Les Etats-Unis sombrent dans le chaos

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Alors que le pays connaît une résurgence inquiétante de cas de Covid-19, Donald Trump, obnubilé par sa réélection, oublie de gouverner un pays en proie à trois crises majeures alors que se rapproche les élections.

Jusqu'ici, tout allait bien pour Donald Trump. Une économie solide, une opposition mise sous silence et une image d'homme fort jamais vraiment écornée. Et puis arriva le virus et tout s'en est  allé à vau-l'eau. Les Etats-Unis ont vécu un printemps funèbre qui a vu émerger trois crises majeures que le président ne cherche même pas à contenir : une crise sanitaire, une crise économique et une crise sociale qui s'est ajoutée avec l'embrasement du mouvement Black Lives Matter suite à la mort de George Floyd.

A ce stade, tout président chercherait à calmer le jeu. Pas Donald Trump. Lui ajoute même de l'huile sur le feu. Avec pour seul objectif, sa réélection. C'est ainsi qu'il relance sa base électorale, la droite dure (et l'extrême droite) en se faisant le chantre de « la loi et l'ordre », maxime empruntée à Nixon pour mater les émeutes du mouvement Black Lives Matter sans même chercher à comprendre la colère noire. C'est aussi ainsi qu'il a prôné une réouverture rapide du pays pour relancer l'économie, minimisant la crise sanitaire, poussant même (pour le coup) à la rébellion de la Middle America blanche en difficulté économique.

Résultat : le pays est au bord de l'implosion, qui voit un retour très inquiétant de l'extrême droite organisée (en mode KKK) qui cherche elle-même et à sa  façon à calmer la colère noire... Et qui voit aussi une résurgence tout aussi inquiétante du Covid-19.

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Les masques tombent

Depuis deux semaines, le nombre de nouveaux cas de Covid-19 aux Etats-Unis tourne autour de 40.000 par jour. Soit un record depuis le début de la pandémie. Le pays a déjà recensé 127.000 morts et 2,3 millions de personnes infectées. Mais selon des observateurs des Centres de contrôle et de prévention des maladies, le nombre de personnes atteintes non testées doit être multiplié par dix.

Du coup, de nombreux Etats déconfinés trop rapidement sont aujourd'hui contraints de faire marche arrière. La Floride et le Texas (tous deux républicains) ont ainsi imposés de nouvelles mesures de confinement (fermeture des commerces, des restaurants,...) qui vont mettre à mal une économie qui se remettait à peine des premières mesures. Beaucoup d'autres Etats sont quant à eux en train de « geler » leur déconfinement.

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Face à cette réalité, Donald Trump reste dans le déni. Et refuse de porter le masque lors de de meetings dans lesquels il convie ses supporters à signer une clause qui les empêche de l'attaquer s'ils attrapent le Covid par la suite (en Oklahoma et en Arizona, deux Etats qui ont vu le nombre de cas augmenter à nouveau). Et explique froidement : « Si le nombre de cas augmente, c'est parce que le nombre de tests a augmenté. J'ai dit à mes équipes : faites moins de tests ! » Même le pro-Trump gouverneur de Floride a pris le contre-pied, expliquant que la résurgence de cas infectés ne pouvait s'expliquer uniquement par l'augmentation des tests de dépistage...

Résultat, alors que les élections s'annoncent dans quatre mois seulement, la cote de Donald Trump chute, même parmi ses supporters. Ils ne sont plus que (ou encore) 37% d'Américains à considérer que le président milliardaire a bien géré la crise sanitaire. De son côté et dans un contexte de tensions exacerbées, Joe Biden tente de calmer le jeu et se pose en vieil oncle rassurant. Une stratégie low-profile qui, pour l'instant, fonctionne, le plaçant en tête dans les sondages. Mais on sait depuis 2016 qu'il ne faut pas trop se fier aux sondages...

Reste de nombreuses questions qui ne manqueront pas de se poser d'ici novembre, dont celle-ci : si Donald Trump finit par perdre les élections, l'acceptera-t-il ?

 

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