L214 parodie les pubs de Lidl pour dénoncer l'élevage intensif des poulets

Allô patron? Ils sont mal... - Capture d'écran YouTube/L214
Allô patron? Ils sont mal... - Capture d'écran YouTube/L214
Teaser

Connue pour ses vidéos choc dévoilant les coulisses des abattoirs et des élevages, l'association L214 s'attaque désormais à Lidl et dénonce les conditions d'élevage des poulets vendus dans ses magasins.

Avec sa nouvelle campagne, L214 a encore frappé fort. Dans une série de clips parodiques et incisifs, l'association de défense des animaux dénonce les conditions d’élevage et d’abattage des poulets commercialisés par Lidl. Elle détourne ainsi les publicités de l'enseigne « On est mal patron » qui mettent en scène l'employé d’un concurrent s’infiltrant en magasin pour recueillir des informations. Cette fois, le salarié ne vante pas le choix et la fraîcheur de la marque, mais raconte comment « au moins 20.000 » poulets sont « entassés les uns sur les autres » dans un hangar, sans accès à l'extérieur. « C'est pas beau à voir. » Le spot dévoile ensuite les images de cet élevage intensif et la souffrance des animaux. « Le vrai prix des choses n'est pas toujours avouable », conclut L214, revisitant le célèbre slogan de Lidl.

Les autres vidéos font la fausse promotion de mangeoires, crochets d’abattoir et ventilateurs de la gamme « Chicken Nightmare », parodiant les outils de bricolage « Parkside » de l'enseigne.

Lidl s'engage (peu)

L'association est passée à l'action après « un an d’échanges infructueux » avec Lidl. Dans un communiqué publié vendredi dernier, soit avant la publication des vidéos, le distributeur mis au courant a voulu anticiper les critiques en annonçant son engagement pour l'European Chicken Commitment (ECC). Cette charte vise à améliorer les conditions d’élevage des animaux et mettre en place de meilleures pratiques d’abattage. Lidl émet toutefois des réserves. Tout en affirmant faire du bien-être animal « une priorité », la marque juge deux mesures phares de cette initiative « difficilement envisageables voire inatteignables » d'ici 2026: la réduction de la densité dans les bâtiments et l’arrêt de l'utilisation de poulets à croissance rapide. Plusieurs grandes enseignes concurrentes, dont Carrefour, Intermarché ou encore Auchan, ont déjà pourtant signé cette charte, prenant un engagement ferme et sans équivoque.

Dans sa communication, Lidl ignore par ailleurs un élément crucial pour l'association antispéciste: garantir une part minimale de poulet issu d'élevage en plein air. « À ce jour, il est évident que la souffrance des animaux n’est pas un sujet prioritaire pour Lidl, et nous espérons que le groupe redressera la barre en s’engageant fermement à exclure les pires pratiques d’élevage et d’abattage, et en incluant au minimum 20 % d’approvisionnements en élevages plein air », a répondu Brigitte Gothière, porte-parole de L214. L'association estime d'ailleurs que les deux objectifs désavoués par Lidl « ne demandent aucun investissement matériel et sont, au contraire, immédiatement applicables ».

Pétition en ligne

En parallèle des vidéos parodiques, L214 a lancé des actions de rue dans plusieurs villes de France, une campagne d’affichage reprenant les codes de la marque, ainsi qu'une pétition en ligne adressée à Lidl.

tract de l214 contre les pratiques de Lidl

En braquant les projecteurs sur les pratiques de Lidl, l'association dénonce surtout celles de la filière avicole dans son ensemble. En France, 800 millions de poulets sont élevés et abattus chaque année pour leur chair et 83% d'entre eux proviennent d'élevages intensifs, dénonce-t-elle dans un rapport. En Belgique, c'est même pire. Selon Gaia, ce chiffre s'élève à 300 millions de poulets par an, dont plus de 90% proviennent d'élevages intensifs.

Sur le même sujet

Plus de Actu