Priorité aux piétons à Bruxelles, Namur ou Mons avec la « zone de rencontre »

Un exemple de signalisation, à Mons.
Un exemple de signalisation, à Mons.
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Le confinement a poussé de grandes villes à offrir plus de place aux piétons en établissant des zones de rencontre dans leurs centres villes. Les marcheurs sont prioritaires aux voitures, qui ne peuvent dépasser les 20km/h.

Bien qu’elle ait été une épreuve pour beaucoup, la période de confinement liée à la crise sanitaire a tout de même eu quelques bons côtés. Elle a notamment permis à certaines communes d’innover en matière de mobilité, notamment grâce à « la zone de rencontre ».

Inscrit au code de la route, cet espace donne priorité aux piétons et modes de déplacement doux. La voiture y est donc totalement secondaire et ne peut dépasser les 20km/h. Si cela fait longtemps que ce type de voirie existe, la nouveauté est dans leurs tailles. Souvent, une zone de rencontre se limite à une ou l’autre rue.

Pour favoriser la distanciation sociale, plusieurs villes ont décidé de faire passer leur centre-ville, ou une partie de celui-ci, en zone de rencontre. Effectivement, avec plus d’espace consacré aux piétons, le mètre 50 de vigueur est plus facilement respecté.

Mons est la dernière en date à vouloir en faire l’expérience. Toute le centre-ville, la zone intramuros, est désormais zone de rencontre depuis une semaine et le restera jusqu’à la fin du mois d’août. « Au-delà de la vitesse, l’idée est de permettre à chacun d’occuper et de partager le public », a expliqué l’échevine de la mobilité Charlotte De Jaer à la RTBF. « On n’exclut personne, mais chacun doit faire attention aux autres, c’est pourquoi on diminue la vitesse tant pour les voitures que pour les vélos. »

Une toute nouvelle signalisation est en train d’être mise en place et des aménagements sont prévus pour ralentir le trafic. « L’idée est de créer des effets de chicane pour ralentir la circulation. Dans le centre, nous avons la chance d’avoir un effet ralentisseur : les pavés. Pour accélérer dans la rue d’Havré, il faut être très très courageux… Et puis ce qui fera ralentir, c’est cet effet des terrasses, des gens qui traversent… »

Jusqu’en 2021 pour Namur

Du côté de la capitale wallonne, on a décidé d’être un peu plus radical. Le centre-ville de Namur, ou la Corbeille, est devenue une zone de rencontre début mai et devait le rester jusqu’à la fin août, comme à Mons. Mais lors du dernier conseil communal, l’échevine de la Mobilité, Stéphanie Scailquin, a annoncé que le Collège avait décidé de prolonger l’expérience jusqu’à août 2021, en soulignant que cet espace « vise à améliorer la convivialité en améliorant aussi la qualité de l’air et, au final, notre qualité de vie à toutes et tous » et que si l’expérience s’avère concluante, des aménagements définitifs pouvaient être envisagés.

Symbole s’il en fallait un, les passages cloutés ont déjà presque tous disparus… Les piétons peuvent traverser où ils veulent.

Quelques points à corriger dans la capitale

Et à peu près au même moment, c’est le cœur de Bruxelles, le Pentagone délimité par la Petite Ceinture, qui devenait également une immense zone de rencontre, dans un souci de faciliter la distanciation. La Ville a d’ailleurs précisé que celle-ci pourrait être prolongée si l’expérience s’avérait concluante.

Interrogé par l’Echo, Benoit Godart, porte-parole de VIAS, commentait il y a quelques jours « que le but de transformer certaines voiries en espace partagé par les piétons était moins atteint ces derniers jours qu’en plein confinement » et qu’il faudrait dès lors « peut-être laisser certains tronçons en zone de rencontre alors que d’autres s’y prêtent moins ».

Il a également donné ses recommandations pour une zone de rencontre efficace : elle doit être « bien visible, avec un effet de porte, du mobilier urbain ». Dans ce cas, « l’automobiliste n’aura pas d’excuses pour ne respecter les règles ». Il conseille aussi éviter les longues voiries, droites et plates, de viser des zones où il a un flux de piétons importants et assurer une visibilité optimale pour tous les usagers. « Soulignons que la zone de rencontre bruxelloise a été décidée en urgence, notamment à cause des files sur les trottoirs », conclut l’expert en mobilité.

De son côté, la Ville de Bruxelles a annoncé qu’aménagements et modifications sont prévus pour cet été.

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