« Loin d’être finie », la pandémie « s’accélère », selon l’OMS

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La barre des 500 000 morts dans le monde vient d’être franchie. En Belgique, les indicateurs restent pour l’instant encourageants.

« Nous voulons tous que tout cela se termine. Nous voulons tous reprendre nos vies. Mais la dure réalité est que c’est loin d’être fini », a mis en garde lundi Tedros Adhanom Ghebreyesus. C’est qu’avec la levée progressive du confinement en Europe, on l’oublierait presque : la planète n’est pas débarrassée du Covid-19. Que du contraire, « la pandémie s’accélère » a jugé le directeur général de l’OMS. Elle vient en effet de passer un cap symbolique : celui des dix millions de cas recensés et celui des 500.000 morts dus au coronavirus dans le monde (502 000 morts selon un dernier recensement lundi). Une progression qui s’est accélérée dernièrement, et qui inquiète. « Il a fallu plus de trois mois pour que le premier million de cas soit signalé, le dernier million de cas a été signalé en seulement huit jours » notait la semaine passée l’OMS.

C’est avant tout sur le continent américain que la pandémie enfle. Pays le plus touché au monde avec près de 126.000 décès pour 2,6 millions de cas, les États-Unis ont enregistré plus de 42.000 nouvelles infections ces dernières 24 heures. Bien installé en Amérique du Sud, le coronavirus a notamment fait plus de 58.000 morts au Brésil, deuxième pays le plus gravement touché au monde. Mexique, Chili, Pérou ou Colombie : ces pays sont également dans une courbe épidémique ascendante. Si l’Afrique reste encore globalement épargné (on y compte à ce jour 380.000 cas confirmés et un peu moins de 10.000 morts), certains pays sont plus localement touchés, comme l’Afrique du Sud (presque qu’un tiers des cas à elle seule) ou l’Égypte.

Même chose en Asie, où la pandémie est maintenant contenue, à l’exception de certains foyers encore vivaces, en Inde, au Pakistan ou en Iran. Pour éviter une seconde vague épidémique, la Chine n’a pas hésité à se re-confiner partiellement ; à la mi-juin, Pékin a ainsi dû faire marche arrière et réinstaurer des mesures sanitaires plus sévères dans plusieurs quartiers, après que plusieurs dizaines de nouveaux cas de contamination s’y soient à nouveau déclarés.

Contrôler les nouveaux foyers

L’Europe, elle, respire à nouveau. À l’image de la Chine, le Vieux Continent affronte des petits foyers de nouveaux cas, qui éclosent ici et là à mesure que le déconfinement progresse. La France compte ainsi 250 de ces fameux « clusters » à traiter. Le Portugal ou l’Allemagne ont dû re-confiner localement, après l’apparition de nouveaux foyers.

Chez nous, l’évolution des indicateurs de l’épidémie est encourageante. En moyenne, on a recensé 82 nouveaux cas par jour la semaine passée, soit une baisse de 13% par rapport aux moyennes de la semaine précédente. De quoi exclure l'hypothèse d'un re-confinement. « Pour le moment, il n’y a aucune raison de revenir à un confinement, sauf si une vraiment grosse vague survenait, mais ce n’est pas du tout le cas. C’est vraiment très peu probable. S’il revient [le coronavirus ndlr] en force à l’automne ou en hiver, on réévaluera la situation » a expliqué à La Libre Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus.

En cas de nouveau foyer, la piste d’un confinement partiel et localisé pourrait aussi être envisagée : « Cela ressemblerait à ce qu’on voit dans d’autres pays qui ont dû faire face à un rebond du virus. Un groupe de travail planche dessus et un rapport sera publié durant le mois de juillet. Ce qu’on peut dire, c’est qu’il faut s’attendre à ce qu’il y ait tout d’un coup une série de mesures localisées pour un certain nombre de choses, comme de rendre le port du masque obligatoire dans les magasins dans les zones en question et éventuellement interdire les rassemblements ou les manifestations générales ».

De la clarté

Imposable en cas de re-confinement partiel, le port du masque n’est pour l’instant pas obligatoire, bien que « très fortement » recommandé dans l’espace public. Un signal pas assez fort pour plusieurs spécialistes, qui s’inquiètent d’un relâchement de l’adhésion de la population aux gestes barrières. Pour Erika Vlieghe, c’est clair : rendre le port du masque obligatoire permettrait de « mieux conscientiser la population » et aurait « l’avantage de la clarté », a jugé sur la VRT la présidente du groupe d'experts en charge de la stratégie de déconfinement (GEES). Même son de cloche pour Marc Van Ranst, pour qui « recommander fortement ne fonctionne pas. Qui va payer ses impôts si cela est ‘fortement recommandé’ ? » se demandait le virologue.

Sur Twitter, Emmanuel André s’est lui aussi positionné en faveur du port du masque : « chers amis, l’utilisation responsable des masques n’est pas un débat politique : c’est une nécessité absolue, surtout en ces temps de calme transitoire. Le COVID est transmis par voie aérienne et est évité grâce au port d’un masque. La prévention doit se faire maintenant. Après, il sera trop tard ». Interrogée dimanche par la VRT sur les rassemblements récents de jeunes faisant la fête,  Maggie De Block (Open-VLD), ministre fédérale de la Santé, a laissé entendre que l’idée n’était pas définitivement écartée d’imposer le port du masque dans les magasins.

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