Les cinémas enfin déconfinés

Le public est de retour au cinéma - IGOR PLINER
Le public est de retour au cinéma - IGOR PLINER
Teaser

Après trois mois de fermeture, les cinémas rouvrent leurs portes. Reportage à Bruxelles sur le retour dans les salles obscures.

Cela faisait trois mois et demi. Depuis ce fameux 13 mars, les cinémas étaient restés portes closes. Cette réouverture des salles obscures avait donc une saveur particulière, alors que l'été commence sous les averses. En ce mercredi après-midi, à Bruxelles, le ciel est gris, mais il ne rompt pas. C'est vraiment un temps pour aller au cinéma !

Dans les salles du haut de la ville, la reprise se fait en douceur. Quelques personnes venant en famille, avec enfants et/ou petites enfants pour voir Aladdin ou Choum. Au Vendôme ou à l'UGC, ce n'est pas la grande foule, mais ça fait du bien de revoir un peu de monde et de reprendre en douceur. Et puis, traditionnellement, il en a toujours été ainsi. On n'est finalement pas loin d'un mercredi d'été habituel, où quelques personnes profitent de se perdre dans les salles obscures, presque comme si une pandémie n'était pas passée par là...

Pourtant, les signes sont là, des mesures sanitaires ont été prises : marques sur le sol pour garder 1,50 mètre de distance, du gel hydroalcoolique à disposition du public, port du masque pour le personnel (pas obligé pour les clients) et dans les salles, on vous invite à garder une rangée sur deux de libre et 1,50 mètre entre les « bulles » de cinéphiles. La jauge maximale de remplissage des salles est laissée à l’appréciation des exploitants, beaucoup tablant sur un taux de un tiers de la capacité d'accueil.

Kinograph - IGOR PLINER

Retour à la normale

Si l'après-midi était calme, les cinéphiles étaient plus nombreux en soirée. La ministre de la Culture de la FWB Bénédicte Linard avait choisi le Kinograph, cinéma coopératif installé sur le site des anciennes casernes d'Ixelles, dans le cadre de l'occupation transitoire See U, pour marquer le coup de la reprise. Entre une guinguette sur le site et un verre de l'amitié avant la séance, les gens se retrouvent, tranquillement. Le public est nombreux, mais discipliné, personne ne se marche sur les pieds, l'air est au laisser-aller paisible, à la fraîche, comme un soir d'été.

Dans la salle qui est presque à moitié remplie (180 personnes pour une capacité de 400 - « On a dû refuser des gens », nous dit le coordinateur du Kinograph Thibaut Quirynen), la ministre s'étend sur la joie d'un « retour à la normale » au niveau des projections, mais aussi des tournages. Elle salue la créativité des acteurs du 7e Art durant ces mois de confinement, prenant l'exemple du ciné des confinés proposé par le Kinograph (soit des extraits de films projetés sur les murs de la cité) et l'initiative « J'peux pas, j'ai cinéma » qu'a lancé le Centre du cinéma et de l'audiovisuel pour promouvoir la réouverture des salles. Soit des séances à un euro dans plusieurs salles d'art et d'essai de la FWB.

Le film de la soirée, justement, répond à ces critères. Il s'agit d'un film colombien, Monos, d'Alejandro Landes, petit ovni tout en tension et dérèglement des sens qui rappelle que le cinéma est avant tout une expérience qui se partage dans une salle obscure et sur grand écran. Marre de la VOD ? Les portes d'un cinéma près de chez vous sont grande ouvertes.

La ministre de la Culture de la FWB Bénédicte Linard - IGOR PLISNER

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