Port du masque obligatoire : pourquoi maintenant ?

Dès demain, c'est masque pour tout le monde ! ©Belga
Dès demain, c'est masque pour tout le monde ! ©Belga
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Surprise ! Dès demain, le port du masque devient obligatoire dans bon nombre de lieux publics. Si le moment peut étonner, pour Yves Van Laethem, il n’a « rien d’aberrant » et est même plutôt bien choisi.


La rumeur courait depuis quelques jours : on ne pourrait bientôt plus se rendre dans un lieu public sans avoir le nez et la bouche couverts. Avec un Conseil National de Sécurité prévu mercredi prochain, cela semblait probable. Et ce jeudi, surprise : à partir du samedi 11 juillet, les masques sont à nouveau obligatoires dans les magasins, les cinémas, les musées, les bibliothèques, etc.

Pourtant, cela fait des semaines, voire des mois, que de nombreux spécialistes insistent sur l’importance du port du masque.

Pourquoi le rendre obligatoire maintenant, plusieurs mois après le début de la crise, et sans prévenir ?

« Au début, il y avait des discussions entre spécialistes. Certains étaient pour, d’autres contre. Même l’Organisation mondiale de la Santé n’était pas pour », rappelle Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19 et infectiologue au CHU Saint Pierre. « Mais début juin, l’OMS change d’avis, en se basant sur de nouvelles études, et recommande dans le port du masque dans la cadre de la maitrise d’épidémie, comme celle de ce coronavirus. »

Un retournement qui a fait changer d’avis beaucoup de spécialistes. « Mais au sein du GEES (Groupe d’Experts chargé de « l’Exit Strategy » ou stratégie de déconfinement), le port du masque obligatoire ne faisait toujours pas l’unanimité et n’a donc pas emporté la conviction lors du CNS fin juin. »

Depuis, le GEES, tout comme le Conseil Supérieur de la Santé et d’autres académies, sont désormais tous d’accord sur ce point. Mais pourquoi ne pas avoir attendu le CNS du 15 juillet ? « Pour ça, je suis aussi surpris que vous », répond l’infectiologue.

Le nombre de cas ne diminue plus

Mais selon Yves Van Laethem, rendre le masque obligatoire dans les lieux publics mi-juillet, et pas avant, n’a « rien d’aberrant ». « Pour l’instant, en Belgique, on plafonne à environs nouveaux 80 cas par jour. On ne diminue plus. Ce n’est pas catastrophique, mais on n’est pas à 10. Par exemple, à Pékin, qui fait le double de la Belgique en terme d’habitants, avant de reconfiner certains coins, ils étaient à 0 cas pendant deux mois. »

On remarque également beaucoup plus de laisser-aller et cette nouvelle mesure va pouvoir renverser cela. « On remarque que les jeunes, entre 20 et 40 ans environ, portent de moins en moins le masque. Et ils l’avouent dans les sondages, les enquêtes, etc. Et aujourd’hui, ce sont eux les premiers infectés, même s’ils n’en souffrent guère. Mais des papiers et des études démontrent que 40% des porteurs du virus sont asymptomatiques, mais jouent vraiment un rôle dans sa propagation.»

Mais pour le porte-parole, l’argument économique doit aussi être pris en compte : les soldes arrivent à grands pas. « On espère pour les commerçants qu’ils auront un peu de monde dans leurs magasins. Et même si le nombre de clients est réduit, même si la file se tiendra en extérieur, il y aura plus de monde devant les vitrines et autour des tringles. »

The Mask, blockbuster de l’été

Enfin, même si cette mesure est toute fraiche et pas encore d’application, certains s’en plaignent malheureusement déjà et se demandent s’ils devront garder un masque durant tout un film au cinéma, tout un spectacle ou autre.

« On ne va pas empêcher les gens de manger ou de boire évidemment », conclut Yves Van Laethem. « On devrait d’ailleurs aussi obliger le port du masque au restaurant jusqu’à la table, même si personne ne le fait plus. Mais oui, lorsqu’on est dans un milieu confiné, un magasin, une salle de cinéma ou autre, si on n’a pas besoin de sa bouche pour autre chose que parler et respirer, on n’est pas censé enlever son masque. »

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