Toujours un très haut niveau de stress chez les indépendants belges

Malgré la reprise, le stress est toujours bien présent.
Malgré la reprise, le stress est toujours bien présent.
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Malgré la reprise du travail, beaucoup d’indépendants belges sont encore très stressés pour leur activité professionnelle. La Région wallonne lance même ce mercredi une ligne de prévention suicide spécifique.

Ce fut un des sujets les plus discutés pendant ce confinement : le sort des indépendants. De la construction à l’Horeca, en Belgique, ils sont plus d’un million à être leur propre patron, et beaucoup d’entre eux ont dû cesser toute activité. Comment allaient-ils traverser cette période sans revenus ? Leurs entreprises allaient-elles résister ? Pas question pour eux de profiter du chômage… Des aides ont d’ailleurs rapidement été annoncées pour leur venir en aide.

Il aurait été naturel de se dire que, depuis qu’ils ont pu reprendre un rythme de travail plus ou moins normal, cette partie importante des travailleurs belges revit. Or, pas tellement. À en croire une enquête du Syndicat Neutre des Indépendants, entre 50 et 60% des indépendants déclarent être stressés en ce moment. Soit plus de la moitié, alors qu’avant la crise ce n’était le cas que d’un indépendant sur 10. « Deux tiers des indépendants se disent mal entourés sur le plan professionnel. Ils pointent du doigt la lenteur et les lourdeurs administratives, les primes parfois difficiles à obtenir qui, pour certains, ne sont pas encore arrivées », a expliqué Olivier Maüen, chargé de communication du SNI, au groupe Sudpresse.

Du côté du guichet d’entreprises Acerta, on annonce une hausse également. Selon leur baromètre, 72% des indépendants débutants, qui se sont mis à travailler à leur propre compte depuis peu, disent désormais souffrir de stress, contre environ 1 sur 2 avant la crise du Covid-19.

« Il est logique que de nombreux indépendants souffrent de stress en ces temps incertains. Toutefois, ce pic particulièrement élevé de stress est inquiétant. C’est pourquoi nous tentons d’accompagner au maximum les indépendants dans la relance et un retour à la normale », a commenté Nadine Morren, directrice Service à la Clientèle chez Acerta, dans un communiqué.

Les causes de tout ce stress : la fatigue, le découragement et l’angoisse d’après le SNI, dont l’enquête précise que la moitié des entrepreneurs pensent qu’ils seront moins stressés une fois que leur chiffre d’affaire aura repris son niveau habituel.

 

Une ligne de prévention

Heureusement, toujours dans le baromètre Acerta, on découvre que bien que la situation puisse être difficile à gérer émotionnellement, plus de 60% des indépendants débutants, ou » starters », ne craignent pas la faillite. Un sur cinq a tout de même déclaré que son activité pourrait être fortement, ou très fortement, menacée.

Ce pourcentage élevé de jeunes entrepreneurs rassurés est dû notamment à l’Etat, puisque pour 21% d’entre-eux, c’est grâce aux mesures de soutien qu’ils sont toujours actifs aujourd’hui.

Le monde politique belge reste néanmoins très inquiet pour le sort de ce million d’auto-entrepreneurs. Demain mercredi 15 juillet, la Région wallonne lance une ligne prévention suicide spécialement consacrée aux indépendants en détresse.

« Le sentiment d'insécurité financière et l'angoisse augmentent. La ligne d'urgence sociale, ouverte via le 1718, depuis le début du confinement a relevé que 30 % des appels reçus étaient passés par des indépendants. Certains d'entre eux peuvent même se retrouver en situation de détresse, se sentant plongés dans les abîmes du non-retour », détaille la Région dans un communiqué.

En cas de besoin, les indépendants pourront trouver une oreille attentive auprès de psychologues au 0800/300.25.

La Wallonie va également établir un réseau de sentinelles, spécialisées en prévention du suicide. « Sur base volontaire, ces sentinelles font office de lanceurs d'alerte et préviendront, avec l'accord de la personne concernée, le service compétent. »

A noter que les juges des tribunaux de l'entreprise et des chambres du commerce, les comptables, le Syndicat Neutre des Indépendants, l'Union des Classes Moyennes et les banques seront formés à reconnaître des signaux de détresse chez les entrepreneurs, afin de pouvoir jouer ce rôle.

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