Darmanin et Dupond-Moretti, ministres en France : « un violeur à l’Intérieur, un complice à la Justice »

Deux nominations qui font polémique. ©MAXPPP/ABACAPRESS
Deux nominations qui font polémique. ©MAXPPP/ABACAPRESS
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Alors que le président Macron avait déclaré que l’égalité entre les femmes et les hommes « était la grande cause de son quinquennat », la nomination de deux nouveaux ministres, l’un accusé de viol et l’autre très virulent à l’encontre des féministes, est difficile à accepter pour de nombreux Français.

« Ce n’est pas un combat des femmes pour les femmes, c’est un combat pour l’humanité, pour notre dignité à toutes et tous contre la violence, l’injustice, contre l’indifférence. […] Ce combat, je le mène ici en France contre la réalité insupportable des féminicides, contre le harcèlement, le sexisme, les discriminations… […] Ce combat, je le mènerai jusqu’au bout dans notre pays. […] L’égalité entre les femmes et les hommes est la grande cause de mon quinquennat. »

Il s’agit là d’extraits du discours diffusé par le président Emmanuel Macron, le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Il en profitait pour donner rendez-vous aux Français, le mardi 7 juillet, aujourd’hui donc, « au Forum Génération Egalité, pour défendre par les actes les droits des femmes partout dans le monde ».

Mais ce 7 juillet, ce forum, annulé par la crise sanitaire, n’a pas lieu. Et c’est un tout autre événement qui a lieu à Paris : l’installation des nouveaux ministres du gouvernement Castex.

Parmi eux, deux personnes dont la nomination est difficile à conjuguer avec le discours présidentiel de mars et fait grincer les dents de beaucoup de gens.

Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur. ©MAXPPP

Accusé de viol

Le premier, c’est Gérald Darmanin. Il était le ministre de l’Action et des Comptes Publics pour Edouard Philippe. Mais il y a quelques semaines seulement, la cour d’appel de Paris a ordonné la reprise des investigations à son encontre pour viol, harcèlement sexuel et abus de confiance, commis en 2009.

L’affaire avait été classée sans suite et la plaignante avait demandé au juge d’instruction de relancer les investigations. Mais ce dernier avait prononcé un non-lieu.

Après un recours en appel jugé hors délai, la Cour de cassation a ordonné en novembre à la Chambre de l’instruction de réexaminer l’appel de Sophie Patterson-Spatz, chargée de mission au service des affaires juridiques de l’UMP à l’époque des faits.

Après ce nouvel épisode dans ce dossier, beaucoup de Français s’attendaient à ce que Gérald Darmanin ne fasse plus partie du gouvernement. Mais au contraire, il a été nommé à un poste bien plus important qu’avant : ministre de l’Intérieur, le chef de la police donc. Et d’après l’entourage du président Macron, la plainte « n’a pas fait obstacle » à sa nomination.

Eric Dupond-Moretti, ministre de la Justice. ©ABACAPRESS

Anti #MeToo

La seconde, c’est l’avocat Eric Dupond-Moretti, nommé ministre de la Justice. Personnalité publique et même récemment homme de scène, il s’est fait connaître pour avoir obtenu un très grande nombre d’acquittements dans sa carrière et avoir défendu les accusés dans des affaires très médiatisées, comme Jérome Kerviel, Bernard Tapie, Karim Benzema ou Patrick Balkany.

Mais si sa nomination déplait, c’est parce qu’il a également été très vocal à l’encontre du mouvement #MeToo et #BalanceTonPorc en tenant des propos qui avaient suscité de vives réactions, notamment durant le procès de l’ancien ministre Georges Tron, qu’il défendait, accusé de viols et d’agressions sexuelles. « C'est bien beau que la parole des femmes se libère, mais vous préparez un curieux mode de vie aux générations futures », avait-il notamment déclaré ou encore « Que siffler une femme devienne une infraction pénale, c’est ahurissant ».

« Une formidable claque »

Ces deux nominations choquent de nombreuses et nombreux féministes sur les réseaux sociaux, figures publiques ou simples citoyens.

C’eqt « une formidable claque qu'Emmanuel Macron lance au visage de toutes celles et ceux qui se sont mobilisés contre les violences sexuelles et sexistes », a notamment commenté la sénatrice PS Laurence Rossignol à Franceinfo.

Ce mardi matin déjà, s’il fallait encore un signe que ces deux choix posent problèmes à beaucoup de citoyens, alors que Christophe Castaner passait le relais à Gérald Darmanin, une manifestation féministe s’est déroulée devant le ministère de l’Intérieur.

« Un violeur à l’Intérieur, un complice à la Justice », claimaient les contestataires.

 

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