Les Stones mettent Trump en demeure

Belga Image - Rolling Stones vs Donald Trump
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Après la diffusion - sans autorisation - d'un des titres phares de son répertoire lors d'un meeting du candidat républicain, le groupe réagit... Focus sur quelques chansons célèbres détournées de leur droit chemin

Les Rolling Stones menacent de poursuivre Donald Trump s’il continue d’utiliser des titres de leur répertoire durant ses rencontres de campagne - notamment You Can’t Always Get What You Want qui a retenti lors du meeting de Tulsa. Le groupe a confié le dossier à l'une des sociétés américaines de droits d'auteurs - BMI (Broadcast Music, Inc.) Ce n'est pas la première fois que les Stones se plaignent de l'exploitation abusive (c'est-à-dire sans autorisation) de leurs chansons par le candidat républicain. Durant la première campagne de 2016, d'autres artistes - Neil Young, REM et Adele - avaient déjà réagi contre la diffusion de leur musique par l'équipe de Donald Trump. Une chose est sûre: il a bon goût.

Born In The USA

Chanson iconique de la discographie de Bruce Sptingsteen, "Born In The USA" est utilisée par l'équipe de Ronald Reagan lors de la campagne pour sa réélection en 1984. Une appropriation toute personnelle qui transforme le titre en chant patriotique, alors que le texte  est un portrait critique de l'Amérique post-Vietnam. Dans ses discours de campagne pour le parti Républicain, Reagan fera référence à Bruce Springsteen, évoquant "le message d'espoir de ses chansons" et "un homme que tant de jeunes Américains admirent." Un vrai cas d'école et une prouesse: faire dire à une chanson le contraire de ce qu'elle veut dire.

Don't Worry, Be Happy

Titre phare de la carrière de Bobby McFerrin et tube emblématique d'une époque, "Don't Worry, Be Happy" est choisi comme hymne de la campagne du candidat républicain George Bush en 1988. Supporter du camp démocrate (représenté par Michael Dukakis dans le duel de la présidentielle), Bobby McFerrin  réagit et demande qu'on cesse l'exploitation de sa chanson à des fins politiques. Pour mieux prendre ses distances avec la parole de George Bush, McFerrin ira jusqu'à ne plus interpréter la chanson pendant un moment...

Kids

En 2009, le groupe MGMT réagit et menace de déposer plainte contre Nicolas Sarkozy dont l'équipe de campagne a eu le bon goût d'introduire dans ses vidéos de promo le titre "Kids." Le duo exige le retrait de la chanson de tous les messages politiques portant la marque de Sarkozy. La légende dit qu'en guise d'excuses, les collaborateurs du candidat ont proposé aux deux musiciens de MGMT un dédommagement financier: un euro sympbolique...

Midnight City

En 2012, Anthony Gonzales, tête pensante du projet électro M83, s'insurge contre Marine Le Pen. Sur sa page Facebook, il écrit: "J'ai découvert avec horreur que le Front National utilisait "Midnight City" dans l'une de ses vidéos de campagne. Ils l'ont fait sans mon autorisation, et je suis consterné par leur manque de respect artistique. Le minimum est au moins de demander à l'artiste s'il est d'accord ou non d’être associé à une image ou une marque. Même les publicitaires et les marques les plus commerciales le font. D'une manière générale, la musique de M83 est apolitique et je refuse d’être associé a un quelconque parti, tout particulièrement le Front National..." Tout est dit.

Papaoutai

Lors d'une marche organisée le 6 octobre 2019, la chanson est détournée de son sens premier et utilisée sans autorisation par les militants de La Manif pour tous. Elle sert à illustrer une manifestation contre la PMA, associant Stromae à un discours politique auquel il n'adhère pas. Ce n'est pas la première fois que "Papaoutai" est pris en otage par les associations anti-IVG ou les marcheurs défilant contre le mariage entre personnes de même sexe. A l'époque, le chanteur - désagréablement surpris - avait menacé de déposer plainte... 

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