne d'esthétique dento-faciale, a d'ailleurs appelé cette tendance « Zoom-Face Envy », née parce que « de nombreux Australiens ne sont pas satisfaits par ce qu'ils voient sur leurs écrans et veulent améliorer leur apparence avant de retourner sur leur lieu de travail ou de reprendre une vie sociale », écrivait le chirurgien déjà en mai. À Melbourne, certains praticiens ont constaté une augmentation de 300% de demandes pour des rhinoplasties par rapport à la même période l'an dernier, de 200% pour les chirurgies de paupières, voire même de 70% pour les procédures dentaires.

Plus de temps, moins de déplacements

Pour les chirurgiens, le temps d'écran n'est pas la seule raison qui pourrait justifier ce boom. La fermeture des frontières a contraint certains intéressés à envisager des procédures dans leur pays, plutôt qu'en Afrique du Nord, en Europe de l'Est ou en Asie où les traitements proposés sont moins chers. Destination prisée pour le tourisme cosmétique, la Corée du Sud a toutefois noté une hausse de clients locaux et instauré la consultation en ligne pour les étrangers, avant de pouvoir les accueillir sur son territoire.

La pandémie a également donné plus de temps pour réfléchir et faire des recherches. Après le passage à l'acte, la période de convalescence se passe désormais à la maison, évitant certains regards désapprobateurs et des moqueries potentielles. À l'extérieur, la solution est littéralement sous nos yeux depuis le début du déconfinement. Autrement utile, le masque permet de cacher cette bouche encore gonflée ou ce nez bleuté sans éveiller aucun soupçon.

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