Municipales françaises : une participation faible qui profite aux Verts

Jeanne Barseghiann (EELV) devient maire de Strasbourg.
Jeanne Barseghiann (EELV) devient maire de Strasbourg.
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Abstention historique pour ce deuxième tour des municipales en France. Ce sont les écolos d’Europe Ecologie Les Verts qui sont les grands vainqueurs de ce dimanche, aux dépens de La République en Marche d’Emmanuel Macron.

Cette année ô combien particulière n’a pas empêché nos voisins français de tenir leurs élections municipales comme prévu. Ce dimanche se tenait le deuxième tour et des millions de votants étaient donc appelés aux urnes.

Voter, c’est faire la file, croiser des inconnus, dans des endroits parfois clos, parfois étroits… Une invitation peu alléchante en ces temps de crise sanitaire qui explique probablement le fait le plus marquant de ce dimanche : un taux d’abstention exceptionnel.

Même si tous les résultats finaux ne sont pas encore connus, selon les estimations, on peut affirmer qu’environ 60% des électeurs ont décidé de ne pas aller voter. Le record historique du premier tour, 55,34%, a donc été à nouveau battu. Il y a 6 ans, l’abstention tournait autour des 36-37%.

La vague verte

A qui profite cette abstention massive ? L’idée reçue voudrait que l’extrême droite en bénéficie, mais en 2020, ce n’est pas du tout le cas. Ce sont les écolos du parti Europe-Ecologie Les Verts qui sont les grands vainqueurs de ce dimanche.

En France, comme chez nous, les grandes villes dirigées par un maire vert étaient très rares. On peut penser à Grenoble ou Montreuil. Mais désormais, plusieurs  municipalités majeures du pays auront à leur tête un écologiste. Ce sera notamment le cas de Besançon, Annecy, Poitiers, Tours mais surtout de Strasbourg, Bordeaux et même Lyon. Des résultats qui prolongent ceux des dernières européennes où EELV avait déjà réalisé un très bon score, devenant 3e parti français à l’Europe.

Par contre, pour La République en Marche d’Emmanuel Macron, c’est la débandade. Si on exclut le premier ministre Edouard Philippe, qui reste maire du Havre sans l’étiquette LREM, le parti du président n’est sorti vainqueur ni à Paris, ni dans aucune des grandes villes du pays. « Evidemment, ce soir, nous éprouvons une déception », a déclaré Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement. « Notre propre division interne nous a conduits à des scores extrêmement décevants. Il faut évidemment d'abord en tirer les leçons et nous rendre compte que dans l'avenir, nous ne pouvons pas nous permettre ce genre de divisions. »

Le président compte a d’ailleurs promis « des réponses fortes » à cette défaite face à EELV, notamment en invitant 150 citoyens de la Convention pour le climat à l'Elysée.

Paris reste à gauche

En ce qui concerne les trois autres forces politiques importantes du pays, c’est la gauche qui s’en sort le mieux. En effet, plusieurs des victoires des Verts sont d’ailleurs dues à une alliance avec les socialistes.

A Paris, Anne Hidalgo a remporté le scrutin de très loin devant ses concurrentes de droite. Martine Aubry a également été réélue à Lille, où le combat a été beaucoup plus serré avec les Verts. Le PS reste aussi aux manettes à Rennes, Nantes, Nancy ou encore Montpellier.

Pour les Républicains, le bilan n’est pas aussi mauvais que pour LREM, mais a de quoi décevoir leurs supporters. Le parti de droite perd trois villes historiquement acquises à leur parti: Bordeaux, Marseille et Lyon. Un vote qui marque, dans le cas de Marseille et Lyon, le départ de deux maires historiques: respectivement Jean-Claude Gaudin, maire depuis 95 et Gérard Collomb, depuis 2001.

LR reste tout de même en tête à Toulouse, Nice, Limoges, Reims ou Caen et a même gagné quelques mairies notamment à Metz ou Auxerre.

Enfin, le Rassemblement National de Marine Le Pen est en forte baisse et devrait avoir bien moins de conseillers municipaux qu’il y a 6 ans. Mais Louis Aliot, ancien vice-président du parti, a effectué le plus beau coup du parti puisqu’il devient maire de Perpignan. Il s’agit de la première ville de plus de 100.000 habitants à être dirigée par l’extrême-droite.

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