La 5G arrive en Belgique... Faut-il s'en inquiéter ?

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Le feu vert a été octroyé à cinq opérateurs pour développer un service 5G de manière provisoire.

L’Institut belge des services postaux et des télécommunications (IBPT) vient d’octroyer des droits d’exploitation provisoires d’une partie de la bande de fréquences radioélectriques aux cinq opérateurs qui en avaient fait la demande (Proximus, Telenet, Orange, Cegeka et Entropia) pour développer un service 5G. Il faudra encore patienter pour les licences définitives, à défaut d'accord au niveau politique des Communautés, mais qu'on le veuille ou non, la 5G arrive. Faut-il s'en inquiéter ?

La 5G, c'est quoi ?

La 5e génération des standards de la téléphonie mobile est un réseau dont les débits sont plus rapides, plus réactifs, jusqu'à dix fois supérieur à ceux de la 4G. Concrètement, il faudra attendre dix fois moins longtemps pour télécharger un fichier. Concrètement, cette densité de débit permettra de connecter simultanément dix fois plus d'objets sur un même réseau, et donc de développer des véhicules autonomes, de piloter des robots chirurgiens à distance, de faire des traductions en simultané, de développer des villes intelligentes (smart cities) ou tout est connecté.

La 5G repose sur des signaux transportés par des ondes radiofréquences comme la télédiffusion, la radiodiffusion ou la téléphonie mobile déjà existante. Dans un premier temps, elle nous exposera à des ondes auxquelles nous sommes déjà exposés. Et puis, vers 2025, à des fréquences plus élevées autour de 26 GHz. Des ondes beaucoup plus puissantes, mais qui seront aussi plus courtes (plus facilement barrées par des immeubles ou des arbres). D'où la nécessité de déployer des antennes en ville pour permettre la transmission.

Le déploiement a commencé aux Etats-Unis, et la Corée du Sud a annoncé en avril la couverture de tout son territoire. En Europe, la Suisse, la Finlande, l'Estonie et Monaco font partie des premiers pays à avoir commencé à déployer la 5G. L'Allemagne a attribué aux opérateurs les fréquences nécessaires et la France fera bientôt de même. En clair, la Belgique est à la traîne, notamment parce qu'il existe des craintes quant au déploiement de ces antennes.

Effets sanitaires de la 5G

L'exposition accrue aux ondes fait craindre des effets sur la santé. Selon l'OMS, « malgré de nombreuses recherches, rien n'indique pour l'instant que l'exposition à des champs électromagnétiques de faible intensité soit dangereuse pour la santé humaine ».

Certes, mais plusieurs ONG craignent surtout des effets à long terme, comme le développement de tumeurs au cerveau à force d'être sans cesse exposé aux radiofréquences. Or, l'Agence de sécurité sanitaire française Anses, qui a publié en 2013 une évaluation des risques liés aux radiofréquences, n'exclut pas « une possible augmentation du risque de tumeur cérébrale, sur le long terme, pour les utilisateurs intensifs de téléphones portables ». Risques qui, par ailleurs, existent déjà avec la 4G. La multiplication des antennes ne devrait donc pas augmenter ces risques. Selon certains experts, les antennes permettront même de réduire ces risques en réduisant la puissance de transmission et le temps d'exposition.

Effets biologiques de la 5G

Selon l'OMS, « le principal effet biologique des champs électromagnétiques de radiofréquence est de nature thermique », c'est-à-dire l'augmentation de la température des zones exposées. C'est pourquoi des seuils de puissance sont imposés aux portables. A noter que les effets biologiques ne sont pas des effets sanitaires. Les effets biologiques sont simplement le signe que le corps s'adapte aux variations de son environnement. Est-ce pour autant une chose neutre ? Le stress, par exemple, est un effet biologique... La question est de savoir si les effets biologiques dépassent la capacité d'adaptation du corps.

Effets sociétaux de la 5G

Les principales craintes liées à la 5G se trouvent peut-être dans le monde que celle-ci va façonner. A savoir une société toujours plus connectée, qui va toujours plus vite et nous pousse, presque malgré nous, à rester coller à notre smartphone pour un oui ou pour un non sans plus savoir comment déconnecter. Au-delà de la question des ondes, les ONG opposées à la 5G craignent ainsi qu'elle nous fasse basculer dans un monde hyperconnecté qui devienne « hors de contrôle ». Là dessus, des études sont attendues. Mais les résultats arriveront sans doute après la 5G.

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