Le bilan insuffisant de la Belgique en matière d’égalité salariale

Unsplash/You X Ventures
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Indispensable pour lutter contre les inégalités homme-femme, le principe de transparence des salaires n'est pourtant pas inscrit dans la législation de notre pays, pointe le Conseil de l'Europe.

La Belgique ne respecte pas ses engagements en matière d'égalité salariale. C'est ce que constate le Comité européen des droits sociaux (CEDS) dans son dernier rapport. Notre pays viole deux articles de la Charte sociale européenne, qu'elle a ratifiée en 1990, en n'assurant pas la transparence salariale. Celle-ci est pourtant déterminante dans l'égalité de rémunération pour un travail de valeur égale entre les sexes, souligne l'organe du Conseil de l'Europe chargé de la mise en œuvre de cette charte. Il est vrai que peu de gens savent ce que gagnent exactement leurs collègues. Cela permet aux différences, même les plus flagrantes, de passer inaperçues.

En 2014, la Commission européenne avait pourtant déjà pointé cet obstacle à l'égalité salariale, recommandant aux Etats membres une série de mesures à adopter pour y remédier. Six ans plus tard, la Belgique n'a toujours pas intégré ces recommandations.

Autre lacune: la législation belge actuelle ne fixe pas de paramètres pour établir la valeur égale du travail effectué, tels que la nature du travail, la formation et les conditions de travail. De plus, malgré l'instauration de quotas et d'autres mesures, les femmes continuent d'être sous-représentées aux postes d'encadrement dans les entreprises du secteur privé.

La Suède modèle

La Belgique est loin d’être un cas unique en Europe. Sur les 15 pays examinés, 14 présentent des violations du droit à l’égalité de rémunération et du droit à l’égalité des chances dans la vie professionnelle: la Bulgarie, la Croatie, la République tchèque, Chypre, la Finlande, la France, la Grèce, l'Irlande, l'Italie, les Pays-Bas, la Norvège, le Portugal, la Slovénie et la Belgique. Seule la Suède remplit les critères de la charte.

Progrès insuffisants

Même si l'écart de rémunération entre les hommes et les femmes s’est resserré dans certains pays, les progrès restent insuffisants, note le CEDS. Ces dernières années, en Belgique, il est vrai que la tendance est plutôt à la diminution de cet écart. Selon l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes, les femmes gagnent en moyenne 10% de moins par heure que les hommes, contre 19% à la fin des années 90. Mais il ne faut pas se réjouir trop vite. Si on calcule l’écart salarial sur base annuelle, - et non sur base horaire -, l'écart salarial est beaucoup plus élevé (22%) et, surtout, il ne diminue pas. L'explication est simple: cette méthode prend davantage en compte l’effet du temps partiel dans lequel les femmes sont sur-représentées.

« L’écart de rémunération entre les hommes et les femmes est inacceptable dans des sociétés modernes, mais il demeure pourtant l’un des principaux obstacles pour atteindre une véritable égalité », épingle la secrétaire générale du Conseil de l’Europe, Marija Pejcinovic Buric. « Les gouvernements européens doivent d'urgence accroître leurs efforts pour assurer l’égalité des chances dans la vie professionnelle. »

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