Larmes, avortement et longs silences: le premier meeting chaotique de Kanye West

Kanye West en 2019 - BELGA IMAGE/Angela Weiss
Kanye West en 2019 - BELGA IMAGE/Angela Weiss
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Candidat surprise à la présidentielle américaine, Kanye West a tenu son premier meeting de campagne ce dimanche. Un événement chaotique et particulièrement inquiétant.

La campagne de Kanye West est officiellement lancée. Après l'annonce inattendue de sa candidature à l'élection présidentielle du 3 novembre prochain, le rappeur américain a organisé son premier meeting ce dimanche, à North Charleston, en Caroline du Sud. Et le résultat est plutôt déconcertant. Vêtu d'un gilet pare-balle, l'adversaire de Donald Trump et de Joe Biden a prononcé un discours totalement décousu, provoquant l'inquiétude de ses fans quant à sa santé mentale. « J'espère simplement que Kanye va bien », a réagi le rappeur JPEGMafia sur Twitter, alors que Yeezy souffre de troubles bipolaires.

No applause

Sans micro et avec « 2020 » rasé sur sa tête, Kanye West a demandé à plusieurs reprises le silence total, interdisant même à son public d'applaudir. Durant ce meeting qui a duré environ une heure, l'interprète de « Jesus is King » a évoqué sa foi en Dieu, lancé des propositions politiques impulsives et fait des déclarations qui ont fait fuir certaines personnes présentes. « Harriet Tubman n'a jamais vraiment libéré les esclaves. Elle a juste fait travailler les esclaves pour d'autres Blancs », a-t-il notamment lancé à propos de la célèbre abolitionniste américaine. Ce n'est pas la première fois qu'il choque avec des propos sur l'esclavage. En 2018, l'ex-supporter de Donald Trump avait déclaré: « On entend parler de l'esclavage qui a duré 400 ans. Pendant 400 ans? Ça ressemble à un choix. »

Mais c'est un autre passage de son discours qui a marqué les esprits, au sujet cette fois de l'avortement. Le père de quatre enfants a expliqué que sa femme Kim Kardashian et lui avaient hésité à y avoir recours pour leur première fille, North, et que son propre père aurait voulu qu’il ne naisse pas. « Mon père voulait que ma mère avorte de moi. Ma mère m'a sauvé la vie. Il n'y aurait pas eu de Kanye West parce que mon père était trop occupé », a-t-il déclaré avant de fondre en larmes. Et de crier: « J'ai failli tuer ma fille! »  

Le milliardaire de 43 ans a toutefois précisé qu'il ne s'oppose pas à la procédure. D'après lui, l'avortement doit rester légal, mais des aides financières doivent être données aux femmes qui ont des enfants. « Toute personne qui a un bébé reçoit un million de dollars », a-t-il lancé au sujet de cette compensation « maximale », sans dire pour autant d'où proviendrait l'argent.

Un avenir politique incertain

Détesté autant qu'adulé, Kanye West a annoncé sa candidature surprise le 4 juillet dernier, laissant les électeurs perplexes quant à ses intentions. Est-ce une véritable ambition politique, un coup marketing ou une nouvelle crise? Le doute persiste, et l'inquiétude pour sa santé mentale est montée d'un cran après le meeting de ce dimanche.

Peut-il vraiment devenir président des Etats-Unis? Après un magnat de l'immobilier, star de la télé-réalité, tout semble possible au pays de l'Oncle Sam. Mais rien que d'un point de vue technique, sa course à la Maison Blanche semble toutefois compromise. Le rappeur a en effet dépassé la date limite pour figurer sur la liste officielle des candidats dans plusieurs Etats, mais il est parvenu à s'inscrire sur celle de l'Oklahoma.

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