Rassemblements à Bruxelles : «Il faut prendre le problème à la source»

Flagey, noire de monde ce samedi.
Flagey, noire de monde ce samedi.
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Après le concert improvisé d’Ixelles et la fête spontanée d’Anderlecht de ce week-end, il faut désormais prendre des mesures pour éviter que de tels événements se reproduisent. Pour Christos Doulkeridis, c’est au CNS d’agir pour attaquer le problème à la racine. Du côté d’Anderlecht, les attroupements sont rares et on imagine mal que cela se reproduira de sitôt.

Partout dans le pays, le soleil est revenu, les terrasses sont bondées, les masques se font rares, on en oublierait presque que nous venons de traverser une crise sanitaire sans précédent. Et que nous n’en sommes pas encore sortis.

La preuve, ce week-end, la police bruxelloise a dû disperser deux rassemblements de centaines de personnes, à Ixelles et Anderlecht. Des attroupements qui ont beaucoup fait parler d’eux, offusquant tant les citoyens que les experts de la santé.  

Désormais, l’heure est aux conclusions et à la prise de nouvelles mesures pour éviter que de telles foules se reforment.

A Ixelles, place Flagey, un concert s’était improvisé samedi, ameutant un large public. Ces derniers jours, les attroupements ont été fréquents dans le quartier, mais la police a pu gérer la situation à chaque fois. « Jusqu’à samedi, l’objectif était d’évacuer les lieux, en expliquant bien aux gens pourquoi ils devaient rentrer chez eux. Ça se passait plus ou moins bien », commente Christos Doukeridis, le bourgmestre de la commune. « Mais samedi, on a atteint un seuil inacceptable, et surtout contraire à l’esprit des conditions prévues par le Conseil National de Sécurité. »

Les patrouilles de police devraient donc augmenter autour de la place et dans la commune. « On va faire ça de manière subtile. On ne va pas se mettre à arrêter tout le monde, ça serait complètement ridicule. Mais on va être là tôt, prévenir qu’on sanctionnera et interviendra. On va aussi être mobile. La police sera présente et disponible où il le faudra. »

Un phénomène qui n’est pas du tout lié à la place Flagey selon l’élu Ecolo.  « Ce n’est pas un problème local », affirme-t-il. « C’est la conséquence de la fermeture des discothèques. Les bars ferment à 1h. A cette période, des milliers de personnes sont habituées à sortir en cette saison. Le soleil est au rendez-vous, les examens se terminent… »

Pour Christos Doulkeridis, le problème est plus global : une partie de la population est en décrochage par rapport aux normes de sécurité de vigueur. « Elle ne parvient plus à faire confiance aux règles édictées, en partie parce que les chiffres évoluent dans le bon sens, mais aussi parce que les gens en ont marre. »

Il espère donc qu’après la réunion du CNS de mercredi, les mesures soient mieux expliquées, avec d’autres arguments. Sinon, nous devrons faire face aux effets indirects.

« Et ils ne seront pas simple à gérer. Par exemple, on verra apparaitre des discothèques clandestines. On en a déjà repéré quelques-unes, et ça risque de se multiplier. Nous, tout ce qu’on peut faire c’est sanctionner, essayer d’empêcher qu’un rassemblement comme samedi ne se reproduise. Mais si on ne prend pas le problème à la source, on ne fait que le déplacer. Quand on fait partir les gens de Flagey, on les retrouve ailleurs. »

Un événement isolé

Du côté d’Anderlecht, une fête a réuni des centaines de personnes dans une friche samedi soir. La musique s’entendait dans tout le quartier. Mais dans la commune, la chose est rare. « Nous ne sommes pas du tout dans un cadre de fêtes récurrentes ou qui pourraient se reproduire », précise le bourgmestre Fabrice Cumps.

Ce rassemblement fait suite à un carnaval spontané d’artistes alternatifs, qui s’est déroulé dans les Marolles ce samedi après-midi. « On a appris que le cortège souhaitait rejoindre Anderlecht, ce que nous avons empêché. Il s’est donc disloqué en fin d’après-midi, mais beaucoup de ses participants se sont ensuite rejoints de manière individuelle sur ce terrain. Ce n’est vraiment pas quelque que chose qui arrive toutes les semaines. »

Pour le bourgmestre, pas de raison donc de prendre des mesures comme pourrait en prendre Ixelles. Mais la commune et la police seront plus vigilantes. « On suivra les appels à se rassembler sur les réseaux sociaux pour intervenir dès le début si quelque chose se prépare. Samedi, ils sont tous arrivés par petits groupes et lorsqu’on a connaissance de cette fête, ils étaient tellement nombreux et alcoolisés qu’il était difficile d’utiliser la force pour les faire évacuer. Nous devrons donc être plus réactifs, mais je n’ai pas le sentiment que cela va se reproduire. »
 

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