Yann Arthus-Bertrand : le monde spectacle

Yann Arthus-Bertrand @PhotoNews
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Premier grand rendez-vous de l’été d’après-lockdown, l’exposition Legacy aligne les plus belles images de celui qui a photographié La Terre vue du ciel. L’occasion d’aller faire un tour à Mons qui n’attend que ça…

À 74 ans, Yann Arthus-Bertrand, belle gueule de l’écologie grand public, reste un homme volubile, rapide, sympa, et à tu et à toi. “Tout ce qu’on fait pour réduire les émissions de CO2 ne sera efficace que dans vingt ans, dit-il. Si tu n’as pas compris ça, tu n’as pas compris dans quel truc on est parti…” D’accord. Ce  truc dans lequel “on serait parti” - cette angoisse d’un monde maltraité - est au centre de la grande expo en deux lieux qui ouvre cette semaine à Mons - dans le parc du Beffroi et dans la salle Saint-Georges. Une expo best of - “toutes les photos importantes que j’ai faites, l’histoire d’une vie” - mais aussi le premier vrai rendez-vous culturel d’après-confinement.

Cette expo c'est “Toutes les photos importantes que j’ai faites, l’histoire d’une vie

- Yann Arthus-Bertrand

@Yann Arthus-Bertrand

Auteur de La Terre vue du ciel, best-seller inattendu (4 millions d’exemplaires envolés) et repère du passage à l’an 2000, Yann Arthus-Bertrand a popularisé une esthétique de carte postale qui a fait résonner des thèmes jusque-là débattus par les écologistes purs et durs. “Le livre a eu beaucoup de succès, explique-t-il, parce qu’on avait décidé avec l’éditeur - Hervé de La Martinière - de faire un livre pas cher. C’est un livre témoin du nouveau siècle qui a été porté par l’expo de rue - rue Médicis à Paris - qui a vu défiler deux millions de personnes. L’expo a fait une énorme publicité au  bouquin. C’est une époque où on sentait une grosse envie de connaissance de la part du public…

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Souvent placé devant des contradictions qui sautent aux yeux, il incarne une écologie de boomers qui se sont parfois trompés de chemin. Critiqué pour son utilisation de moyens de transport polluants (avions, hélicos), qui lui ont facilité ses vues aériennes spectaculaires qui ont fait sa griffe, il fait amende honorable. “J’ai arrêté de voler, je fais beaucoup de photos avec des drones”, dit-il. Il est le premier versant d’un combat entamé il y a longtemps, sorte de grand-père baba de Greta Thunberg à qui il reconnaît toutes les qualités et à qui il demande pardon pour ces milliers de litres de kérosène avalés. “C’est mon idole, avoue-t-il. Elle a réussi à faire bouger les foules comme personne n’a réussi à le faire. Quand je la vois, j’ai un peu honte, je me sens culpabilisé - j’ai beaucoup pris l’avion - même si j’ai arrêté et même si, avant, on partait loin sans penser faire du mal.”   

Mais en vingt ans, il n’y a pas que les discours qui ont changé, il y a aussi les technologies. On ne photographie plus la Terre comme avant. “Aujourd’hui, avec un iPhone, on est tous un peu photographes. Le marché de la photo a complètement changé: avant nous appelions des magazines pour aller photographier Venise pendant 3 jours, aujourd’hui, vous tapez Venise sur Internet... Un bien pour l’humanité, un mal pour les photographes professionnels. Je compte d’ailleurs monter une galerie associative où les photographes pourront vendre leurs photos…

Du Salon de l’agriculture à Paris aux rituels des bords du Gange, de la fabrication des tapis à Marrakech aux phénomènes géothermiques du Wyoming, les images de Yann Arthus-Bertrand transpirent cette bonne volonté de raconter le théâtre du monde à travers ceux qui y vivent et parfois le subissent. “On vit dans une société où on ne travaille pas assez les valeurs essentielles que sont l’empathie, l’honnêteté, la bienveillance, la conscience amoureuse du monde,  conclut-il. Être écolo, c’est aussi aimer les gens.

Festival religieux de la Kumbh Mela Allahabad
Uttar Pradesh, Inde

© Y.Arthus-Bertrand

Sur les rives du Gange, le pèlerinage religieux de la Kumbh Mela est le point de rencontre de millions de fidèles de l’hindouisme. Le rendez-vous est fixé à partir d’un calendrier astral et des positions respectives du Soleil, de la Lune et de Jupiter. C’est le plus grand rassemblement humain du monde qui voit se croiser jusqu’à 6 millions de pèlerins sur des ponts flottants provisoires. L’eau du Gange a le pouvoir de purifier et de laver les péchés.

Source chaude du Grand Prismatic
Wyoming, États-Unis

© Y.Arthus-Bertrand

Geysers, fumerolles, sources chaudes... Le Parc national de Yellowstone exhibe les plus beaux phénomènes géothermiques du monde. Exemple, ce Prismatic dont les    couleurs résultent de la profondeur centrale de l’eau et de la présence d’algues microscopiques dont la croissance dans l’eau chaude diffère en fonction de la température.

Femme pêchant au filet

District de Khulna, Bangladesh
Yann Arthus Bertrand

Le poisson qu’il faut pêcher soi-même est une des sources de protéines d’origine animale au Bangladesh. Malgré une politique qui s’est attaquée à la pauvreté, le pays reste handicapé par  la malnutrition qui, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, touche 40 millions de personnes.

LEGACY - YANN ARTHUS-BERTRAND, du 4/7 au 25/10. Beffroi et salle Saint-Georges, 7000 Mons. www.beffroi.mons.be

 

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